Observations sur la liberté en régime idéologique

Philippe Brindet - 17 Novembre 2021

J'en conviens. C'est un sujet bien trop général pour qu'il soit traité légèrement. Pour confronter la liberté à un régime idéologique, il faut une puissance qui ... Bien.

Nous vivons dans un régime idéologique

Sanitarisme, wokisme, cancel culture, CRT, immigrationisme, genrisme, climatisme, décroissantisme, ... tout celà anime notre environnement idéologique et tend à s'imposer de plus en plus à la réalité politique et sociale.

Si nous prenons le cas du sanitarisme, nous constatons qu'il se fonde sur une représentation de la santé publique prise dans son ensemble. Cette représentation peut se résumer en quelques slogans qui s'imposent à nous tant que nous adhérons au régime idéologique. C'est cette capacité à réduire la réalité à quelques slogans qui nous indique que nous passons d'un régime sain fondé sur la réalité à un régime pervers fondé sur l'idéologie. Parce que, radicalement, l'idéologie est un remplacement du réel par une représentation idéelle. Remplacer le réel par quelques idées simples et régler sa conduite sur ces idées est le propre du régime idéologique.

Dans le cas de la pandémie en cours, la société occidentale a été agressée - et nous le sommes encore pour longtemps - par une répétition hypnotique de slogans idéologiques. Quelques exemples de tels slogans :

  • "Il n'existe aucun traitement contre la Covid"
  • "Seul le vaccin sauvera la planète d'une destruction totale à condition que nous soyons tous vaccinés"
  • "La vaccination est sûre et efficace"
  • "Il faut forcer les non-vaccinés par les gendarmes"
  • "La vaccination vous protège et protège les autres"
  • "Pour manger la bûche de Noël, papy et mamie restent à la cuisine"

Certains slogans sont des injonctions, d'autres des explications. Mais dans tous les cas, le slogan est compact, clair, concis, et il se comprend sans longues explications. Vous ne disposez que de deux possibilités :

  • admettre ou contester si le slogan est explicatif,
  • se soumettre ou se révolter, si le slogan est injonctif.
Et il est naturel d'entendre les autorités qui exercent le pouvoir dans un tel régime se livrer à une débauche de recommandations concernant la "pédagogie".

Dans l'idéologie, le "slogan" est tellement misérable qu'il se comprend de soi--même. Le débat est alors exclu au profit de la pédagogie. Les contestataires ou les opposants, dans un premier temps, sont réputés des mineurs que le régime a le "devoir" d'éduquer par la pédagogie. Mais dans un deuxième temps, le régime a la conscience qu'il a le droit et même le devoir d'appliquer une coercition pour contraindre les mineurs ignorants à suivre la pédagogie déployée. Ainsi des non-vaccinés qui, par le passe sanitaire ou le confinement sélectif, doivent avoir une vie impossible pour les aider à suivre la pédagogie déployée.

Le grand problème de la résistance au régime idéologique apparaît quand les contestataires produisent des raisons prouvant la fausseté du slogan. Le débat est pipé dès le départ parce que les opérateurs du régime idéologique savent pertinemment que le slogan est faux. Ils savent tous qu'il existe des traitements contre la Covid. Mais, le slogan provient des autorités du régime idéologique. C'est le slogan qui est la vérité parce qu'il exprime la réalité telle que les autorités l'ont convertie en prétendant que c'est pour le bien commun.

Refuser l'idélogie ou son slogan, c'est mépriser la solidarité qui s'impose relativement au bien commun. Et il s'agit d'un attentat au conformisme. Cela n'a rien à voir avec un débat qui prétendrait démêler le vrai du faux. Orwell l'a illustré de manière effrayante : " la vérité, c'est l'erreur", dès lors qu'elle est dite par le régime idéologique.

Par exemple, il ne vient à l'idée d'aucun membre de la société dominée par le régime idéologique de contester un slogan comme celui qui affirme que "le vaccin vous protège et protège les autres de l'épidémie". Pourquoi ? La première raison vient de ce que les gens savent que c'est la fonction première de tout vaccin. Or, ce "principe" leur semble absolument évident, parce que les autorités luttent contre ceux qui sont opposés au principe du vaccin, en particulier ou en général. Même ces individus sans aloi sont vilipendés par le régime idéologique par le qualificatif injurieux de "anti-vaccin" ou de "no-vax" ... Il n'est donc pas envisageable pour un membre conforme de la société en régime idéologique de contester le slogan "le vaccin vous protège et protège les autres de l'épidémie" ...

