Bizarreries de l'IA et du progressisme

Philippe Brindet - 02/04/2026

L'IA est un pur produit du progrès

Des intellectuels salariés du régime ont été appelés en renfort du progressisme traditionnel. Du haut de leur autorité indiscutable - la médiacratie et la police y veillent - ils ont émis le dogme :

"L'IA en 2026 n'est pas plus un danger que les métiers à tisser en 1800, l'électricité en 1900 ou que les éoliennes en 2000. Les quelques emplois perdus ont été remplacés par l'énorme masse des emplois créés. En un mot, on n'arrête pas le progrès. Soumettez-vous donc à sa loi."

Lorsque l'on a été convenablement instruit par la médiacratie au service du régime, ce genre d'argumentaire est particulièrement efficace pour éteindre toute vélléité de résistance. L'argument du progrès enjoint à l'individu convenablement instruit de se joindre au troupeau bêlant des fanatiques.

Si l'IA n'a encore que des effets plus ou moins faibles sur les métiers manuels, son effet sur les métiers intellectuels et du conseil est immense. Quand on évoque les annonces de suppression d'emplois annoncés sans honte par les grandes entreprises - c'est le cas de IBM, Apple, Google, Amazon, Oracle, Meta, ... - beaucoup de progressistes minimisent ces casses sociales en affirmant que si les vieux emplois sont détruite, un nombre considérablement plus important de nouveaux emplois, dans des métiers dont nous n'avons encore la moindre idée, va apparaître.

Comme celà s'est produit dans les révolutions techniques du passé. Et je suis tout disposé à admettre qu'il existera de nouveaux métiers de "substitution" que je n'imagine pas du tout.

Mais il y a une grande différence avec les révolutions précédentes.

Dans la contemporanéité, le progrès n'est pas constitué pour créer des métiers de substitution

Si les révolutions techniques précédentes ont pratiquement toutes entraînées l'apparition de nouveaux métiers, les structures sociales, notamment en Occident, étaient favorables à la création de métiers de substitution. La civilisation occidentale était entièrement favorable au travail, à l'entreprise, à l'initiative individuelle et collective. Cela transparaçait dans les lois, dans la faveur que le travail et l'épanouissement de l'être humain rencontrait dans toutes les sociétés occidentales.

Bien avant la montée irrésistible de la vague de l'IA et de sa conquête de l'ensemble des activités humaines, la société occidentale - essentiellement US et UE - s'est efforcée de rendre le travail impossible.

Cette impossibilité du travail se lisait alors en termes de chômage. C'était une grave erreur qui a servi à dissimuler la réalité. Mais l'idée que le chômage "constituait l'armée de réserve du capitalisme" ou encore, qu'il reflétait le défaut d'employabilité et permettait ainsi de ré-éduquer des travailleurs inadaptés aux emplois offerts, sont des idées d'une perversité sans nom. Nous en avons été abreuvés depuis le début du marxisme et sa diffusion dans le monde capitaliste sous des formes d'une toxicité sans égale. Mais ceci est un autre sujet.

Autrement dit, il est vain d'attendre que le progrès technique produise une soudaine demande de métiers nouveaux. Celà fait très longtemps que cette faveur du progrès ne peut plus prospérer. Et j'ai deux raisons à cette situation nouvelle.

La première raison est que l'électricté ou les métiers à tisser étaient des inventions techniques et qu'en soi elles n'avaient aucune propension à supprimer le travail. Alors que l'invention de l'IA est essentiellement faite pour supprimer les emplois. Et pas seulement pour les métiers intellectuels, mais, grâce à la robotique, l'IA est aussi - et surtout - dirigée pour supprimer les emplois manuels.

La deuxième raison tient à l'idéologie du monde contemporain qui suit deux mouvements :

  • interdire l'autonomie de l'individu et des groupes qu'il organise naturellement autour de lui, au profit de grandes organisations nécessitant de forts capitaux et que l'Etat social peut plus facilement contrôler et réprimer ;
  • rendre le travail aussi difficile et coûteux que possible au moyen de normes, de réglements, de lois, de contrôles, de façon à contraindre l'individu d'aliéner sa responsabilité individuelle et sociale à la puissance de grosses organisations capitalistiques, qu'elles soient publiques ou privées.

Si vous examinez la montée de l'IA, cette montée a été réalisée par la mobilisation de capitaux gigantesques : OpenIA l'une des premières entreprises a déjà investi plus de mille mmilliards de dollars en moins de cinq ans. Elle n'est toujours pas rentable et doit encore lever des fonds immenses.

La "révolution" de l'IA n'est donc pas une manifestation du "progrès technique" contrairement à ce que l'on croit, à ce qu'on veut nous faire croire. C'est un produit de l'ingéniérie financière, un effet de la décadence du capitalisme occidental.

Ces masses d'argent considérables proviennent en effet de réserves d'un argent qui n'existe pas. QUi n'a aucune valeur autre que celle d'imposer le but ultime du régime occidental : détruire l'humanité définitivement au profit d'une Caste et des quelques laquais dont elle aurait encore besoin.

La destruction du travail est l'un des moyens que la Caste qui contrôle le régime occidental utilise pour nous faire disparaître.


Revue C-Politix (c) 2 Avril 2026