Le coup du Venezuela, le pétrole et le contrôle de la Chine et de la Russie

Philippe Brindet - 16 Janvier 2026

Avec des mines savantes et péremptoires, les commentateurs ont répété à l'envie que le coup du Vénézuela n'avait rien à voir avec le pétrole et tout comme une atteinte au droit international.

Certains ont même pensé démontrer l'absence de cause par le pétrole en expliquant que le Vénézuela avait une production ruinée et produisait un pétrole bitumeux "sans intérêt" énergétique.

Or, la production actuelle est loin d'être évidente et ayant les plus fortes réserves de pétrole du monde, le Venezuela est un membre majeur de l'OPEP pour fixer les cours mondiaux d'achat de pétrole. C'est en effet en fonction des réserves de chaque membre que l'OPEP détermine le cours mondial de vente à court terme.

De ce fait, la prise de contrôle par Trump du Vénézuela lui donne le moyen d'influer sur le cours mondial du pétrole, levier dont il ne disposait pas en réalité jusqu'alors.

Or, si Trump manipule le cours du pétrole, il peut alors mener deux opérations :

  • ruiner l'effort de guerre de la Russie largement assis sur la rente pétrolière si Trump parvient à baisser le cours du pétrole ;
  • découpler la Chine de la Russie dont le pétrole deviendrait trop cher.

L'effet "Venezuela" pourra être amplifié par la capture évidente du pétrole du Surinam voisin. Suivra probablement l'exploitation du pétrole français au large de la Guyane française. En effet, ce pétrole est actuellement inexploité à cause des lois sur la transition énergétique imposées par les écologistes allemands. Trump et ses compagnies pétrolières américaines ne s'arrêteront certainement pas à de tels "détails".

Sur le "droit international", il faut bien comprendre qu'il s'agit d'une "fiction" à laquelle se sont soumis les Etats comme la France ou l'Allemagne parce que les Américains le leur avaient imposé. Les Américains n'ont jamais respecté un quelconque droit international, mais l'ont imposé aux "autres". Quand cela arrangeait les américains.

Actuellement, trois empires déterminent ce que le "droit international" doit respecter : les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Les Etats-Unis, à Gaza, en Iran, au Vénézuela, au Groenland, la Russie en Ukraine et probablement en Géorgie, la Chine à Taïwan et bientôt en Inde.

Certains exciperont du fait que si la Chine menace d'annexer Taïwan, elle ne l'a jamais tenté. Or, Taïwan est essentiel pour l'économie américaine. A cause des semi-conducteurs que seul Taïwan sait produire et vendre avantageusement aux occidentaux. Or Trump vient de faire financer deux énormes projets en Arizona pour remplacer la production de Taïwan. Très certainement, la Chine attend que les USA n'aient plus besoin de Taïwan et elle emportera l'île qui lui appartient d'ailleurs selon le "droit international" !

Il est vraiment urgent que les européistes apprennent à ne pas prononcer trop de "gros mots" ...

Au passage, ce sont les américains qui, dans les années 1960, ont chassé les européens de la production de pétrole.

Au passage, la Russie n'a plus que peu de temps pour "conclure" son opération militaire spéciale. Un an ou deux peut être.

Mais, tout peut changer à tout moment. C'est la géopolitique.

Sources :

  1. https://www.zerohedge.com/energy/visualizing-all-worlds-oil-reserves-country : Visualizing All Of The World's Oil Reserves By Country Tyler Durden - 03/01/26
  2. https://www.connaissancedesenergies.org/afp/venezuela-la-presidente-par-interim-evoque-une-reforme-partielle-de-la-loi-sur-le-petrole-260115 : "Venezuela: la présidente par intérim évoque une "réforme partielle" de la loi sur le pétrole", Connaissance des Énergies avec AFP parue le 15 janvier 2026





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