Guerre en Ukraine - Faits divers

Philippe Brindet - 22-09-2026

1 - Nouvelles du front

Les forces armées russes sur le terrain ont l'iniative partout. Mais cette initiative est extrêmement modeste.La plupart des gains acquis par les russes sont conservés. Notamment à Kostantinivka - Pokovsk, ou à Chasiv Yar plus au Nord ou à Guliapol plus au sud. Les poches russes dans les oblasts de Sumy et de Kharkov s'étendent très lentement.

Particulièrement au NE de Khrakov, il semble que les forces russes aient encerclés une armée ukrainienne dans une zone de 200 à 300 kilomètres carrés. Mais, les russes tardent à exploiter cette avance.

De leur côté, les forces armées ukrainiennes qui résistent bien dans l'ensemble ont maintenu leur pression à Kupiansk, même si, au Sud de Kupiansk, les russes ont acquis la rive E du fleuve Oskil. Depuis un peu plus d'un mois, les forces ukrainiennes ont menée une contre-offensive au Nord de Lyman et des dernières forteresses du Donbass : Slaviansk, Kramatorsk et Druchkovka. Cette contre-offensive a rendue une poche occupée jusqu'alors par les russes, une zone de guerre partiellement contrôlée par les Ukrainiens. Cette poche est un saillant au Nord de Lyman qui aurait été évacué par les russes. Elle représente peut être 200 ou 300 kilomètres carrés ce qui représente un réel danger pour l'offensive russe sur les "forteresses" ukrainiennes du Donbass précitées.

De même, une contre-offensive ukrainienne datant du début de l'année au Sud de la ville de Zaporijzia, vers Stepnogorsk et Kamienske, a largement été maintenue dans ses gains territoriaux que les forces russes ne sont pas parvenues à reprendre.

A l'ouest de Guliapol, les russes mènent avec un certain succès une offensive vers Orikhiv. Les tentatives de contre-attaques ukrainiennes par le Nord auraient échouées et les russes sont près d'emporter la ville d'Orikhiv, ce qui leur ouvre la route vers Zaporijzia par l'Est, à défaut de l'atteindre actuellement par le Sud.

Il n'y a plus aucune opération terrestre envisagée ou esquissée sur les oblasts de Kherson au Nord du Dniepr, ou d'Odessa, oblast avec lequel les armées russes ne disposent encore d'aucune entrée possible. De l'autre côté du front, au Nord, les russes n'auraient pas d'opération sur l'oblast de Chernigov qui menacerait la ville de Kiev et le Dniepr et protègerait pourtant peut être l'intérieur de la Russie de la guerre aérienne.

2 - La guerre aérienne

Si on peut raisonnablement s'interroger sur la puissance militaire russe en observant l'état des combats au sol, cette interrogation est encore accrue au sujet de la guerre aérienne que Moscou et Kiev se livrent.

Alors que les armées ukrainiennes subissent un très grand problème de recrutement indigène, que le pays a au moins 9 Millions d'hommes en âge de combattre qui ont émigré pour échapper aux combats, alors que les bombardements russes ont déjà détruit les infrastructures énergétiques, logistiques et industrielles de l'Ukraine, les forces ukrainiennes, au moins depuis le début de l'année 2026, sont capables de lancer de 200 à 400 drones par nuit sur tout le territoire de la Russie, allant parfois jusqu'en Sibérie orientale.

Dimanche 20 Septembre, pour les élections législatives en Russie que le parti de Poutine a largement emportées, l'Ukraine est parvenu à lancer plus de 2.000 drones dans la nuit.

Et ces opérations semblent au moins aussi fructueuses pour les Occidentaux que les bombardements russes sur l'Ukraine depuis le début de la guerre. Avec le nombre extrêmement élevé de drones utilisés, les armées ukrainennes parviennent à détruire de très importants centres essentiels comprenant des raffineries, des usines électriques, des centres logistiques, des usines d'armement et même des aéroports militaires.

Le problème est accru par l'utilisation par les ukrainiens de missiles longue portée, d'abord des missiles croisière aptes à évader la DCA russe, mais selon les informations occidentales, depuis quelques jours, des missiles balistiques lourds.

