Guerre en Ukraine - Faits divers

Philippe Brindet - 21-03-2026

1 - Nouvelles du front

Les nouvelles du front n'indiquent pas un changement notable de situation. Les forces armées russes avancent très lentement un peu partout sur le front du Donbass et depuis quelques semaines sur le front nord de Kharkov, Soumy et Chernogov. De leur côté, les forces armées ukrainiennes se maintiennent dans deux contre-offensives : sur la ville de Kupyansk, bien que les russes soient récemment parvenus à occuper toute la rive Est du fleuve Oskill, et au Nord de Guliaplol bien que les russes aient avancé vers l'Ouest. Mais, en particulier, les russes sont toujours bloqués à Kostyantinovka.

La cinquième année de l'opération militaire spéciale commence. C'est long, bien long ....

2 - Agitations occidentales

Selon certaines informations, peut être un peu trop "sonores", les Etats-Unis se seraient retirés du conflit ukrainien, laissant le soin de son soutien aux européens. L'étendue de ce retrait est douteux, de même que l'amplitude de l'implication européenne. Selon les rodomontades de Trump, le rôle de l'Europe se bornerait à acheter des armes aux entreprises américaines, à les payer, puis à les livrer aux armées ukrainiennes.

Or, alors même que le Parlement européen a, de manière irraisonnée, voté 90 milliards de crédits à l'Ukraine, cette manne exigée par Washington serait "bloquée" par le veto de la Hongrie et, probablement de la Slovaquie, et peut être même de la République Tchèque. Or, ceci ne semble pas affecter les opérations militaires. Du moins pas encore.

L'autre problème dont l'étendue n'est pas vraiment déterminée, concernerait le recrutement de l'armée ukrainienne. On sait que des contingents polonais, géorgien, colombien et arabes sont engagés dans les troupes ukrainiennes. Plusieurs politiciens européens se sont vantés que des troupes allemandes, anglaises et françaises se trouveraient sur le front du Donbass. Pour l'instant, personne ne considère cette situation comme de nature à décider d'un état de guerre directe entre l'UE et la Russie.

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Il y a quelques semaines, le régime macroniste a clamé que son renseignement militaire avait pris la suite du renseignement américain. C'est possible, mais on peut admettre un doute, du moins sur l'ampleur de cette assistance.

Il y a quelques semaines, plusieurs missiles de croisière britanniques et/ou français ont été lancés à l'intérieur de la Russie. La Russie a protesté et on n'en a plus entendu parler.

De même, les forces armées ukrainiennes ont considérablement renforcée l'ampleur des bombardements par drones loin à l'intérieur de la Russie. Cet effort semble progressivement rejoindre l'ampleur de celui de la Russie. Là aussi, l'implication des européens - avec ou sans les américains - est possible. Particulièrement, on sait que ces raids ukrainiens sont conduits avec le moyen du réseau satellitaire Starlink qui est en fait géré directement par le Pentagone, et il est probablement impossible de substituer ce contrôle par celui des Européens, malgré leurs mérites.

3 - Observations militaires

L'événement le plus marquant de la guerre en Ukraine est l'attaque conjointe des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, allié de la Russie (et de la Chine). De ce point de vue, il s'agit d'un élargissement du conflit en Europe, qui se porte au Proche-Orient.

Or, alors que la quatrième semaine de ce nouvel "ancien" conflit s'ouvre, les informations de diverses sources convergent sur des informations capitales :

  • le bloc occidental n'a pas suffisamment de matériel et surtout de munitions pour soutenir une guerre d'ampleur en Iran ;
  • même si Trump bravache, il est très improbable que les Occidentaux mènent une invasion terrestre, sauf peut être quelques actions de troupes spéciales, notamment pour "déloquer le détroit d'Ormuz" qui est d'ailleurs bien plus bloqué par la hausse des primes d'assurances maritimes que par les moyens militaires de l'Iran ;
  • L'approvisionnement en énergie de l'Europe, de l'Asie - Inde et Chine notamment - est très menacé par l'agression américaine en Iran, soulevant le mécontentement des "alliés-vassaux" des américains, d'autant plus que les installations productrices des Etats du Golfe commencent à être touchées par les bombardements des uns et des autres. Cette crise "pétrolière" s'annonce majeure, notamment pour l'Europe, avec des influences négatives pour les capacités militaro-industrielles de ces Etats.

Pour revenir au conflit ukrainien proprement dit, des rumeurs propagées par les médias occidentaux affirment le rôle du renseignement russe en faveur de l'Iran. C'est en effet une hypothèse conforme aux alliances entre ces deux Etats. Mais il n'existe aucune preuve matérielle de cette action russe. Mais cette rumeur en a permis une seconde : "Poutine" aurait proposé un "deal" à "Trump" : "j'arrête de renseigner les iraniens, et tu arrêtes de renseigner les ukrainiens" ... Il n'y a pas lieu de s'apesantir sur la chose.

Il semblerait que les forces ukrainiennes aient encore renforcées leur expérience des drones, principalement des drones légers :

  • les ukrainiens disposeraient maintenant de drones "missiles" capables de mener la chasse aux drones russes genre Shahed ;
  • les ukrainiens auraient envoyé des spécialistes de la lutte anti-drone dans les Etats du Golfe, traumatisés par les incursions de drones iraniens.

Il est probable que l'ampleur des bombardements ukrainiens en Russie s'accroissant, la stratégie militaire russe pourrait changer. Ce ne sont plus de "vulgaires bandes d'ukro-nazis" qui agressent les "pacifiques populations russophones du Donbass" .... l'opération militaire spéciale s'est certainement transformée en une invasion militaire en Russie de l'Occident. Comme en Iran, les occidentaux n'ont pas encore engagées de troupes sur le sol russe, malgré la tentative au Nord de Kharkov en août 2025. Mais, la situation de la sécurité militaire de la Russie n'a jamais été aussi menacée, ce qui n'était évidemment pas le but de l'"Opération militaire spéciale".

Selon des informations incertaines, il semblerait que beaucoup de politiciens russes soient furieux contre la lenteur des progrès russes en Ukraine et plus encore de les reculades publiques de Poutine derrière des "lignes rouges" de l'action occidentale. Certains observateurs occidentaux, souvent "prorusses", reprochent à Poutine de s'être engagé trop mollement dans une guerre qui ne pourrait que dégénérer en un conflit nucléaire ou à tout le moins, en un conflit général en Europe.

Pour l'instant, le régime russe reste "imperturbable".

Liste des Sources consultées

  1. Putin, Iran, and Europe in a Post-NATO World, Spectator , Martin Arostegui -
  2. Pressure mounts on Vladimir Putin, Gilbert Doctorow, March 3, 2026
  3. Add Belgium’s Prime Minister Bart De Wever to the short list of European leaders possessing both an independent mind and courage to stand his ground, gilbert doctorowMarch 16, 2026
  4. The U.S. Has Burned Through Over $2.4 Billion Worth of Patriot Missile Interceptors in Just Five Days of War with Iran, MWM - 060326
  5. Is Putin an American agent or just completely incompetent?, Paul Craig Roberts - 03.03.2026
  6. Alexander Dugan Wonders if Putin's demonstrated inability to recognize reality will bring destruction to Russia next – Paul Craig Roberts, 02.03.2026
  7. Russia Faces Five Geostrategic Challenges As The Special Operation Enters Its Fifth Year, Andrew Korybko, 25/02/26
  8. Could The War In Ukraine Go Nuclear?, J.B. Shurk via American Thinker, 22/02/2026

Revue C-Politix (c) 19 Février 2026