La Guerre en Ukraine. Etat des lieux au 1er Mai 2023

Philippe Brindet - 01 Mai 2023

La situation sur le front de la région de Louhansk

On note quelques offensives de faible ampleur des deux côtés. Les Russes mènent de nombreux harcèlements d'artillerie.

Cependant, certaines sources notent que les Ukrainiens conduiraient une accumulation de forces sur la frontière avec la Russie et pourraient envisager une offensive vers le Sud-Est vers Pokrovsk et Svatoje.

Plus au sud, les Russes se heurtent à une résistance constante depuis plusieurs mois dans la forêt de Dibrova. Les Ukrainiens lancent beaucoup de renforts pour conserver la partie sud de la forêt. L'objectif des russes est de former un chaudron autour des forces ukrainiennes sur la ville de Seversk. Ils en sont loin.

La situation sur le front de la région de Donetsk

Dans cette région, les Russes ont un avantage important. Après avoir enlevé Soledar, ils sont en train d'emporter Artemiovsk (Bachmut). Actuellement, 10.000 ukrainiens seraient enfermés dans une citadelle constituée par des grands immeubles à l'ouest de Bachmut, et que l'artillerie et l'aviation russes sont en train de réduire en ruines. Au sol, les fantassins russes procèdent d'une manière méthodique qui consiste à entourer un quadrilatère de forces ukrainiennes par trois de ses côtés, puis de les attaquer ensuite jusqu'à leur destruction complète à un contre trois.

Pour réduire les immeubles élevés et non encore réduits en ruine, les chars russes se placent à plus d'1 kilomètre dans une "embrasure" de ruines et tirent sur l'immeuble jusqu'à ce que les tireurs ukrainiens aient été éliminés. Puis l'infanterie russe avance et investit la zone. Les Ukrainiens ont alors mis au point une tactqieu qui consiste à piéger l'immeuble avec des explosifs et à le faire exploser quand les soldates russes y pénètrent.

Selon plusieurs sources les tirs d'artillerie et les bombardements aériens par les russes, qui utilisent des bombes planantes, sont incessants. Ces bombes planantes sont larguées à haute altitude par des aviosn russes hors de la portée des missiles sopl-air ukrainiens. L'infanterie russe attaque aussi bien de jour que de nuit grâce à ses équipements de vision nocturne.

Les russes exploitent ensuite plusieurs autres chaudrons qui sont des zones mortelles pour les troupes ukrainiennes. On note ces chaudrons à Avdieevvka et à Marinka. Plus au sud, les russes sont en train de réduire en cendres la ville d'Ugledar où les ukrainiens résistent depuis plusieurs mois, reposussant les assauts de l'infanterie russe. Cette zone est ouverte et pas en forme de chaudron et les ukrainiens ont concentrés des forces importantes qui pourraient participer à la contre-offensive annoncée pour le printemps par les Ukrainiens.

La situation sur le front de la région de Zaporijzia

Les russes sont surtout connus pour avoir construit trois lignes de défense dont la plus au sud est à l'est de Mélitopol et est basée sur un fossé antichar de 80 kilomètres de long. Sur ce front, les russes se seraient limités à des bombardements d'artillerie sur des regroupements ukrainiens.

Les ukrainiens ont mené depuis plusieurs semaines de petites offensives qui n'ont pas avancées et sont retournées sous les répliques de l'artillerie russe.

Selon plusieurs sources, depuis deux semaines, les ukrainiens font un regroupement de forces importantes à l'est de Zaporijia parmi lesquelles plusieurs brigades nouvellement formées OTAN. Il y aurait jusqu'à 45.000 hommes de troupes fraîches qui seraient la plus grosse partie de la contre-offensive destinée à avancer sur Melitopol et puis sur Bryansk ou sur la Crimée.Selon certaines sources pro-russes, les forces russes en ligne seraient d'envrion 50.000 hommes sur chacune des quatre régions occupées. La Russie disposerait de réserves importantes notamment dans les 300.000 soldats encore à l'entraînement de la levée de décembre 2022.

Selon la plupart des sources, la prochaine offensive pourrait avoir lieu essentiellement sur la région de Zaporijia. Dans cette optique, les russes ont mené des bombardements intensifs sur trois zones de regroupement de forces ukrainiennes entre le 29 avril et le 1er mai, notamment Pavlograd, Kramatorsk et plus à l'ouest sur Poltava. Ces bombardements sont massifs et encore en cours et utilisent des missiles venant de Carélie, de la mer d'Azov et de la région du Don.

Les effets de ces bombardements auraient été suffisamment destructeurs pour que les ukrainiens affirment qu'ils avaient détruit 90% des missiles russes. On a appris que plusieurs dépôts ukrainiens ont explosés avec des indications par exemple que des missiles S-300 ukrainiens auraient explosés dans ces stocks. Plusieurs explosions qui ont été filmées seraient caractéristique de l'explosion des propergols solides du S-300. L'état de la défense aérienne ukrainienne pourrait donc ne pas être excellent et la contre-offensive ukrainienne pourrait rencontrer l'aviation tactique russe.

Il faut noter plusieurs infiltrations ukrainiennes sur la rive sud du Dniepr à la centrale nucléaire de Energodar. Une offensive ukrainienne à ce point pourrait intervenir pendant l'offensive générale du printemps. Mais ce n'est pas certain et pourrait servir de front d'aide à l'offensive principale par Zaporijia.

La situation sur le front de la région de Kherson.

