Données élémentaires sur le système des retraites des fonctionnaires de l'Etat français

Philippe Brindet - 26.09.2026

On a posé la question à un chatbot IA de savoir comment fonctionnait le système des retraites des fonctionnaires de l'Etat français. Rien de bouleversant au premier abord.

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Pouvez-vous m'exposer clairement comment fonctionne le système des retraites des fonctionnaires de l'Etat français ?

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Le système de retraite des fonctionnaires de l’État français est un régime spécial, distinct du régime général des salariés du privé. Il s’applique aux fonctionnaires titulaires civils de l’État, aux magistrats et aux militaires. Il est géré par le Service des retraites de l’État (SRE), rattaché à la Direction générale des finances publiques.

1. Un régime par répartition « intégré »

Les cotisations des actifs financent directement les pensions des retraités (principe de répartition).

C’est un régime intégré : il verse à la fois l’équivalent d’une retraite de base et d’une retraite complémentaire en une seule pension. Depuis 2005, un régime additionnel obligatoire par points (RAFP) complète le dispositif.

2. Qui cotise et comment est-il financé ?

  • Cotisation salariale : 11,10 % du traitement indiciaire brut (le salaire de base hors primes).
  • Contribution employeur (État) : beaucoup plus élevée, autour de 78,28 % pour les civils et 126,07 % pour les militaires (taux 2025). Ces taux élevés servent à équilibrer le régime via le Compte d’affectation spéciale (CAS) Pensions, qui doit rester à l’équilibre. L’État finance donc une part importante par le budget public.

Les primes ne sont quasiment pas prises en compte dans la cotisation ni dans le calcul de la pension principale (sauf via le RAFP).

3. Conditions pour partir à la retraite

  • Âge légal (catégorie sédentaire, la grande majorité) : progressivement relevé de 62 à 64 ans (réforme 2023), selon l’année de naissance.
  • Catégorie active (emplois pénibles ou dangereux : policiers, pompiers, etc.) : âge légal plus bas (progressivement vers 59 ans), sous condition d’une durée minimale de services actifs (généralement 17 ans).
  • Durée d’assurance requise pour le taux plein : alignée sur le privé (jusqu’à 172 trimestres / 43 ans pour les générations nées à partir de 1965).
  • Minimum de 2 ans de services en tant que titulaire pour ouvrir droit à une pension de ce régime.
  • Possibilité de départ anticipé (carrière longue, invalidité, etc.) et de retraite progressive (depuis la réforme de 2023).

La limite d’âge est en principe de 67 ans (possibilité de prolonger jusqu’à 70 ans avec accord de l’administration).

4. Calcul de la pension principale

La formule de base est :

Pension = dernier traitement indiciaire brut × (trimestres liquidables / trimestres requis) × 75 %
  • Dernier traitement indiciaire brut : celui détenu pendant au moins les 6 derniers mois (hors primes).
  • Taux maximum : 75 % du traitement de référence pour une carrière complète (peut atteindre 80 % avec certaines bonifications).
  • Si le nombre de trimestres est insuffisant ? décote de 1,25 % par trimestre manquant (plafonnée).
  • Si plus de trimestres que requis et départ après l’âge légal ? surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire.
  • Autres éléments possibles : majoration pour enfants, minimum garanti, bonifications (enfants, services militaires, outre-mer, etc.).

Les primes (qui représentent souvent 20-30 % de la rémunération) ne rentrent pas dans ce calcul principal.

5. Le régime additionnel de la fonction publique (RAFP)

C’est un régime par points et par capitalisation, obligatoire depuis 2005 :

  • Cotisations sur les primes et indemnités (limitées à 20 % du traitement indiciaire).
  • Taux total de 10 % (5 % agent + 5 % employeur).
  • Converties en points qui donnent droit à une rente ou un capital à la retraite.

Il améliore le taux de remplacement, car les primes ne sont pas prises en compte dans la pension principale.

