1 - Nouvelles du front
Les deux contre-offensives ukrainiennes :
- La plus ancienne est centrée sur la ville de Kupiansk. Depuis quelques semaines, elle semble s'essouffler. Mais les troupes russes qui progressent au sud-est de la ville, ne parviennent toujours pas à reprendre du terrain de façon notable.
- La plus récente est plus large et à la limite entre les oblasts de Zaporijzia et de Dniepropétrovsk. Au nord de Guliapol et au Sud-Ouest de Pokrovsk. Elle est actuellement en phase ascendante et les ukrainiens gagnent du terrain sur les troupes russes.
Le front de Kherson serait inactif depuis plusieurs semaines. Celui de Zaporijzia est actif sur deux points :
- au Sud de la ville, les russes tentent d'avancer vers l'Est pour prendre le contrôle de la double ligne de défense ukrainienne qui défend l'accès à la ville de Zaporijzia, par ailleurs "protégée" par le Dniepr. Dans le mouvement, les russes semblent viser un assaut de la ville d'Orikhiv par l'Ouest.
- à l'Ouest de Guliapol, à l'autre extrêmité de la double ligne de défense ukrainienne, les russes progressent par infiltrations successives et se trouvent en situation de mener un assaut de la ville d'Orikhiv par l'Est. Celle-ci étant par ailleurs déjà menacée par le Sud depuis plusieurs années, pourrait donc être une cible prochaine des russes. Cependant la seconde contre-offensive ukrainienne au Nord de Guliapol menace cette opération russe à l'Ouest de Guliapol.
Le gros des efforts de l'armée russe se trouve sur les villes de Kostiantinopol, de Sieversk, déjà entre les mains des russes depuis l'an passé, et de Lyman. L'étape ultérieure serait une offensive sur les villes de Kramatosk et de Slaviansk. Cependant, Kostiantinopol et Lyman ne sont pas encore prêtes à tomber. L'objectif de Kramatorsk et Salviansk est donc encore prématuré.
Un peu plus au sud, les russes progressent lentement vers le Nord-Ouest de Pokrovsk, notamment, ils sont prêts de Dobropyla.
Il existe encore une certaine activité des forces russes au Nord de l'Ukraine, dans les oblasts de Kharkov et de Sumy. Mais, les progrès sont très lents bien que les forces ukrainiennes ne semblent pas très fortes.
2 - La guerre aérienne
Les bombardements par drones sont devenus quotidiens. Les russes utilisent encore l'aviation à longue distance des points bombardés (missiles et bombes glissantes) et les missiles sol-sol. Les ukrainiens ont pratiquement cessé ces armes.
Par contre, les ukrainiens ont considérablement développé les bombardements par drones. Notamment, les drones à longue portée. Il y a deux jours, les ukrainiens ont envoyés en Russie en une seule nuit plus de drones que les russes en ont envoyé en Ukraine.
Les bombardements ukrainiens visent tout l'ouest de la Russie de Saint-Pétersbourg à Rosto, jusqu'à l'Oural. Il semble que l'un des raids sur St Petersbourg soit passé par la Pologne et les Etats Baltes. Cette route est suggérée par la chute de plusieurs drones ukrainiens en Europe sur leur trajet.
3 - Observations militaires
Depuis un mois environ, les russes ont perdu l'usage du réseau de communication américain Starlink. En particulier, ils ne parviendraient plus à contrôler ou, à tout le moins, à surveiller l'activité ukrainienne sur ce réseau. Cette situation - selon des sources ukrainiennes - expliquerait une partie des difficultés rencontrées par les armées russes et les succès des forces ukrainiennes.
La Russie vient d'annoncer la mise en service d'une première partie (16 satellites) d'une "galaxie" de micro-satellites "à la Starlink". Il s'agit du projet Rassvet qui, à terme, devrait permettre aux forces russes de reprendre le contrôle de leurs communications, notamment pour le pilotage des drones et autres munitions téléguidées. Il s'agit d'une information russe.
La situation militaire en Ukraine pose de nombreuses interrogations que l'on peut résumer ainsi :
- Comment se fait-il que, alors que son recrutement de troupes est en difficulté, l'armée ukrainienne parvient à résister et à mener deux contre-offensives après 5 ans de guerre ? On admet l'existence de mercenaires, notamment arabes et sud-américains. La partie russe agite périodiquement la présence de troupes occidentales : polonaises, américaines, anglaises et françaises.
- La Russie qu a une activité aérienne, aviation, missiles, drones, supérieure à celle de l'Ukraine, est en grandes difficultés de ce point de vue. Les drones ukrainiens, navals en Mer Noire et aériens, sont parvenus il y a déjà longtemps à bloquer la flotte russe sur le rivage est de la Mer Noire dont elle ne sortirait presque plus. Pire encore, depuis quelques mois, l'Ukraine est parvenue à augmenter considérablement l'ampleur et la porté de ses raids aériens sur toute la Russie occidentale, de Saint Pétersbourg à Rostov et , jusqu'à l'Oural. Depuis quelques semaines, l'industrie russe tant militaire qu'énergétique (raffineries, dépôts), subit des destructions massives. Notamment ces derniers jours, les drones ukrainiens ont attaqué au moins trois installations porturaires au N et au S de Saint-Pétersbourg, détruisant d'importantes capacités pétrolières russes.
Au moins l'un de ces raids aurait suivi une route passant par la Pologne et les Etats Baltes. D'autres ont suivis la route directe depuis l'oblast ukrainien de Soumy vers Saint Pétersbourg. Or, ces raids impliquent plusieurs dizaines de drones à chaque fois et il semble ne pas avoir été détectés, ni détruits.
L'implication de l'OTAN, et d'au moins certains de ses Etats membres est probable. Il y a là une cause possible d'extension de la "simple" opération militaire spéciale, extension exigée depuis longtemps par la majorité des dirigeants politiques russes et, manifestement, expérée par les politiciens européens.
- La stratégie russe de bombardements massifs sur les infrastructures militaro-industrielles, énergétiques et logistiques ukrainiennes ne semble avoir aucun effet sur la résistance des forces ukrainiennes. L'implication de l'OTAN et des USA ainsi que de l'UE est évidente. Mais, à cause du brouillard de guerre, la véritable importance de cette implication est inconnue. Là aussi, la Russie pourrait se trouver confrontée à la nécessité stratégique d'un élargissement du conflit et à une campagne de destruction des installations européennes qui servent à l'effort de guerre de l'Ukraine.
Les circonstances ne permettent aucun espoir d'une fin prochaine du conflit, ni de son ralentissement. Les parties en présence, sans le dire, se sont trouvées engagées dans une lutte existencielle.