L'inauguration de la présidence Trump. Observations

Philippe Brindet - 22/01/2025

  1. Pourquoi l'Inauguration a t'elle pu se tenir ?

    Les passions déchaînées par l'Inauguration Day ont été telles que l'on a complètement oublié que, quelques heures avant, le sort de Trump était des plus menacés. Les juges liés au parti progressiste - démocrates, républicains et quelques autres agglomérés - étaient bien disposés à s'offrir la peau de Trump. Ou du moins sa liberté et sa richesse phénoménale. Or, très bizarrement, aucun d'eux n'a bougé. Certains comme Jack Smith, se sont mêmes enfuis à l'étranger, à l'abri d'une sinécure "internationale".

    Durant la campagne électorale, Trump a subi au moins deux tentatives d'attentat dont l'une a failli réussir. Il s'en est fallu de quelques millimètres. Ce furent les oeuvres d'individus "déséquilibrés" comme il n'en manque dans aucune société libérale avancée. Convenablement excités par les média et par les activistes politiques officiels, ces "fous bien utiles" sont toujours prêts à agir. Pour l'inauguration Day, rien.

    Enfin, les promesses exhorbitantes du candidat Trump, son choix d'un certain nombre de personnalités profondément conservatrices, et opposées au progressisme woke triomphant depuis plus de vingt ans aux Etats-Unis, tout indiquait une menace mortelle à l'encontre du mouvement lancé sous Clinton, accéléré sous Obama, très peu combattu sous Trump I et absolument débridé sous Biden. La grande question que doit se poser le "camp Trump" est : Pourquoi le camp progressiste, fort de centaines de milliards de dollars et de la plupart des entrepreneurs, des institutions économiques et financières, des médias, de l'enseignement, de la prétendue "société civile", ... pourquoi ce camp progressiste n'a t'il rien fait contre l'inauguration de la présidence Trump ?

    Parce que l'Inauguration Day s'est tenu et il a été un succès pour Trump et ses supporteurs.

    Succès auquel ont participé des pontifes du progresssisme démocrate comme les milliardaires Zuckerberg, Bezos, ... qui voisinaient avec leur "ennemi", leur "maitre à tous", l'homme le plus riche du monde, Elon Musk, ministrable de l'administration Trump.Leur présence explique une bonne part de la réussite de l'Inauguration Day et de la défaite du camp progressiste qui aurait dû se débarrasser de Trump avant l'Inauguration Day.

    Or, depuis le début de la campagne de Trump il y a presque un an, le wokisme institutionnel a essuyé une cuisante défaite. Les progressistes, avaient depuis vingt ans, quadrillé les entrerpises et les institutions, se livrant à un véritable racket. Quand un progressiste contactait une entreprise ou un milliardaire, son discours était simple : "Vous devez rejoindre l'une des actions sociales du progressisme woke, DEI, ESG; Net Zero, ... en adhérant - moyennant cotisation - à une alliance tenus par des affidés woke et qui contrôlera que vous respectez dans votre conduite économique, financière, énergétique et sociale, les motifs du progressisme woke. A défaut, nous vous détruirons."

    Il faut noter que l'un des clubs qui a le plus fait pour le racket du progressisme woke a été - et il l'est encore - le World Economic Forum. De plus, les grandes entreprises ont réalisé un racket dans leur propre réseau de participations, de fiilales, de fournisseurs, de clients; ... Du réseautage classique. Mais à une échelle jamais vue.

