Epidémie et tests PCR - Accroissement et interrogation

Philippe Brindet - 23/10/2020

Mesure de l'épidémie

Au printemps, les autorités sanitaires en France mesuraient le progrès de l'épidémie de SARS-CoV-2 par le nombre de décès quotidiens et le nombre de réanimations. Depuis que ces chiffres sont retombés, ces mêmes autorités sanitaires se sont mises à tester par RT-PCR et de manière forcenée les bien-portants de sorte que le taux d'infection mesuré par le nombre de tests positifs rapporté au nombre de tests pratiqués est maintenant utilisé de manière alarmiste. Bien ...

Le Ministère de la Santé publie une consolidation quoitidienne du nombre des tests réalisés et du nombre de positifs (https://dashboard.covid19.data.gouv.fr/vue-d-ensemble?location=FRA) . Il aurait été plus simple de publier uniquement le nombre de tests quotidiens et le nombre de cas positifs. Il n'y a qu'à faire le calcul ... Toujours est-il que, sans faire de calcul, le tableau de bord du Ministère de la Santé indique que, depuis le début des tests RT-PCR, le taux d'infectivité est de 6%.le 19/10/2020. Il était de 3% le 09/09/2020. Il a donc doublé et régulièrement doublé depuis début Septembre.

Joint au problème des faux positifs et des défauts de sélectivité du tests RT-PCR, il n'y a là rien de quoi s'inquiéter. Malheureusement, un facile calcul montre quelque chose de plus alarmant.

Même les épidémiologistes alarmistes s'interrogent ...

Mon attention a été attirée par une intervention sur LCI d'un épidémiologiste modélisateur, Martin Blachière, qui s'est inquiété d'une hausse soudaine des taux d'infectivité. Or, cet homme est régulièrement invité sur toutes les radios et plateaux TV pour y faire la promotion de la seconde vague, des mesures de distanciation sociale et de fermeture de la vie économique et sociale, jusqu'à en exaspérer des scientifiques comme le Pr Toussaint.

Or Martin Blachière selon LCI a déclaré Plus de 30.000 nouveaux cas en 24 heures : "On se demande s'il n'y a pas un bug avec les données". Blachière se demande s'il n'y a pas un bug, parce qu'il n'y a aucune interprétation satisfaisante à cet accroissement. Il dirige une entreprise d'analyses de données épidémiologiques et ses équipes n'ont aucune réponse. Ils ont questionnés Santé Publique France. L'accroissement date du début octobre, dans toutes les régions, dans toutes les classes d'âge, alors que le SARS-CoV-2 touche certaines régions (pas toutes en même telmps) et surtout les personnes âgées.

Le retraitement du Tableau de bord du ministère de la santé

J'ai donc recopié les données quotidiennes publiées par le Ministère de la Santé France du 9 septembre 2020 au 19 octobre 2020, dernières données disponibles. J'ai ajouté une colonne pour indiquer le nombre de nouveaux tests quotidiens et le nombre de nouveaux positifs quotidiens. J'ai ensuite calculé une colonne du taux d'infection quotidien et une colonne pour sa variation quotidienne.

https://dashboard.covid19.data.gouv.fr/vue-d-ensemble?location=FRA





Date Tests Positifs Q tests Qpositifs Qtx D Qtx
09/09/20 8178786 275726



10/09/20 8391118 287745 212332 12019 5,66%
11/09/20 8611993 298986 220875 11241 5,09% -0,57%
12/09/20 8698740 303467 86747 4481 5,17% 0,08%
13/09/20 8722475 305019 23735 1552 6,54% 1,37%
14/09/20 8950895 319670 228420 14651 6,41% -0,12%
15/09/20 9173922 333132 223027 13462 6,04% -0,38%
16/09/20 9380611 346526 206689 13394 6,48% 0,44%
17/09/20 9583101 360204 202490 13678 6,75% 0,27%
18/09/20 9785369 373395 202268 13191 6,52% -0,23%
19/09/20 9863666 378592 78297 5197 6,64% 0,12%
20/09/20 9887334 380380 23668 1788 7,55% 0,92%
21/09/20 10082499 395906 195165 15526 7,96% 0,40%
22/09/20 10259812 410042 177313 14136 7,97% 0,02%
23/09/20 10421708 422931 161896 12889 7,96% -0,01%
24/09/20 10582675 435566 160967 12635 7,85% -0,11%
25/09/20 10748758 447748 166083 12182 7,33% -0,51%
26/09/20 10816540 452537 67782 4789 7,07% -0,27%
27/09/20 10834379 453916 17839 1379 7,73% 0,66%
28/09/20 11004002 467552 169623 13636 8,04% 0,31%
29/09/20 11156607 480264 152605 12712 8,33% 0,29%
30/09/20 11301507 493513 144900 13249 9,14% 0,81%
01/10/20 11448605 508039 147098 14526 9,88% 0,73%
02/10/20 11609034 524116 160429 16077 10,02% 0,15%
03/10/20 11679489 531288 70455 7172 10,18% 0,16%
04/10/20 11698283 533249 18794 1961 10,43% 0,25%
05/10/20 11879563 554578 181280 21329 11,77% 1,33%
06/10/20 12045580 574135 166017 19557 11,78% 0,01%
07/10/20 12208478 594775 162898 20640 12,67% 0,89%
08/10/20 12383757 617196 175279 22421 12,79% 0,12%
09/10/20 12581043 641098 197286 23902 12,12% -0,68%
10/10/20 12669933 652310 88890 11212 12,61% 0,50%
11/10/20 12693884 655470 23951 3160 13,19% 0,58%
12/10/20 12917650 686578 223766 31108 13,90% 0,71%
13/10/20 13124200 714553 206550 27975 13,54% -0,36%
14/10/20 13333895 742785 209695 28232 13,46% -0,08%
15/10/20 13558231 773983 224336 31198 13,91% 0,44%
16/10/20 13799613 806694 241382 32711 13,55% -0,36%
17/10/20 13906021 821337 106408 14643 13,76% 0,21%
18/10/20 13935667 825864 29646 4527 15,27% 1,51%
19/10/20 14182285 866928 246618 41064 16,65% 1,38%
  1. Le taux d'infection augmente lentement en Septembre et accélère au début Octobre. On peut remarquer une hausse du taux d'infection aux quatre dates suivantes :
    • 13 septembre (1,39%)
    • 5 octobre (1,32%)
    • 18 octobre (1,51%)
    • 19 octobre (1,38%)
    Pourquoi ces sauts de l'ordre de 1,5% ?

