Chaos géopolitique. Quelques observationsL'agression sans limite de l'Iran par les forces aériennes américaines et israéliennes est une étape supplémentaire dans la venue d'une "véritable" guerre, bien pire que la "première", bien pire que la "deuxième". Une étape antérieure date du 24 février 2022 avec l'agression limitée, rationalisée, de la Russie contre l'Ukraine. Guerres : prétextes ou raisonsLa guerre n'a jamais vraiment de raison. Au mieux, elle n'a qu'un prétexte. Et ce prétexte permet le plus souvent aux analystes, puis aux historiens, d''ignorer superbement la réalité. Les fauteurs de guerre, souvent, consomment des trésors d'imagination pour bâtir des prétextes, qui ne sont pas toujours sans fondement. Mais une raison ne justifiera jamais un prétexte. Par contre, derrière le prétexte existe une volonté terrible, souterraine et souvent inconnue, parfois clandestine, qui conduit à la guerre. Je ne suis pas très intéressé par les raisons des uns, ni par les prétextes des autres. Mais je ne pense pas non plus que ces prétextes ou ces raisons doivent être tenues pour stupides ou autres choses du même genre. Elles existent. A un moment donné, en un lieu donné, ces raisons, ces prétextes illustrent comme la fumée un feu que l'on ne voit pas toujours. Surtout de ce lieu et de ce moment. Guerre ou absence de guerreLa guerre, ou tout acte qui exerce une violence sans limite et sans possibilité d'y mettre extérieurement une fin, révèle des volontés séparatrices de l'humanité. L'absence de guerre signifie seulement que ces volontés séparatrices ne trouvent pas à s'exprimer. Mais, le plus souvent dans l'Histoire, ces volontés se nourrissent des actes des sociétés humaines dans leurs diversités, et, plus encore peut être, en réaction à leurs volontés unificatrices. La première volonté unificatrice est celle qui vise à supprimer une société différente parce que l'agent de cette volonté unificatrice ne parvient pas à progresser dans son projet unificateur. Ou du moins, qu'il n'a plus d'autre moyen pour faire progresser sa volonté unificatrice que la violence. Depuis plusieurs milliers d'années, cette volonté unificatrice a surtout opposées des nations. C'est encore le cas. A cause du mondialisme, la guerre devient mondialeMais l'époque moderne voit depuis un peu plus de cent ans peut être une autre forme de sociétés en guerre, une forme plus large que les nations. Ce sont les idéologies, les civilisations, les religions et ce genre de choses. Et l'ampleur des guerres, ou pour mieux dire, la surface de la Terre touchée par la guerre, s'étend de plus en plus parce que les idéologies sont de plus en plus à vocation mondialiste. Citons d'abord le capitalisme libéral et l'islam, chacun des deux étant en réalité un pluriel. Et le capitalisme libéral n'est pas toujours vraiment libéral, ni vraiment capitaliste. Et l'Islam lui-même n'a pas la même forme ici ou là. Dans le monde occidental, il s'agit d'une idéologie insensée qui est désignée par "nos valeurs". Personne ne déclare ces "valeurs". Mais si des tiers sont réputés ne pas partager "nos valeurs", leur futur est très menacé. De même, les opposants intérieurs au monde occidental, s'ils sont réputés ne pas partager "nos valeurs" sont promis à la persécution, à la censure, aux condamnations judiciaires et sociales les plus sévères. Le tyran, le fou et le corrompuDans un tout autre domaine, les sociétés humaines, depuis les sociétés archaïques jusqu'à nos sociétés contemporaines sont très susceptibles de se soumettre à un fou, à un corrompu, à un tyran. Sans remonter torp loin dans le temps, Staline et Hitler étaient deux fous dangereux. Ils se sont abrités derrière des idéologies ayant une racine commune, le socialisme, pour lancer de larges portions de l'humnaité dans une guerre mondiale, la Deuxième. Depuis quelques temps, des fous parviennent aux sommets de la puissance politique de leur propre société. C'est un événement qui prouve davantage la présence d'une guerre d'une ampleur terrible. Il est encore trop tôt pour qualifier la folie de ces quelques rares dirigeants, d'autant que cette folie est le plus souvent produite par une corruption remarquable ainsi que par une ignorance abyssale dont le tyran est fier. >Et ceci survient surtout en Occident. Or, la guerre est la meilleure solution pour protéger le tyran et celà, un fou est capable de s'en persuader. La guerre quand les gens ont le goût du sangJe voudrais souligner aussi un élément caractéristique, je crois, de l'Occident actuel. Hors de l'Occident, je ne sais pas. Mais en Occident, c'est évident. Les gens en dehors de