    Or depuis l'entrée en campagne de Trump - ou à peu près et j'ignore une causalité éventualité - ce racket essuie des défaites de plus en plus nombreuses. En Juillet 2024, les entreprises de la finance et de l'assurance ont dénoncé dans leur majorité de racket de la Net Zero Alliance directement liée au WEF. C'est aussi le cas de Ford Company (Ford Motors joins list of companies stepping back from DEI policies , le 28 août 2024). L'université du Nebraska ferme son bureau DEI et sort du mouvement woke (University Of Nebraska-Lincoln Shuts Down DEI Office, Eliminates $320k Vice Chancellor Position, Tyler Durden - 25/08/24) Citons le fabricant de matériel agricole John Deere qui subit en octobe 2024 un assaut furieux de ses clients à cause de ses actions woke liées à son adhésion à la charte DEI. Le brasseur Molson Coors sort de l'alliance DEI en Septembre 2024. En Septembre 2024, des articles américains commencent à expliquer la faillite des chartes DEI parmi les entreprises américaines (Woke Panic: Civil Rights Groups Demand That Corporations Stop Cutting DEI Programs, Tyler Durden - 20/09/24 : Major corporations are ditching annual pro-LGBTQ report card amid increasing DEI backlash, LifeSiteNews.com - 19/09/24)

    En fait, de nombreux rackettés du wokisme ce sont peu à peu rendu compte ou bien qu'il s'agissait d'une escroquerie, ou bien que l'adhészion au progressisme woke n'entraîne pas de bénéfices ou même entraîne des pertes considérables.

    Dans le même temps, nombreux se rendent compte, et pas seulement parmi les gens du peuple, que le progressisme woke est essentiellement un mensonge d'une part et un totalitarisme d'autre part. Le progressisme woke a peut être compris qu'il avait perdu la partie. Il a laissé faire l'Inauguration Day" ...


  2. Les promesses électorales de Trump

    Nous n'allons pas ici lister ces promesses et vérifier si aujourd'hui, ces promesses sont satisfaites. Trump a beaucoup promis et il a promis des actes de gouvernement dès le jour de l'Inauguration.

    L'une d'elles semble ne pas avoir été tenue : il n'y a aucune négociation publique entre les USA et la Russie, pas plus entre l'Ukraine ou l'UE et la Russie. Trump semble avoir choisi une nouvelle stratégie face à la Russie. Il semble aujourd'hui adhérer à l'opinion des progressistes woke : la Russie est au bord de l'effondrement, parce qu'elle a été frappée par des sanctions américaines, d'une part et que les armes américaines livrées à l'Ukraine ont tué plus d'un million de soldats russes, d'autre part.

    Il est donc possible que Trump ait décidé qu'il était inutile de "négocier" avec un vaincu. Il suffira de lui imposer les conditions du vainqueur. Il ne pouvait se tromper davantage. Et donner un signal fort sur le fait qu'il ne tiendrait aucune de ses promesses de campagne.

    Mais Trump a "tenu" une autre promesse de campagne, dès le premier jour de sa présidence, il a signé un nombre impressionnant de décrets présidentiels allant jusqu'à licencier l'amiral lesbienne des Coast Guards ... Dans ce domaine, Trump va avoir fort à faire ... Et çà peut contenter ses supporteurs. Malheureusement, cela ne fera qu'exaspérer le progressisme woke qui est déjà fortement implanté dans la société américaine. Un journal américain a listé 64 décrets présidentiels ou assimilés et 78 annulations de décisions de Biden ... (An Overview of Trump's Dozens of Executive Actions, Nathan Worcester - 21/01/25)

    L'électorat de Trump peut être satisfait.

    D'ores et déjà, le progressisme woke a introduit des actions en justice pour faire annules les décrets inauguraux de Trump. Nous verrons.


  3. La contestation progressiste aux USA

    La contestation progressiste a déjà commencé aux USA. Tant qu'elle reste "confinée" devant les tribunaux, Trump pourra avancer. Mais, il est certain que le progressisme, même s'il a subi une défaite énorme avec celle de Kamala Harris, "créature" du milliardaire progressiste George Soros. Le progressisme woke a encore, aux USA, des moyens importants pour nuire à Trump et pour se réinstaller, de manière peut être moins voyante, mais presque aussi efficace.