Sur la nature de l'aide occidentale permettant d'assurer l'effort industriel nécessaire à la production des drones et missiles ukrainiens, quand on replace la ruine du système industriel ukrainie, épuisé par quatre ans et demi de bombardements russes, il est permis de s'interroger. On sait que plusieurs firmes allemandes, anglaises et françaises travaillent sur le territoire ukrainien et à l'intérieur de l'Union Européenne. L'implication de l'Union Européenne dans la guerre en Ukraine est quasiment évidente.

De plus, le contrôle des bombardements ukrainiens en Russie ne peut être assuré sans le moyen des satellites américains, aussi bien pour la préparation des raids que pour l'exécution des vols. L'implication des Etats-Unis dans la guerre en Ukraine est quasiment évidente.

Or, la pression appliquée par les bombardements ukrainiens en Russie devrait contraindre le régime russe à prendre des mesures propres à défendre son existence même. Et la Russie étant la première puissance nucléaire du monde, cette contrainte pose un réell danger pour la paix dans le monde.

3 - Observations géopolitiques

Dans le dernier article sur la Guerre en Ukraine (Guerre en Ukraine - Faits divers, du 30-05-2026) J'ai fait quelques prévisions géopolitiques. Quel est le point à leur sujet ?

  1. L'influence des "midterms" aux USA sur l'orientation de la guerre :
    il semble que Trump ait perdu toute influence sur les bellicistes européens et ukrainiens qui renforcent la guerre aérienne sur la Russie. La capacité politique du président des Etats-Unis à contrôler les organes militaires américains, de l'OTAN ou de l'UE semble extrêmement dégradée. Trump en est arrivé à supplier Zelinsky de cesser de bombarder les raffineries russes pour ne pas accroître les tensions sur le marché de sproduits pétroliers, diesel notamment. Il en résulte que l'échéance des "midterms" ne s'impose plus.
  2. l'intoxication des drones parmi les "états" baltes :
    elle s'étend en Allemagne, au Royaume-Uni, ou encore en Roumanie. Cette manoeuvre semble plus destinée à préparer l'opinion publique européenne à des décisions politiques majeures dont on ne peut prévoir la nature actuellement.
  3. les nouvelles élections en Arménie :
    elles ont pratiquement coupé la relation historique de l'Arménie avec la Russie. L'Arménie renforce ses liens avec l'OTAN et l'UE.
  4. la situation en Transnistrie - Moldavie :
    elle ne semble pas avoir évoluée et ne pas avoir les effets qu'on supposait.

Le bellicisme des dirigeants européistes ne connaît plus de frein. Or, la situation économique en UE est devenue catastrophique, la situation politique est en train d'évoluer de manière redoutable. En effet, dans la plupart des Etats de 'l'UE, les conservateurs désertent "le camp du bien" qui se situe résolument au centre allié à la "gauche", pour former une droite de plus en plus ennemie des solutions progressistes et étatistes qui les a ruiné.

En Allemagne, l'AfD continue son ascension au niveau des législatives. En France, la prochaine présidentielle est dominée par le Rassemblement National. Au Royaume-Uni, le parti Reform de Farage augmente sa prédominance pour les prochaines législtaives qui pourraient être fatales au "cap du bien" mené par le socialiste Burnham.

Déjà en Allemagne, l'AfD a l'intention de mener prochainement des négociations avec la Russie pour reprendre les achats de gaz et de pétrole à la Russie. Le "camp du bien" mené par le "chrétien-démocrate" Merz fera tout pour détruire l'AfD en utiisant des lois répressives liées à la "défense de la Constitution" et Macron en France a probablement un plan assez proche, ourdi avec le secours de l'administration de la Justice, inféodée aux pires errances du régime européiste.

Très clairement, un état de conflit ouvert avec la Russie permettrait au régime européiste de prendre les mesures tyranniques qui lui éviteraient de perdre le contrôle de l'UE.Qu'en fera t'il ? Il faut cependant noter que le régime européiste, tout come le régime démocrate aux USA, a correctement verrouillé l'appareil d'Etat à l'aide tant des administrations publiques que des organisations inféodées aux intérêts privés des hyper-milliardaires. Un changement de régime est - aux USA aussi bien qu'en UE - hautement improbable, sauf à la marge comme l'a montré l'aventure trumpiste, efficace à l'intérieur avec Musk et ruinée dès qu'elle s'est aventurée hors Etats-Unis..



Revue C-Politix (c) 22 Septembre 2026