Et le conformiste court se faire vacciner autant de fois que les autorités idéologiques le lui demandent, parce que la "pédagogie" a fonctionné. Même si le vaccin est prouvé, reconnu par les autorités idéologique même, comme inefficace contre l'infection ou contre la transmission, même si les vaccinés sont plus malades et plus souvent défunts de la Covid que les non-vaccinés. Rien n'ébranle la foi idéologique de celui qui s'est soumis à la pédagogie du régime idéologique. Il est entré dans un mode de sidération ... A première injonction, il se fait vacciner.

Il y a une seconde raison : la terreur.

Dans le cas de la pandémie, les autorités idéologiques sont parvenus à engendrer une véritable terreur "épidémique". Alors que la surmortalité de la période pandémique est réduite, que l'on apprend que les hôpitaux n'ont observé aucune surcharge sur la période pandémique, mais seulement localement et temporairement pendant un ou deux pics épidémiques, les autorités idéologiques se sont employées à semer la peur dans la population. Et cette peur a permis d'engendre la soumission à l'idéologie et à ses pires slogans, les slogans les plus faux et dans le même temps dont les effets catastrophiques se voyaient pourtant de tous.

Les gens ont tellement peur, qu'ils sont prêts à admettre n'importe quelle folie comme la folie vaccinale. Ils n'y ont pas manqué. Et l'échec total, évident, de la vaccination ne sort pas les gens de leur sidération. La terreur fait son effet parce qu'elle est entretenue. Malgré les preuves admises par les autorités idéologiques

Mais, l'idéologie a aussi un autre effet redoutable. Elle divise la société en deux factions ennemies : la faction des soumis à l'idéologie et la faction des révoltés contre l"idéologie. Le problème de l'idéologie, c'est la personnalisation de l'erreur. Les soumis ne pardonnent pas aux révoltés de ne pas croire l'idéologie tandis que les révoltés les accusent de leur ignorance de la réalité. Le régime idéologique joue à plein sur cette opposition parce que les soumis le défende très efficacement tandis que les révoltés sont occupés à vilipender les soumis. Le régime idéologique a les mains libres.

C'est une caractéristique qu'on a pu relever dans le cours de la pandémie. Les soumis sont animés d'une haine féroce contre les révoltés. On a vu de nombreux soumis idéologiques hurler contre les non-vaccinés, tel ce journaliste qui hurlait dans une émission de télévision qu'il fallait vacciner de force avec des menottes et des gendarmes. Et cette haine s'est relevée jusque sur les bancs de l'Assemblée Nationale. Or, ce comportement hystérique n'est pas une caractéristique française. On la relève dans la plupart des pays occidentaux.

Quittons ce sujet qui ne s'épuisera pas de sitôt.

La diffusion de l'idéologie

L'idéologie ne vient pas de rien. Elle a un déterminant et une source, une origine. L'idéologie ne se respire pas dans l'air du temps. Elle a besoin d'un support pour se diffuser dans l'esprit des gens.

Essentiellement, l'idéologie émane de la perversité d'un pouvoir qui s'impose à une population oui cherche à s'imposer. En Occident depuis cinquante ans, le pouvoir politique a perdu son hégémonie. Il a d'abord été contraint de partager son pouvoir sur le régime avec les financiers, notamment parce que le pouvoir politique a endetté les Etats qu'il contrôle. Mais, depuis une trentaine d'années, se sont élevées quatre puissances redoutables :

  • la presse classique qui disposait déjà d'un pouvoir appréciable, et les réseaux sociaux organisés en plateformes, une nouveauté ;
  • une caste d'hyper-riches issus de l'industrie financière, celle qui, partant du capital comme source de l'innovation, a pris le contrôle du monde de l'économie, devant la finance classique ;
  • une caste de fonctionnaires nationaux et internationaux dont la plupart des politiciens dérivent d'ailleurs et qui les contrôlent à peu près comme les hyper-riches contrôlent les vieux financiers ;
  • une caste d'intellectuels, hébergés principalement dans les universités et qui ont adhéré avec une rare perversité à une tâche apocalyptique : révéler son néant au monde occidental.

