L'ennemi, Poutine ou l'islamisme ? Ils hésitent.Samedi soir, un concert avait lieu dans une très grande salle de la banlieue de Moscou. Une salle très populaire qui porte un nom anglais "The Crocus City Hall". L'endroit est très fréquenté et de multiples manifestations populaires y sont présentées qui attirent des milliers de spectateurs. Un concert que je n'ai pas pu vraiment déterminer devait se tenir. Il semble que les spectateurs étaient en train d'entrer dans la salle quand un groupe d'hommes en tenues camouflées est apparu sur les caméras de vidéosurveillance dans le hall d'entrée. Ils ont immédiatement ouvert le feu à l'arme automatique sur tout être vivant. Parvenus dans la salle à demie pleine, ils ont lancés un ou plusieurs engins incendiaires de sorte que les gens ont été brûlés vifs, que la structure d'acier du bâtiment s'est disloquée et que le toit de l'édifice s'est effondré sur les survivants. Le bilan s'élève à 133 morts et 200 blessés et pourrait s'alourdir au fur et à mesure du déblaiment. Très vite, l'Etat Islamique a lancé une première, puis une deuxième revendication. Très vite, les forces de sécurité russes ont appréhendés 11 individus et identifiés parmi eux les quatre assaillants qui ont exécutés l'assaut proprement dit. Les similitudes avec l'attentat de Novembre 2015 à Paris au Bataclan ont tout de suite été relevées par la presse occidentale. Le fait de la revendication par l'Etat Islamique de l'attentat a juste renforcé la similitude avec le Bataclan 2015. Les medias occidentaux ont alors émis l'information que les services spéciaux US auraient avertis la Russie d'une menace issue du Khorrassan. Cet avertissement est une évocation sans source. Elle est simplement douteuse. Cependant, au grand étonnement des médias occidentaux et de leurs échos politiciens, Poutine et le gouvernement russe semblent dénoncer une implication de l'Ukraine et méconnaître le rôle de l'EI. Enragés à affirmer l'appartenance de l'Ukraine au camp du Bien, les médias occidentaux n'ont alors plus de mots pour dénoncer la mauvaise foi de Poutine qui accable le malheur du peuple russe, frappé par une simple redite du Bataclan 2015. Les informations que très vite le gouvernement russe laissent filtrer sont assez différentes. Les suspects arrêtés seraient des citoyens du Tadjikistan, un Etat musulman indépendant, membre d ela Communauté d'Etats avec la Fédération de Russie. Or, cet Etat est frontalier, au Nord de l'Afghanistan, et de la province du Khorrassan. D'ailleurs, la différentiation entre certaines régions du Tadjikistan et celles du Nord du Khorrassan sont tout à faits arbitraires. La séparation n'existe que dans l'esprit des "géographes" occidentaux habitués aux contrôles des frontières occidentales. En Asie, ce contrôle n'a pas le même sens. Il est à la fois plus rigoureux - ils tirent à l'arme lourde bien plus vite que des occidentaux - et plus souple - quand une caravane arrive dans une ville frontalière, on n elui demande pas son origine. Parmi les les informations données par les russes, les quatre assaillants reconnus dans l'attentat par la surveillance vidéo sont donc des tadjiks, qui ont été capturés dans l'oblast de Bryansk à proximité de la frontière avec l'Ukraine. Et le FSB a identifié l'existence d'une "fenêtre" ouverte dans la frontière ukrainienne pour permettre le passage du commando au retour de son expédition. Cette information, qu'on n'est pas obligé de prendre au sérieux, est toutefois l'information donnée par le camp russe. Quand les medias occidentaux donneront l'information que, factuellement et selon des sources crédibles, le commando aurait été arrêté ailleurs et dans une autre direction, la dénégation des médias occidentaux pourra être prise en compte. Aujourd'hui elle ne peut pas l'être. Il existe encore une autre information qui n'est pas donnée par les média occidentaux mais qui est disponible à la fois dans la presse russe et dans les sources ouvertes - souvent dénoncées par les services spéciaux américains comme de la propagande pro-russe. L'Ukraine a recruté un nombre considérable de bandes ethniques qui servent comme mercenaires dans des unités disparâtes partout sur le front du Donbass. Parmi ces bandes se trouvent des groupes islamistes et notamment issus de l'islamisme tadjick, qui est fortement soutenu par les services spéciaux américains en vue de perturber la stabilité actuelle de la région au Sud de la Fédération de Russie , les Etats islamistes de cette région étant plus ou moins en alliance avec la Fédération de Russie. Mais pour montrer l'inflexibilité de la propagande américain, on peut citer cet article de la presse américaine :
Pourtant les faits, même si l'Ukraine les conteste, prouvent que, depuis le début de l'invasion russe, l'Ukraine mène des actions terroristes sur le sol russe comme l'assassinat de la journaliste Dugina, ou encore des blogueurs russes Vladen Tatarsky ou Andréi Morozov. L'Ukraine mène depuis plusieurs années des attaques par drone explosif contre des cibles civiles sur le territoire de la Russie. La presse occidentale doit tout faire pour écarter de l'opinion publique l'idée que l'Ukraine ou les USA aient la moindre relation avec l'attentat du Crocus. Or, Lors de sa dernière visite à Kiev alors qu'elle venait juste de démissionner pour des raisons obscures, Victoria Nuland se félicitant de ce qu'elle apportait illégalement quelques centaines de millions de dollars des fonds de l'administration Biden à Zelinski, promettait que ces fonds permettraient de réserver une surprise à Poutine ... Elle avait déjà fait une remarque semblable quelques semaines avant le sabotage des gazoducs NordStream. On note quelques autres étrangetés dans les divers récits de l'attentat et de ses circonstances. D'abord, les quatre assaillants ont été présentés à la justice russe, très esquintés. Etaient ils blessés lors de lors de leur attaque, lors de leur arrestation ou lors de leur interrogatoire apr le FSB ? Nous ne le savons pas. En tout état de cause, leurs déclarations éventuellement publiés par la partie russe n'apporteraient donc aucun éclaircissement. Ensuite, pour des "djihadistes" destinés à devenir des martyrs de l'islam, il est bizarre qu'aucun d'eux ne soit décédé durant l'attentat. Ils vont plutôt penser à des commandos quasi-professionnels qui ont réussi une opération particulièrement audacieuse et particulièrement meurtrière. On ne connaît pas leurs équipements militaires, sauf qu'ils disposaient d'armes automatiques et de bombes incendiaires de puissance suffisante pour faire sauter un bâtiment pouvant contenir plus de 15.000 spectateurs. On notera aussi que le nom du complexe visé par les "djihadistes" provient de celui du premier groupe de rock qui s'y est produit :
L'Azerbaïdjan est une république islamiste, alliée du Tadjikistan. Dans un article limpide, It's War - The Real Meat-Grinder Starts Now, Pepe Escobar donne plusieurs opinions parmi lesquelles on peut en retenir deux :
Note finale : commenter l'attentat de Moscou et ses circonstances c'est avant tout indiquer qu'il n'existe pratiquement aucun fait avéré. Ceci établit la fragilité de tels commentaires. Le présent article ne comptait pas y échapper. Sources documentaires
Quelques représentants du torrent de désinformations des média occidentaux
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