La Russie décrète une première mobilisation partielle1 - L'Etat du monde à la veille de la mobilisation russeC'est un tournant dans le conflit qui oppose la Russie et ses alliés à l'éhégémonie américaine. Il ne faut pas se tromper. La Russie n'est pas isolée dans son combat pour un monde multipolaire. La Chine, sur Taïwan et la Mer de Chine a sûrement les mêmes revendications que la Russie sur l'Ukraine : ces deux grands Etats disent aux USA de ne pas se rapprocher trop près de leur frontière. Dans une mesure moindre, plusieurs autres alliés de la Russie disent la même chose : l'Inde d'abord, puis l'Iran, la Turquie, l'Arabie Saoudite, l'Algérie, les Etats d'Afrique centrale, le Brésil, ... Les Etats-Unis peuvent compter d'abord sur l'Europe. S'y ajoutent des Etats complètement dépendant des USA comme le Japon, la Corée du Sud, l'Australie, le Canada et le Mexique. C'est à peu près tout. Et les alliés des USA sont très faibles, malgré leurs apparrences. Si nous prenons l'Europe, ces Etats sont très endettés, n'ont plus de moyens militaires et des moyens industriels réduits pour plus de la moitié d'entre eux. Pire encore, leurs populaces, sans aucune cohésion nationale, sont complètement incapables du moindre effort de guerre. Ces populaces avachies, ignares, soumises à une propagande éhontée, sont juste capables de défiler un samedi après-midi, "pour soutenir la démocratie en Ukraine", avant de partir pique-niquer dans les bois de banlieue le dimanche. Quant à la puissance des Etats-Unis, elle est des plus douteuses. Beaucoup d'argent, mais qui ne leur appartient pas. Une industrie dont on dit qu'elle se suffit à elle-même. C'est possible. Mais, les USA ont perdu toutes leurs guerres depuis 1950. Beaucoup d'ogives nucléaires, de satellites militaires, d'avions aux performances de papier inédites. Peu de soldats capables de combattre. 2 - Une mobilisation russe réclamée en Russie depuis longtempsC'est dans ce contexte que, au lendemain d'une retraite rapide face à une faible offensive des troupes de l'Otan en Ukraine, Poutine décide de lancer une première loi de mobilisation limitée. Selon une estimation du Ministère de la Défense russe, elle produirait envirion 300.000 combattants pour intervenir au Donbass. Poutine fait ici plus que doubler les moyens militaires qu'il a engagé depuis six mois. On observe que, dans une mesure limitée, Poutine avec sa mobilisation partielle, répond aux récriminations de la majorité des russes, élites et peuples confondus. On reprochait au gouvernement de la Russie de ne pas engager assez de moyens pour défendre les russes d'Ukraine. Bien entendu, les média de propagande occidentale ne font que relever les récriminations commanditées de l'opposant salarié de la CIA, Alexeï Navalny. Cependant, cette unanimité des peuples russes derrière leur Etat ne doit pas faire oublier qu'en 1914, les français hurlaient "à Berlin !", quand les allemands hurlaient "Nach Paris !" Celui qui lance une guerre ne sait jamais le résultat de son initiative. Mais celui qui ne la lance pas, sait comment il va la perdre. 3 - Une mouvelle étape ou une guerre en Europe ?La nouvelle phase de guerre - est-ce encore une opération militaire spéciale ? - semble avoir identifié un nouveau belligérant : l'OTAN réduit aux USA et à la Grande-Bretagne. Mention doit être faite de l'Allemagne, mais surtout de la Pologne et des Etats Baltes. Manifestement, les russes ont identifiés des éléments militaires non ukrainiens dans les troupes de l'offensive de Kharkov. La confrontation directe avec l'OTAN deviendrait inévitable si les troupes russes reprennent l'initiative militaire et poussent jusqu'au GQG des forces otaniennes à Kiev, où si les troupes russes capturent des troupes de l'OTAN non ukrainiennes. Mais, la mobilisation décidée aujourd'hui ne devrait pas être militairement effective avant trois mois. Poutine a précisé que les recrues seraient d'abord affectées à des camps d'entraînement. Même s'il s'agit d'anciens conscrits, ayant une véritable formation militaire, une remise à niveau de trois mois paraît minimale. Il