l'élite, ce qu'on appelait autrefois les "honnêtes gens" ou encore les "braves gens", sont de plus en plus animés par l'instinct du meurtre. Cela se remarque parmi leurs enfants. On ne compte pas les tueries commises dans les établissements scolaires ou universitaires, aux Etats-Unis et partout en Europe. Les adultes eux-mêmes recourent de plus en plus souvent au couteau pour signifier leur d"saccord sur quelque sujet que ce soit. Une telle population est prête à la guerre. Toutes ces observations concourent à la guerre et l'agression américano-israélienne contre l'Iran est une explosion soudaine qui en suit plusieurs autres de leur part. Une fois encore, je ne veux pas ignorer les raisons de cette agression, tout comme je ne veux pas ignorer les raisons de la Russie dans son agression contre l'Ukraine. Mais, le fait est là. Les gens veulent la guerre. Il la leur faut. C'est un besoin de mort, des destruction, de chaos. Le pacifisme n'évite jamais la guerre. Il prolonge la paix. Parfois.Je voudrais maintenant faire une autre observation concernant le pacifisme. Cette attitude est certainement vertueuse. Mais elle l'est d'autant plus que la situation est à la paix et à la concorde. Quand la situation est à la guerre, le pacifisme devient innefficace, sans objet, vain. Le pacifiste voudrait convaincre le guerrier de ne pas faire la guerre ou de faire la paix, comme si les objurcations suffisaient. Quand les conditions d'une guerre sont vérifiées, empêcher la guerre ne fait qu'aggraver la situation en exacerbant les causes profondes , souvent clandestines, de cette guerre. Dans l'agression russe, l'idée que le hasard ou la folie de l'agresseur doit cesser pour cause de la droite raison est une folie. La guerre russo-ukrainienne - dont on s'accorde à dire qu'elle est une guerre de l'occident contre la Russie - cessera quand la cause profonde, cachée, clandestine, de cette guerre disparaîtra. Dans l'agression américaine contre l'Iran, Trump et Netanyaou n'avaient pas d'autre choix que la destruction de l'Iran, les deux agresseurs ayant d'ailleurs des raisons profondes différentes, mais convergentes à la destruction de l'Iran. Ici, cette guerre pourrait cesser pour diverses bonnes raisons. Mais, si la cause de la guerre n'est pas purgée, la guerre reprendra. Le changement de régime comme cause de la guerreIci, il faut observer que les occidentaux semblent imaginer que la cause profonde du conflit vient des dirigeants actuels de l'Iran. La guerre qu'ils ont initiée est donc destinée à changer le régime islamique par un régime démocratique installé par les Etats-Unis. Pour valider leur projet, les occidentaux utilisent à nouveau leur arrogance politique. Cette fois, ils estiment être en mesure d'expliquer au peuple iranien le régime auquel il doit se soumettre parce qu'il lui est imposé par les Etats-Unis, qui se voit comme l'Empire du Bien. Or, rien qu'en Iran, les occidentaux se sont trompés trois fois depuis la Deuxième Guerre mondiale et trois fois, ils ont opéré un changement de régime à chaque fois plus pervers. La première fois a été l'installation du communiste Mossadegh. Il a déplu à ses maîtres américains et il a été chassé au profit de la dynastie Pahlavi. Celle-ci à son tour a déplu aux occidentaux, qui ont imaginé que l'alliance des religieux et des communistes iraniens arrangerait le régime iranien à leur goût. Le peuple iranien en a décidé autrement en massacrant les communistes iraniens et en se ralliant massivement aux mollahs. Or, cette opposition iranienne s'est produite dès le début du changement de régime, montrant l'inaité des "décisiosn" américianes et les Etats-Unis ont laissé la situation se détériorer depuis 1979. Aujourd'hui, ils veulent résoudre le problème en utilisant la même méthode du changement de régime en une chose encore plus violente. C'est parfaitement idiot et les occidentaux ne s'en rendent pas compte parce qu'ils sont "arrogants". Or, le problème de l'Iran ne se limite pas à la déconvenue du régime iranien pour les américains. Ni même à la légitime dégense de son existence pour le régime israélien. Il y a la Chine, la Russie, et d'autres Etats. En particulier, la Chine a choisi l'Iran comme centre névralgique de son initiative commerciale de la Route de la Soie. Il n'est pas impossibme que l'intervention américiane ne soit destinée à donner u coup d'arrêt à cette initiative choinoise. Qui ne devrait pas rester sans réagir, de sorte que l'initiative américaine en Iran contraind les Chinois à recherche un autre équilibre opposé à la géopolitique américaine. Donc une extension de la guerre. |