  4. Les réactions des vassaux américains

    Les réactions des dirigeants européens ont été extrêmement critiques. La plupart d'entre eux sont alignés sur le progressisme woke qui s'est imoosé parmi eux notamment avec la forgerie de l'Etat de droit. Les imbéciles l'ont confondu avec l'Etat légal qui est l'Etat républicain par excellence. Or, l'Etat de droit est le mensonge imposé aux politiciens occidentaux pour introduire l'Etat des droits des minorités, c'est-à-dire essentiellement le progressisme woke.

    Bayrou a réagi depuis l'Hôtel de ville de Pau :

    "Les États-Unis ont décidé d'une politique incroyablement dominatrice par le dollar, par la politique industrielle, par la captation de toute la recherche et la captation des investissements [...] Si nous ne faisons rien, nous allons être dominés, écrasés, marginalisés. Cette décision qui ne tient qu'à nous, Français et Européens, parce que c'est impossible sans Europe, est le ressaisissement",

    On note que ni Macron, ni son premier ministre Bayrou n'étaient invités à l'Inauguration Day. Le chancelier allemand, Scholtz pour quelques semaines encore, n'était pas plus invité à Washington et se trouvait à Davos au WEF o il a répété les sornettes des européens sur le progressisme woke. L'anglais Starmer n'a pas déparé la collection puisqu'il est un agent du progressisme woke.

    Par contre, parmi les invités de l'Inauguration Day, il faut compter :

    • En France Marine Le Pen, Eric Zemmoiur et Sarah Knaffo ;
    • En Italie, la première ministre Georgia Meloni ;
    • Au Royaume-Uni, le leader de Reform UK, Nigel Farage, soutenu par Elon Musk ;
    • En Allemagne, le co-président Tino Chrupalla de l'AfD, parti menacé de suppression par le régime allemand finissant.

    Plusieurs invités européens n'ont pas caché leur enthousiasme pour le conservatisme "anti-woke" de Trump et de son administration. Ils ont cependant souligné que le "MAGA" de Trump devait être contré par une restauration des nations en Europe. Et donc d'une Union Europenne très différentes. Ce qu'exprimait il y a quelques jours le premier ministre hongrois Viktor Orban devant le Parlement Européen :

    The stars under which we now stand are much more favourable than they were in 2024. Not only have we gained in strength, but the flagship of liberal politics in the West has sunk. The Western world has a patriotic, pro-peace, anti-migration, pro-family President in Washington. In just a few hours, the sun will shine differently over Brussels. A new President in America, a large patriotic grouping in Brussels, great enthusiasm, patriots who are tried and tested and who love their countries. Let the great offensive begin. I hereby launch the second phase of the operation to take Brussels. Les étoiles sous lesquelles nous nous trouvons aujourd’hui sont beaucoup plus favorables qu’elles ne l’étaient en 2024. Non seulement nous avons gagné en force, mais le fleuron de la politique libérale occidentale a coulé. Le monde occidental a à Washington un président patriote, favorable à la paix, anti-immigration et pro-famille. Dans quelques heures, le soleil brillera différemment sur Bruxelles. Un nouveau président en Amérique, un large groupe patriote à Bruxelles, un grand enthousiasme, des patriotes éprouvés et qui aiment leur pays. Que la grande offensive commence. Je lance par la présente la deuxième phase de l’opération de prise de Bruxelles.

    Source : Speech by Prime Minister Viktor Orbán at a conference organised to evaluate Hungary’s EU Presidency


  5. Les réactions des adversaires de l'impérialisme américain

    La Russie s'est bornée à des félicitations diplomatiques à l'égard de Donald Trump. Imitée par la Chine. Ces deux pays sont conscients que la menace américaine est plus importante avec Trump qu'avec Biden, même si le progressisme woke est "enragé" contre la Russie de Poutine, conservatrice, et nationaliste. C'est pourtant une erreur. La Russie est un Etat multinational, multiethnique, multireligieux, et c'est un régime profondément socialiste, avec une très forte autorité de l'Etat. Mais un Etat au service de tous les Russes, quelque soit leur nation, leur ethnie, leur culture, leur religion. Et cela est impardonnable pour les occidentaux.