La source de l'idéologie se trouve dans ces quatre pouvoirs, et même cinq si on crédite encore le pouvoir politique de participer à l'édification de l'idéologie ce qui n'est pas évident. Essentiellement, l'idéologie qui est actuellement en vigueur dans le monde occidental et quelque peu au delà, est une idéologie qui renforce la puissance des pouvoirs qui y participent. Mais une idéologie a aussi pour ambition de soumettre la population à la puissance des pouvoirs.

La soumission de la population à l'idéologie des pouvoirs incombe essentiellement à la propagande et à la police. La propagande pour que la population apprenne par pédagogie les slogans de la propagande qui lui sont adaptés et la police pour éliminer les contestataires ou révoltés.

Lors de la pandémie, on a vu le rôle essentiel de la propagande. Et la propagande lors de la pandémie a fonctionnée grâce à la presse principalement. Cette dernière a servilement relayé les slogans émanant des puissances qui nous contrôlent et qui n'avaient pas d'autre ambition que de nous soumettre à leurs objectifs. La police a été utilisée à la fois de manière très classique et de manière plus nouvelle aussi. La police traditionnelle a notamment frappée de lourdes amendes les gens qui ne respectaient pas les slogans de la propagande, notamment pendant les périodes de confinement, et plus récemmentavec le passe sanitaire pour vérifier le statut vaccinal de leur porteur. C'était là un usage assez classique de la police, tel qu'il a été en usage dans toutes les dictatures dont le monde occidental a été friand : Italie, Espagne, Italie, Russie, ...

Mais une autre police a fonctionné avec une rare perversité : celle de la presse et des réseaux sociaux. Les opinions et l'expression des idées des opposants au régime sanitaire ont été systématiquement pourchassées par la presse - grâce à de douteux "fact-checkers" dont la plupart sont salariés d'ONGs appartenant à la caste des hyper-riches, mais aussi - et c'est nouveau - par les structures de contrôle des plateformes des réseaux sociaux. Google, Facebook, Twitter et autres n'ont pas hésité à fermer les comptes des utilisateurs qui méconnaissaient ou critiquaient les slogans du régime sanitaire.

Cette double police a largement participé à la diffusion de la propagande sanitariste en permettant à la population soumise de voir comme sur un pilori les opposants et leurs idées vilipendées, condamnées. Lorsqu'un opposant a été calomnié comme "complotiste", "anti-vax" ou autre, la population serve reçoit deux fois le message de la propagande : d'abord de façon positive par affirmation de l'idélogie : "le vaccin sauve le monde", puis par condamnation de sa contestation, "c'est du complotisme".

Le problème de la liberté en régime idéologique

Le régime idéologique ayant été défini, nous pouvons examiner les atteintes à la liberté dans le cadre d'un tel régime.

La liberté est une propriété de l'homme, de tout homme, dont on se limitera à affirmer que, lorsqu'elle manque en un seul homme, l'humanité disparaît. Dans ce point de vue, toute réflexion s'épuise en excursions dans un paysage toujours varié et je ne me sens pas ici d'un tel voyage. Un voyage que très peu de gens sont prêts à réaliser préférant mépriser les "vaticinations" qui dénoncent le sanitarisme comme une dictature, un totalitarisme, une tyrannie, ...

Si je me limite au problème de la liberté dans le régime idéologique qui s'est imposé à nous, malgré les garanties de notre précédent régime démocratique, même en nous limitant à la circonstance épidémique, nous voyons deux aspects principaux au problème de la liberté :

  • la perte de liberté induite par le sanitarisme comme politique pérenne du régime idéologique ;
  • la liberté d'expression de la faction insoumise de la population contre la propagande

La perte de la liberté en sanitarisme comme régime idéologique

L'observation permet de poser que les décisions politiques fondées sur une idéologie sont essentiellement arbitraires, puisque par nature, l'idéologie est un travestissement de la réalité. Etant arbitraires, les décisions politiques sont radicalement dictatoriales.