6. Revalorisation et paiement

Les pensions sont revalorisées chaque année sur l’inflation (comme dans le régime général).

Elles sont versées mensuellement à terme échu par le SRE.

Points de comparaison avec le privé

ÉlémentFonctionnaires d’ÉtatSalariés du privé
Base de calcul6 derniers mois (hors primes)25 meilleures années
Taux maximum75 %50 % (régime de base)
PrimesQuasi exclues (sauf RAFP)Incluses (dans certaines limites)
Financement employeurTrès élevé (? 78 %)? 16-17 %

En résumé : le système repose sur un calcul favorable sur le dernier traitement (75 %), mais exclut la plupart des primes, et est financé en grande partie par le budget de l’État via des cotisations employeur très élevées. Les règles (âge, durée de cotisation) se sont progressivement alignées sur celles du privé depuis les réformes de 2003, 2010 et 2023.

Pour des simulations personnalisées ou des cas particuliers (catégorie active, carrière mixte, invalidité…), le site officiel retraitesdeletat.gouv.fr et le compte Info-Retraite sont les références les plus fiables.

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Pouvez-vous m'indiquer l'ordre de grandeur du nombre :

  1. de fonctionnaires susceptibles de recevoir une pension de retraites au terme de leur activité;
  2. de fonctionnaires actuellement recevant un pension de retraite ; et
  3. le montant des pensions de retraite payées en 2025 par l'Etat.
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Voici les ordres de grandeur les plus récents et fiables (données 2024-2025) pour le régime des fonctionnaires civils et militaires de l’État (géré par le Service des retraites de l’État – SRE), d’après les documents budgétaires (Jaune Pensions, Cour des comptes, comptes de la Sécurité sociale et données du SRE).

1. Fonctionnaires susceptibles de recevoir une pension (actifs cotisants)

Environ 2 millions

  • Fin 2024 / début 2025 : environ 1,95 à 2,0 millions de cotisants (fonctionnaires civils de l’État + militaires + magistrats).
  • En 2025 : un peu moins de 1,96 million.

Ces actifs cotisent au régime et sont donc destinés, sous conditions de durée de service, à percevoir une pension de ce régime à la fin de leur carrière.

2. Fonctionnaires (et ayant-droit) actuellement en train de recevoir une pension

Environ 2,5 millions

  • Fin 2024 : 2,53 millions de pensions en paiement (dont environ 2,06 millions de pensions de droit direct).
  • Fin 2025 : chiffre quasiment stable (autour de 2,53 millions).

Cela inclut les retraités de droit direct (anciens fonctionnaires et militaires) et les pensions de droit dérivé (réversions, etc.).

3. Montant des pensions de retraite payées par l’État en 2025

Environ 65 à 66 milliards d’euros pour le régime principal des pensions civiles et militaires de retraite (programme 741 du Compte d’affectation spéciale Pensions).

Dépenses totales du CAS Pensions en 2025 69,3 milliards d’euros.
Dont programme 741 (pensions civiles et militaires de retraite + allocations temporaires d’invalidité) environ 66 milliards d’euros.
Pensions de retraite stricto sensu (hors invalidité)autour de 61 à 65 milliards d’euros selon les sources
(les chiffres varient légèrement selon que l’on inclut ou non certaines prestations annexes).

Ces montants sont financés principalement par les cotisations salariales (11,10 %) et surtout par les contributions employeur de l’État (taux très élevés : 78,28 % pour les civils en 2025).

En résumé (ordres de grandeur 2025) :

IndicateurOrdre de grandeur
Actifs cotisants (futurs pensionnés)? 2,0 millions
Pensionnés actuels? 2,5 millions
Montant des pensions payées par l’État? 65 milliards d’€

Ces chiffres concernent uniquement le régime de l’État (FPE). Ils n’incluent pas les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers (CNRACL), qui relèvent d’un régime distinct.


Revue C-Politix (c) 26 Septembre 2026