existe enfin un certain délai pour rendre opérationnelle la fourniture de matériels militaires, aujourd'hui très complexes, avec des recrues, certainement pleines de bonne volonté, mais qu'une formation doit absolument atteindre. Il en résulte que l'OTAN dispose de trois mois pour effondrer le front russe. On notera que sont exclus les étudiants et les employés de l'armement. Dans la mobilisation partielle, sont inclus surtout les anciennes recrues etdéjà formées depuis quelques années, et aussi les nouvelles recrues en cours d'instruction. Le décret de mobilisation prévoit les contrats d'engagement et l'éide sociale associée. On remarquera que Poutine a rencontré le 20 Septembre 2022, la veille de son décret de mobilisation partielle, les dirigeants des entreprises d'armement. Il leur a demandé si l'industrie pouvait soutenir un effort de guerre supplémentaire. Notamment, Poutine est conscient du fait que l'industrie russe doit être capable de se passer des composants occidentaux. Il est certain qu'il a posé la question à ses fabricants d'armes. Par ailleurs, on sait que les USA sont déjà en train de puiser dans leurs réserves stratégiques pour approvisionner les Ukrainiens. Ces derniers qui fournissent la chair à canon, ont certainement perdues leurs meilleures troupes et il leur faut compter maintenant sur la "vaillance" de civils raflés dans les campagnes. Il en résulte que l'OTAN aura besoin d'utiliser les troupes des armées baltes et polonaise, et peut être d'autres pays. La meillleure armée aujourd'hui en Europe est certainement l'armée française. Or, pour l'engager, la situation politique française est loin d'être fameuse... Mais, clairement on hésite entre nouvelle étape de l'opération spéciale en Ukraine ou guerre européenne. 4 - La prochaine guerre ou étape de guerre aura lieu en hiverDes considérations ci-dessus, on peut déduire que la prochaine offensive russe aura lieu cet hiver, soit fin décembre ou début janvier 2023. Bien entendu, cette prévision peut être bouleversée aussi bien par une nouvelle offensive otanienne que par une offensive russe pour profiter des derniers beaux jours. Mais de telles offensives ne pourraient pas défaire le cours des armes. Comme on ignore encore si le cours des événements va élargir ou non le théâtre des opérations, on ne peut pas facilement imaginer ce qu'il va se passer. Des choses fort désagréables de toutes façons. Mais qui apparaissent éclairer le futur de la caste dirigeante occidentale qui a besoin d'aggraver la crise occidentale pour conserver le contrôle. 5 - Quels objectifs pour les russes ?Certainement les mêmes qu'au début de l'opération spéciale : détruire les forces ukro-nazies, contraindre l'OTAN à reculer en Ukraine, imposer un statut autonome ou indépendant dans le Donbass. Mais, les Russes savent que maintenant Kiev est un QG local de l'OTAN. L'armée ukrainienne dotée de missiles de plus de 500 kilomètres de portée, le territoire de la Russie devient une cible depuis tout le territoire ukrainien jusqu'au delà de Lvov. De plus, excité par l'OTAN, le pouvoir kiévien se laisse emporté par une stratégie agressive, pariant que l'Ukraine recevra les moyens nécessaires de l'OTAN. Zelinsky ne suivrait pas cette voie si les USA ne l'en persuadaient pas. Les Russes n'ont pas d'autre choix que de détruire le régime kiévien ou à tout le moins le réduire à une quantité le rendant inoffensif. Ils ont donc deux voies non exclusives l'une de l'autre :
Mais ce choix stratégique ne tient pas compte de l'OTAN. Le problème, c'est que la pensée tremble d'imaginer le seul moyen pour la Russie de résoudre son problème. Il lui faudra éliminer l'OTAN des Etats baltes, de la Pologne et au moins jusqu'en Ukraine, avec une interrogation sur la Hongrie et surtout sur la Roumanie. C'est d'une autre guerre qu'il s'agit. C'est surtout revenir aux années 1990 quand l'OTAN bombardait la Serbie sous les yeux d'une Russie impuissante. Pourtant on ne rejoue jamais l'Histoire. Notes et commentairesOn a utilisé les sources suivantes :
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