Edouard Balladur et quelques observations

Philippe Brindet - 02.09.2026

Edouard Balladur est décédé ces jours derniers à 97 ans. Ancien Premier Ministre, il a été candidat malchanceux face à Jacques Chirac avec lequel il n'était pas adversaire.

Les éloges de ceux qui ont bien voulu lui en faire sont remarquables.

Pour les résumer, je dirai qu'il avait toutes les qualités d'un grand homme d'Etat républicain qui font totalement défaut aux politiciens de l'actuelle génération. Aucun d'eux n'est républicain. Aucun d'eux n'est un homme d'Etat. Aucun d'eux n'est grand en quoi que ce soit.

Quand il devient Premier Ministre, on peut cependant se demander s'il y avait encore un Etat et si la République subsistait encore. L'un et l'autre avaient été largement détruits par Giscard d'Estaing et son libéral-européisme et par Mitterrand avec son social-européisme. Balladur a certainement tenté de restaurer et l'Etat et la République. Mais les temps politiques avaient changés et à l'époque, presque personne ne doutait qu'il y eût encore un Etat et qu'il fut républicain. Les choses ne se révèlent que lorsque le temps est passé.

Toujours est il que Balladur, quand il avait une autorité de décision, a lutté tant qu'il a pu contre la faillite dans laquelle le giscardisme et le mitterandisme avaient inscrits la France. Ce fut le dernier à lutter et c'est la grandeur de Balladur.

Sur Balladur et son influence politique, j'aurais deux interrogations. La première sur son rôle dans l'ascension politique de Nicolas Sarkozy et la seconde sur son implication - dont il a été judiciairement excusé - dans l'affaire des sous-marins pakistanais.

A mon évaluation, Sarkozy a été le politicien responsable de tromperies sans nombre, le politicien qui a fait le contraire de ce qu'il déclarait à ses électeurs enamourés - enamourés ? on se demande maintenant pourquoi. Sarkozy a enfoncé la France dans trois gouffres communicants : l'Union européenne, l'immigration forcenée et le désordre social. Balladur n'a pas été à la hauteur politique dans la promotion de Sarkozy.

Sur l'affaire dite de Karachi ou "des sous-marins pakistanais", il n'y a pas grand chose à dire : sa responsabilité a été dégagée par la justice et il a été le premier homme politique de la Cinquième République contre lequel on a instrumentalisé la Justice contre lui. Une stratégie électorale qui est devenue habituelle aujourd'hui.

On retiendra la mémoire du dernier homme d'Etat de France pour lequel la tâche politique était d'une gravité intégrale. A comparer aux bouffonneries de ses successeurs.

Liste des Sources consultées

  1. «Je l’ai fait, mais je l’ai fait aussi pour nous deux» : pour Nicolas Sarkozy, sa victoire en 2007 était aussi celle d’Édouard Balladur, Le Figaro, 2 Septembre 2026
  2. Edouard Balladur, ancien premier ministre, est mort à l’âge de 97 ans, Le Monde, 31-08-2026


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