    Il faut souligner que la société russe, et probablement la société chinoise, est très fortement "travaillée" par le progressisme "woke", via des organes comme le World Economic Forum. Poutine est lui-même un lauréat du World Economic Forum, nominé en même temps qu'Angela Merkel et que Nicolas Sarkozy à une époque où ces trois débutants n'étaient pas grand chose dans la vie politique. Par le biais des entrepreneurs russes, très tournés vers les relations internationales, les entreprises et les think tank américains ont une profonde influence sur l'élite russe. Le régime russe, Poutine en tête, n'est pas aussi étranger que l'on veut bin le croire à cette relation étrange.

    D'une manière qui peut nous paraître contradictoire, à nous autres conservateurs occidentaux, la Russie de Poutine n'est pas si ennemi que celà du progressisme "woke" qui prévalait sous Biden et elle n'est pas aussi attirée par le "nationalisme" de Trump que ses ennemis veulent le faire croire. En fait, les "ennemis" de l'Occident sont engagés dans un autre monde que celui de Biden, c'est sûr, mais dans un autre monde que celui de Trump. Trump peut faire ce qu'il veut. Il n'est pas certain qu'il atteigne les BRICS et la multitude d'alliances multilatérales qui redonnent leur initiative aux nations. Quel intérêt auraient ils à se soumettre à la lex americana, ruinée et corrompue ?


  6. Trump peut-il réussir ?

    La réponse est non. Mais, la question est tellement vague que la portée de la réponse manque peut être cette question. Quel est l'objectif de Trump ? Make America Great Again ! Et bien avec ce slogan, vous pouvez faire "chavirer" une foule réunie dans un champ dans l'Oregon, soulée de sonos braillantes et de hot dogs. Ailleurs, c'est sans effet. D'ailleurs, pour de nombreux pays étrangers, les USA sont toujours aussi puissants. Que ce soit avec Biden ou avec Trump. Ces deux "braves gens" n'y peuvent rien.

    Pourtant, les USA ne vont pas bien du tout. Leur PIB est "florissant" parce que le PIB est le plus mauvais indicateur pour décrire la "grandeur" d'un pays. La richesse de Musk ou de Gates ne mesure en rien la "grandeur" des USA. De même que la richesse de Arnaud ne mesure en rien la grandeur de la France. Au contraire des milliardaires américains, le peuple américain est frappé d'une profonde misère, froidement dissimulée par les riches et leurs laquais derrière les décors à la Potemkine des parcs d'attraction, de Las Vegas, ... La plupart des villes américaines sont en ruine. Le réseau routier est dans un état lamentable, de même que le réseau ferré. La santé publique est dans un état lamentable : la mortalité infantile et l'espérance de vie des américains sont alarmantes. Contrairement à ce que les statistiques - autre village à la Potemkine - l'affirment, il n'y a plus de travail aux USA. La raison est simple : les USA ont ruiné leur industrie et leur agriculture. L'effet est évident : il n'y a plus de travaiL.

    Est-ce que Trump - et son administration - est au courant de cette situation ? Il ne semble pas qu'il ait réagi lors de son premier mandat. Pourquoi agirait-il lors de son second mandat ?

    Peut-il vaincre le "wokisme" ? Interdire les transgenres nourrira la lutte de cette minorité qui est abreuvée des milliards des riches américains. Peut-il vaincre l'immigration illégale ? Il ouvre la guerre avec les milliardaires comme Soros et avec les Etats américains appartenant à ces milliardaires. Nommément l'Illinois, la Pensylvanie, la Californie, ... Peut-il détruire le mouvement Net Zero ? C'est possible, mais là aussi, il faudrait attaquer frontalement de très puissants intérêts. Pas certain que Trump connaisse ses vrais ennemis.


Revue C-Politix (c) 22 Janvier 2025