Les Ukrainiens ont mené dans la semaine passée plusieurs attaques à l'échelon d'une compagnie et ont franchi la rive sud du Dniepr. Ils sont cepandant restés sur les îles et les marais de la rive sud où ils ont été détruits par l'artillerie russe.

Il se serait agit d'une diversion pour tenter de distraire des troupes russes du front de Donetsk. Il ne semble pas que des forces ukrainiennes soient disponibles pour mener une offensive vers le sud. Cependant, plusieurs actions ont déjà été entrepris et arrêtées ou bien parce que les ukrainiens ont fait demi-tour oubien parce que l'artillerie russe les a détruit.

En dehors du front

L'armée russe mène presque de façon permanente des bombardements par drones et par missiles de toutes classes pour détruire les concentrations de matériel et de troupes, mais aussi des infrastructures permettant le soutien de la guerre. Les ukrainiens prétendent que la majeure partie de ses bombardements sont évités parce que la défense aérienne ukrainienne détruirait les assaillants. Lorsqu'ils acceptent une destruction "russe", il s'agit toujours d'un immeuble résidentiel, de toute façon jamais militaire ou servant à la conduite de la guerre. Les rapports ukrainiens, et occidentaux indiquent toujours quelques victimes civiles. A plusieurs reprises, on a noté que cette destruction annoncée a été le fait d'un missile ukrainien antimissile qui a raté son objectif.

De son côté, les russes communiquent sur des bombardements massifs de 80 à 140 missiles ou drones et que "tous les objectifs ont été correctement atteints". Il ne faut donc pas prendre à la lettre ce genre d'informations

De leur côté, les ukrainiens mènent des opérations de sabotage terrestre sur le territoire russe. Plusieurs drones ukrainiens ont été découverts près de Moscou. Ils se seraient écrasés au sol sans intervention de la défense russe et les causes ne sont pas connus. Plusieurs sabotages ukrainiens ont eu lieu assez loin de la frontière, notamment à Belgorod à l'Est et à Bryansk au Nord. Plusieurs essaims de drones aériens ou navals et de missiles ukrainiens ont été envoyés sur la Crimée, sur le port de Sébastopol notamment. Mais il semble que leur taux de réussite n'a pas été remarquable. Les Ukrainiens semblent ne pas avoir retenté la destruction du pont de Kersh reconstruit depuis.

La propagande occidentale insiste sur les livraisons d'armes à l'Ukraine, d'une centaine de chars Léopard principalement. On sait que quelques canons et lance-roquettes ont été livrés et que l'Otan manque de munitions à livrer au front ukrainien. Le soutien américain est cependant très élevé au plan du renseignement - satellitaire notamment - mais aussi au plan de la formation de nouvelles troupes pour le front ukrainien. Très clairement, des "contractants" civils sont livrés aux forces ukrainiennes notamment pour l'utilisation d'armes Otan techniquement "difficiles". Ce serait le cas pour des missiles sol-air, notamment Patriot, mais aussi pour de futures livraisons de chasseurs américains de marque F-16.

La Grande-Bretagne s'est récemment vantée d'avoir livré des obus à uranium appauvri que les Russes considèrent comme des armes nucléaires "sales" du fait de leur dangereuse radioactivité de longue durée. Il semble que ces obus soient réservés aux quelques chars "Challenger" dont on sait que le Royaume-Uni rechigne à les laisser atteindre le front, craignant qu'ils puissent tomber aux mains des Russes. Il n'est donc pas certain que des obus "sales" soient utilisés avant longtemps sur le front. De manière générale, certaines sources estiment que l'Otan dégraderait les performances des armes et munitions livrés aux ukrainiens, pour éviter que la Russie puisse capturer des données technologiques sur ces armes.

Les américains viennent d'annoncer que 20.000 russes ont été tués "depuis le mois de décembre" ce qui ne signifie pas grand chose. Cependant, dans l'affaire des "fuites du Pentagone" mettant en scène un garde national américain, Texeira, des chiffres extrêmement élevés de pertes ukrainiennes seraient en la possession du Pentagone. La communication américaine exhiberait un chiffre de 20.000 tués russes pour alimenter les médias occidentaux et "contrebalancer" les "fuites du Pentagone". Pour dire un mot sur ces "fuites du Pentagone", on ne peut s'empêcher de trouver étrange la quantité élevée de documents militaires secrets entrés en possession d'un simple soldat de la Garde Nationale américaine. Tout porte à croire qu'il s'agit d'une opération à l'usage de la propagande occidentale pour faire accepter à son opinion publique une fin prochaine du conflit.

Selon certaines sources, quelques canons français César auraient été livrés récemment en provenance de pays nordiques. Peut être de la Norvège.

Plusieurs officiels militaires américains (général Milley) ou d'autres pays de l'Otan (général polonais Andrzejczak), avertissent que l'Ukraine est arrivé à un point "haut" dans son conflit avec la Russie et qu'elle ne pourra aller au-delà.

La propagande occidentale s'intensifie pour dépeindre le conflit comme un acte désespéré d'un autocrate à demi-fou, sans aucun soutien du peuple russe et qui serait trahi par la Chine qui soutiendrait l'Ukraine. Celle-ci envoie en effet un ambassadeur à Pékin. La presse occidentale agite des informations sans aucune substance concernant des difficultés logistiques russes et des oppositions politiques à la guerre ou encore un manque terrible de munitions et de matériels militaires. Les faits ne prouvent aucune de ces informations répétées depuis le mois de février 2022.



Revue C-Politix (c) 24 Avril 2023