  2. Le nombre de jours dans lesquels le taux d'infection diminue sur celui de la veille est de 7 sur 21 entre le 13 septembre et le 5 octobre, puis de 4 sur 12 jusqu'au 18 octobre, soit exactement la même proportion de jours de baisse du taux d'infection. Pourquoi cette régularité ?

  3. La droite de tendance de la variation quotidienne du taus d'infection du 13 Septembre au 4 octobre a pour pente 0,001956 et pour Rx 0,8318
    La droite de tendance du 6 octobre au 17 octobre a pour pente 0,001670 et pour Rx 0,72524
    L'adaptation linéaire devient donc moins bonne en seconde période (Rx plus faible). Cependant, on remarque que, retiré l'excès du 5 octobre, la pente de la tendance linéaire du taux d'infection est moins forte en seconde période qu'en première période. Pourquoi ? Ne serait-ce pas l'indication du rôle artificiel des "sauts" d'infectivité des 13 septembre, 5, 18 et 19 octobre sur l'apparence fortement croissante de la courbe du taux d'infection quotidien Q tx ? Ou alors, le taux d'infection croitrait-il en réalité plus lentement depuis début Octobre qu'au cours du mois de Septembre, réserve faite de sauts inexpliqués ?

  4. On s'interroge sur le caractère continument croissant du nombre de tests PCR effectués depuis le début de la campagne de tests PCR massifs. Cette interrogation n'est pas directement en relation avec le taux d'infection, sauf que on se demande quelle est la réalité d'un tel chiffre alors qu'il y a deux mois, on craignait un engorgement des laboratoires de tests biologiques, alors qu'on n'atteignait pas un million de test par semaine. Quels moyens nouveaux permettent une telle progression ? Quel effet sur la pertinence des tests et leur résultat positif ou négatif ? En particulier, comment évolue le taux de faux positifs avec cette accroissement "perpétuel" et surprenant du nombre de tests pratiqués ?

  5. On remarque aussi une étrangeté dans les chiffres inscrits sur la base de données du ministère de la santé. Trop de nombres dans le tableau représentant le nombre de tests ou le nombre de tests positifs "consolidés" révèlent des chiffres "proches" sur le clavier numérique, comme des séquences "333" ou "896". Je n'ai pas réalisé une statistique sur les chiffres "proches", mais je l'ai remarqué en saisissant à la main les données du Ministère de la Santé. Qu'en est-il ?

  6. Enfin, on s'interroge sur la sélectivité des tests RT-PCR du SARS-CoV-2. Selon mes informations, les primers utilisés pour ces tests sont fréquemment adaptés à plusieurs coronavirus, dont ceux des grippes saisonnières. La progression du taux d'infectivité ne proviendrait-elle pas, du moins en partie, de la détection d'une épidémie de grippe "classique" hivernale ?

Le Pr De Brouwer, spécialiste belge de santé publique, fait une remarque très semblable au sujet de l'infectivité (en Belgique semble-t'il) où le taux d'infection est stable à 5% et décolle brutalement le 4 Octobre de 5,6% jusque vers 20% le 15 octobre. De Brouwer écrit de la situation :

C'est IMPOSSIBLE.
Il y a donc eu un changement de méthode, au minimum, et nous ne savons pas lequel. Mais cette modification provoque des décisions avec des conséquences économico-sociales majeures. Et donc le moins qu'on puisse exiger est de savoir avec exactitude ce qui se passe " sous les radars ".

(Rapporté par J.-D. Michel dans Deuxième vague ?! Petit bouquet belge - Anthropo-logiques, du 22 Octobre 2020.

L'avis de Blachière et celui de De Brouwer montrent qu'il y a un problème. Mais lequel ?


C-Politix (c) 23.10.2020