Cette observation est maintenant souvent faite par les insoumis à la dictature sanitariste. Mais elle a aussi été faite par des juristes qui ont estimé dès le courant de l'année 2020 que les mesures de distanciation sociale ne respectaient pas les critères de proportionalirté que la doctrine juridique impose à la loi pour être juste. Malheureusement, il est maintenant certain que le principe de proportionalité des lois est totalement inapplicable dès lors que les causes des lois sont des éléments arbitraires déterminées par l'idéologie et plus du tout des éléments rationnels découlant de la réalité.

L'accusation de dictature exaspère les gens soumis au régime dictatorial. Et, la plupart des politiciens n'ont jamais pris la peine de défendre leur régime de l'accusation de dictature. La raison en est l'extrême faiblesse politique des insoumis au régime idéologique. Ils regroupent beaucoup d'intellectuels indépendants qui ne disposent que de très peu de moyens financiers et d'aucune culture politique qui leur permettraient de s'organiser. Les insoumis peuvent bien accuser le régime idéologique de dictature ou de tyrannie. Les contre-feux de la propagande suffisent à écarter la population soumise de leur "mauvaise influence".

Il existe aussi une frange des soumis qui est insatisfaite des bénéfices économiques et sociaux du régime idéologique. Ce sont par exemple en France, les Gilets Jaunes. Les folies idéologiques du gouvernement leur paraissent si coûteuses pour leur pouvoir d'achat - et ils ont raison sur ce point - qu'ils doivent protester contre les mesures sanitaristes. Très clairement, la dictature sanitaire ne les préoccupe que marginalement. Ils font des manifestations contre le "passe sanitaire". Mais en réalité, ils sont, à quelques nuances près, pas fâchés de cette idéologie qui les dépasse un peu. D'ailleurs, lors des confinements, on ne les pas entendu se plaindre de l'interdiction du droit de manifester, déguisé en interdiction sanitaire des rassemblements publics.

Le gouvernement sait parfaitement à quoi s'en tenir avec eux : à rien. Ils n'existent pas

La liberté d'expression des insoumis en régime idéologique

En pratique, la sociologie des insoumis au régime idéologique est limitée à quelques intellectuels au sens large. Toutes les organisations sociales - y compris les religions - ont toutes acceptées le régime idéologique, particulièrement sur la question sanitariste.

C'est une chose très étrange et qui fait penser un peu à l'Allemagne de la montée du nazisme. Cette absence complète d'opposition des organisations à quelque niveau de la société que ce soit. Il n'existe que des individus séparés, agissant parfois dans des cercles constitués à la hâte et pour la circonstance, sans moyen et sans technique politique de contestation. Cette opposition ne perdure aujourd'hui que grâce à l'Internet. Elle est tellement ténue qu'elle échappe encore au contrôle de l'Internet par la police étatique et par la police privée au service de la caste des hyper-riches d'où l'idéologie du régime émane principalement sur la question sanitaire.

En pratique, tant que votre message n'atteint pas un seuil donné de diffusion, vous ne courez aucun risque de censure ni des uns, ni des autres. Mais, l'utilisation notamment de l'intelligence artificielle peut faire prévoir que ces messages, pourtant rares et relativement confidentiels, ont très peu d'avenir.

Comme dans toute bonne vieille dictature, votre liberté d'expression ne sera jamais disputée. On éteindra votre expression, c'est tout. Vous disparaissez ... C'était le mécanisme utilisée par la police politique soviétique : sur dénonciation, au petit matin vous disparaissiez à destination du Goulag.

On a noté que, par endroits, certains ont réussi à faire croire que nous étions encore dans notre bon vieux système démocrate dans lequel le débat était animé entre pros et contras. Mais aujourd'hui, le débat a été remplacé par la pédagogie et la raison par la propagande. Toujours est-il que la question de la liberté d'expression a encore été parfois soulevée lors du début de la pandémie. En pratique, les soumis à la propagande ne parvenaient pas à comprendre pourquoi les insoumis parvenaient encore à faire publier des "fake-news".

