Guerre en Ukraine - Faits divers

Philippe Brindet - 11-10-2026

1 - Nouvelles du front

Les forces ukrainiennes semblent mener plusieurs contre-offensives réussies ou en cours de réussite. Après quelques succès dans le Donbass, les russes piétinent à nouveau partout. On se pose deux questions sur l'état du front :

  1. les russes ont-ils véritablement envie de remporter la victoire au sol - et quelle victoire ?
  2. comment les ukrainiens seuls peuvent-ils encore mener des contre-offensives réussies ?

Après cinq ans d'opérations au sol, ces deux questions restent particulièrement embarassantes. De sorte que la prudence s'impose au sujet aussi bien de prédictions du futur de la guerre que des explications de la situation actuelle sur le terrain. Le "brouillard de guerre" peut expliquer une partie de l'absence de réponse à ces questions, mais il reste insuffisant. Aucune des "deux parties" au conflit semble n'avoir intérêt à ce que le public "comprenne" l'état de la guerre. Et si jusqu'à la fin de l'an dernier, l'amateur de réponses pouvait se hasarder à poser des questions et à y répondre - en se ménageant un certain degré d'incertitude - il est à craindre qu'il faille se résoudre à ne plus porter de "réponse" et mieux, à ne plus poser de questions ...

Par exemple les russes occupent plusieurs poches en territoire ukrainien au Nord de Sumy et de Kharkov. Ces poches, pour autant qu'elles existent, ne varient pas de plus de cent mètre dans un sens ou dans l'autre. Pourquoi les avoir ouvertes ?

Sur la poche au N-E de Kharkov, les russes sont parvenus à pièger un corps de troupes ukrainiennes dans un corridor Nord-Sud de 1 à 2 kilomètres de large et de peut être 20 à 30 kilomètres de long. Et la situation ne bouge pas depuis des mois. Pourquoi ? Je ne sais plus répondre.

A Koupyansk un peu plus au Dud et à l'Est, les Russes ont pris la ville et une grande partie du territoire au Sud de la ville. Pourtant, les ukrainiens sont encore dans la partie ouest de la ville et occupent toujours des territoires sur la rive Est du fleuve Oskil. Pourquoi ?

A Lyman, alors que les russes démarraient l'investissement de la zone Slavyansk - Kramatorsk, les ukrainiens ont réussi à mener une contre-offensive qui a rejeté les russes sur la rive Est de l'Oskil et même cette rive aurait été franchie en plusieurs points par les Ukrainiens. Et l'offensive s'étend sur un front de plus de cent kilomètres du Nord au Sud. De sorte que l'offensive russe sur Slavyansk - Kramatorsk par le Nord et l'Est est complètement oubliée. Les russes pourront s'estimer heureux s'ils parviennent à établir leur ligne de défense sur l'Oskil pour l'hiver.

Un peu au sud de l'agglomération Slavyansk-Kramatorsk, les russes se maintiennent devant Dubrovka, mais ils n'y progressent plus depuis des semaines. Même situation à Dobropilia qui n'est pas entièrement reprise par les ukrainiens. Au nord de Guliapol, les contre-offensives ukrainiennes sont incessantes, de sorte que récemment, ils ont à nouveau repris du terrain. A l'Ouest de Guliapol, vers Orikhiv et Zaporijzia, les russes avancent très peu et au Sud d'Orhikiv, ils sont même complètement bloqués, de même qu'au Sud de Zaporijzia.

Dans la zone de Kherson, il n'y a plus d'activité depuis des mois.

2 - La guerre aérienne

Depuis le début de l'année 2026, selon les chiffres transmis par les sources "ouvertes" qui généralement utilisent les communiqués russes et ukrainiens et retransmettent les vidéos des bombardements et de leurs effets, les ukrainiens utilisent sur le territoire russeun nombre de drones très supérieur à celui des dones russes envoyés quotidiennement sur le territoire ukrainien en dehors de la zone de front, où les chiffres dont défaut. Seul le nombre de missiles russes envoyés en Ukraine est supérieur au nombre de missiles ukrainiens envoyés en Russie et les russes utilisent aussi un nombre croissant de drones mus par moteur à réaction, plus rapides et plus maniables et donc plus résistants à la DCA.

Les russes émettraient une centaine de drones par jour, avec quelques pointes à 400 drones, quand les ukrainiens émettraient de 400 à 2.000 drones par jour.

En général, les deux parties publient quotidiennement un chiffre des drones adverses abattus. Les taux de destruction sont des deux parties de l'ordre de 85 à 90%. On peut en douter, mais sans moyen de vérifier. Par contre, des deux côtés, les vidéos de destruction et d'incendies, pas toujours certifiables, sont incontestables. Cependant, il faut souligner que le seul chiffre incontestable est ... le nombre de vidéos publiées en sources ouvertes de telles destructions. A une époque où "l'IA" permet tous les montages ....

Donc, pour autant que les destructions soient réelles, on est surpris de la "fragilité" de la DCA russe et de la "résistance" de la DCA ukrainienne.

3 - Observations géopolitiques

La dernière "nouvelle" est celle d'un accord entre Trump et Poutine - rien à voir avec un accord entre la Russie et les Etats-Unis ... - sur l'achat par Trump de livraisons de diesel russe pour pallier au blocage de l'approvisionnement en provenance du Moyen-Orient, éteint par la guerre avec l'Iran et le Yemen. Certains parlent même d'une extension de l'accord pour la "restauration" des gazoducs Nord Stream qui serait financée par les Quataris, les quantités de gaz étant vendues par Poutine à Trump qui ... les revendraient aux Européens ... très cher.

Dans la course aux aberrations, plus rien n'étant interdit, on peut tout croire ... Ou rien.

Comme on n'est plus à une étrangeté près, Trump aurait - dit-on - décidé que le président ukrainien Zelinskyy allait démissionner, pour permettre la négociation d'un armistice. Depuis plusieurs années, Zelinskyy n'est plus le président élu ... ce qui ne dérange aucun démocrate occidental.

Il semble que les européistes - Zelinskyy compris - sont furieux de l'arrogance de Trump. Certains parlent même de prendre la guerre avec la Russie à leur compte en se passant .. de Trump. Certains imaginent que Trump a trahi l'Occident en se vendant à Poutine, ce qui est ... très exagéré.

Comme pour la guerre au sol, comme pour la guerre aérienne, il n'est pas nécessaire actuellement de chercher à comprendre ce qui se passe ... On verra plus tard.

Revue C-Politix (c) 11 Octobre 2026