Le concept de fake-news est une chose assez perverse. Elle vaut qu'on s'y arrête un instant. Lorsqu'un journaliste publie une information, sa déontologie le pousse à vérifier que son information est vraie et qu'elle est vérifiée, par exemple par la cohérence entre plusieurs sources. Or, la chose la plus étonnante est que en général, le journaliste ne cite pas ses sources afin de les protéger, de sorte qu'il est le seul à savoir que son information est ... vraie. Mais en général, tout le monde le croit jusqu'à ce qu'un autre journaliste ou lui-même ne le démente.

Or, le journalisme a beaucoup évolué depuis le 19° siécle. Certains se targuent de ne faire encore que de l'information, mais c'est le plus souvent un voeu pieux. Les autres journalistes ne se cachent pas de ce qu'ls pratiquent ce qu'ils appellent un journalisme d'opinion, c'est-à-dire que, s'il existe encore une information, celle-ci est convertie par le jounaliste en une opinion personnelle. Il est rare qu'il prenne de grandes précautions pour que ses lecteurs puissent distinguer ce qui est de son opinion et ce qui est de l'information. Mais, c'est comme celà.

Il y a même une critique du journalisme ou de l'une de ses variantes qui le qualifie de journalisme militant dans lequel les faits sont présentés de manière à se conformer avec la ligne militante. Ce journalisme est évidemment celui pratiqué par la propagande du régime idéologique. Et le grand jeu de la militance est d'appliquer les critères de vérité du journalisme factuel contre ses adversaires, généralement tout aussi militants que lui.

Cette analyse est naturellement limitée à la presse professionnelle, j'entends par là à la presse qui se présente à l'achat de ses lecteurs, amplement abondé par l'argent de la publicité et les subventions d'origines diverses.

Dans les dix dernières années, la presse "pro" a été concurrencée par une "non-presse" constituée par les myriades de messages et autres billets produits sur les plateformes des réseaux sociaux et autres sites personnels. Ces productions sont gratuites. Personne ne les demande que leur auteur qui vise seulement à être lu pour des motifs forts variables. C'est dans ce maelström de données que la presse institutionnelle, payante elle, ou du moins payée, trouve une concurrence qu'elle aimerait voir disparaître.

Notamment avec la pandémie, l'idéologie et la propagande du régime ont souvent été malmenées par les réseaux sociaux alors que la presse payante s'est engagée dans l'effort de propagande du régime idéologique. Le fact-checking exécuté par la presse lourde consiste à faire peser sur les publications que je qualifierai d'amateur les charges dont les journalistes ne veulent même plus pour eux-mêmes.

Mais le problème c'est que l'expression de l'opinion n'a rien de commun avec le journalisme factuel, le journalisme d'information. Si une opinion est erronnée, un autre individu a le devoir de s'y opposer en présentant d'autres arguments ou en invalidant les argument de l'opinion contestée. Le "fact-checking" pratiqué par la presse lourde ou par ses supplétifs ne répond pas du tout à ce genre de débats. D'abord par ce que la presse lourde ne débat plus depuis longtemps. Elle fait de la propagande. De la pédagogie si vous préférez, c'est pareil.

Mais, il y a plus grave. C'est la police pratiquée par les plateformes des réseaux sociaux, Google, Facebook, Twitter, ... Ils s'arrogent le droit de censurer des opinions qui sont protégées par la liberté d'expression des opinions en appliquant les normes du journalisme professionnel d'information. Dont on a vu que la presse lourde s'était entièrement affranchie par le journalisme militant et par la propagande. Et plus encore, les plateformes de réseaux sociaux ont édictées de manière arbitraire des "chartes d'utilisation" qui contraignent les adhérents titulaires de comptes de connexion au réseau social. Ces chartes parfaitement illégales comportent des centaines d'interdictions, de prohibitions, de ... qui s'imposent à chaque connecté au risque de se voir fermer son accès au réseau social si ses messages enfreignent la charte d'utilisation. Qui recopie le plus souvent la propagande du régime idéologique come de bien entendu ...

Ainsi les chartes de Google et de Facebook vous interdisent d'exprimer des doutes sur le vaccin Covid, de prétendre qu'il existe des traitements contre la Covid, ou encore de présenter l'hypothèse d'une origine artificielle au SARS-CoV-2. Il vous est interdit de douter de l'efficacité des mesures de "distanciation sociale", de l'efficacité du masque facial ou encore de critiquer l'interdiction des réunions publiques. Ces chartes font des dizaines de pages, qui sont régulièrement mises à jour. Dans l'indifférence générale. Il faut noter que le corps médical en France vient de se voir imposer par le ministre Véran un décret (22 décembre 2020) qui lui interdit d'émettre la moindre opinion ou avis qui ne soit pas conforme aux prescriptions de l'organisation mondiale de la santé ou de l'Ordre des médecins. Et le plus effrayant, c'est que personne n'a protesté. Aucun médecin, aucun avocat de la liberté d'expression ou autres droits de l'homme. Personne. Ils se sont tous soumis un cran plus loin ...

Et les braves gens, ces sinistres cons, s'exaspèrent quand on leur dénonce une dictature ...

Quelle chance la liberté a t'elle de triompher dans notre régime idéologique ?

La réponse est très simple : aucune.

Pourquoi ? Parce qu'on n'a jamais vu la vérité triompher dans une dictature. Et ce qui porte atteinte à la liberté, ce n'est pas la dictature, c'est le mensonge de la dictature. Dénoncer le mensonge de la dictature est essentiel. Mais, c'est un devoir humain qui n'a aucune efficacité contre elle. Une dictature ne s'effondre pas à cause de ses ennemis. Encore moins à cause de ses ennemis de l'intérieur. La chute de la dictature doit très peu, contrairement aux apparences, à l'intervention de l'extérieur. La dictature s'effondre d'elle-même parce que le mensonge a pourri l'âme de ses sbires et de ses soumis.

Quand la corruption est généralisée, et chez nous elle est près de l'être, la dictature vit ses derniers instants.

L'Allemagne nazie ne s'est pas effondrée à cause de la guerre que lui ont courageusement fait les démocraties dont l'appartenance à la liberté d'ailleurs est des plus discutables. Elle s'est effondrée parce que la corruption était générale dans la société nazie. Les dignitaires nazis étaient perclus de vices et ne cherchaient plus qu'à s'enrichir. Les autres tentaient désespérément de sauver leur peau des vélléités meurtrières de leur maître.

L'Union sociétique ne s'est pas effondrée pour un autre motif. Le mensonge avait tout corrompu et le régime s'est dissous de lui-même.

Nous suivrons le même chemin, dans un an, dans dix ans, dans soixante-dix ans, nous l'ignorons. Mais seule la vérité nous rendra libres.

Quelle chance a le débat de prévaloir sur la propagande

C'est une question à laquelle beaucoup d'opposants au régime dictatorial, notamment sanitariste, répondent par l'affirmative. Ou par une volonté de s'opposer à la propagande contre toute espérance.

L'Histoire nous apprend que tout dépend de la prégnance de la dictature sur la vie sociale. Dans l'Allemagne nazie, la dictature était d'une force telle qu'il n'y avait aucune place pour la dissidence. A la différence, en régime soviétique, la dissidence a pu dans une certaine mesure s'épanouir. Cet épanouissement, allait de Sakharov, qui était un mandarin du système soviétique, à Soljenitsyne, qui tenait de l'autre système : le Goulag. Il est possible que le régime dictatorial dans lequel nous entrons soit plus proche du système soviétique que du système nazi.

De fait, Sakharov a peut être porté un certain niveau de débat face à la propagande soviétique. Mais, ce débat a été des plus ténus. On peut même estimer que Sakharov a servi d'alibi au régime soviétique pour montrer à l'Occident alors libre que le débat existait en Union soviétique. Soljenitsyne nous a montré que face à la propagande, il n'existe aucun débat. Ni a propagande, ni n'objet de la propagande ne sont jamais un objet de débat. C'est aussi simple que cela. Et Soljenitsyne nous apprend, avec tant d'autres, qu'il n'y a qu'une seule voie et ce n'est pas le débat. C'est la volonté acharnée de dire la vérité et de dénoncer le mensonge.

Je n'ai rien d'autre à ajouter.


Revue C-Politix (c) 15 Novembre 2021