La bascule de Pâques. Occident américanisé et effondrement

Philippe Brindet - 08/04/2026

L'agression de l'Iran par l'alliance bizarre des Etats-Unis et d'Israël - un Etat obèse et une entité minuscule dont on ne sait lequel guide l'autre - est en train de prendre un tour particulièrement pervers. Les Israéliens tentent désespérement de se faire oublier tandis que les américains vantards affirment que les Iraniens, "suppliant Trump" de leur concéder une trêve, sont effrayés par leur puissance militaire. L'effet des bombardements aériens des "bizarres alliés" sur l'Iran est encore très peu évalué de manière indépendante. Il est clair que ces bombardements n'ont pas été sans effet. Mais, ils n'ont peut être pas eu les effets "vainqueurs" que disent les "bizarres alliés".

Quant à réellement exécuter une escalade du conflit en allant au-delà de bombardements aériens aux explosifs classiques, les américains sont partagés entre la volonté de faire croire - à qui on ne sait - qu'ils vont débarquer à Téhéran, ou encore qu'ils vont libérer la navigation dans le détroit d'Ormuz - bloquée essentiellement par la hausse des primes d'assurance maritine décidée par les anglais. Or Téhéran est à 700 kilomètres du Golfe Persique. Les américains ne sont pas près d'y arriver.

Certains analystes imaginent que Trump le 28 février 2026 a fait la même erreur que Poutine le 28 février 2022 : sous-estimer son adversaire. Or, il se trouve que "idéologiquement" - ce qui est devenu d'ailleurs un luxe devant l'llettrisme des dirigeants occidentaux - la classe dominante occidentale, tant américaine qu'européenne, déteste autant Trump que Poutine. Ce qui suffit à substantifier la comparaison de la sous-estimation prétendue.de l'un ou de l'autre.

Ce qui est certain, c'est que Trump méprise les pouilleux des déserts iraniens et tout autant leurs soutiens russes, chinois ou coréens. Il a complètement méprisé la crise économique qu'il a causé en détruisant 50% du commerce du pétrole et de ses dérivés : gaz, fertilisants, hélium, acide sulfurique, aluminium, ciments, .... Ce qui lui arrive maintenant, c'est que les "pouilleux du désert" sont toujours aussi actifs en termes de bombardements par drones et missiles tandis que ses propres arsenaux se vident dangereusement.

Plus grave, d'abord courroucés par sa décision solitaire d'attaquer l'Iran, les vassaux de Trump - qui le haïssent, mais le craignent encore - sont maintenant furieux devant la crise économique qui semble ne faire que commencer : hausse des prix de l'énergie, pénuries plus ou moins prononcées en carburant, hausse des prix alimentaires, ... L'or a perdu 25% de son cours en un mois. Dubaï est en passe de ne plus avoir une goutte d'eau potable.

Que va t'il se passer quand les derniers missiles Patriot et autre Tomahawks auront été tirés - ce qui pourrait prendre encore un mois - et que les vassaux obséquieux vont devenir des créanciers réclamant leur dû ?

Que va t'il se passer si Trump, Rubio et Hegseth - contre l'avis de Vance - lancent une opération terrestre pour "se faire respecter par tous ces pouilleux" ... ? Et qu'il n'arrivera rien de mieux que trente mille morts américains et la réduction au silence de la "formidable" armada, prudemment retirée à 1.000 kilomètres des côtes iraniennes ?

Que va t'il se passer quand la Turquie, la Syrie, l'Egypte, qui sais-je encore, vont découvrir que le "maître" américian ne peut plus rien pour protéger l'Etat d'Israël haï depuis son origine ? Israël était protégé par la formidable réputation de son "maître" américaine. La perte de cette "réputation" pourtant déjà bien fatiguée, bien usée, met en grand danger Israël. Et Israël est en grande partie responsable de l'aventure dans laquelle Trump s'est laissé aspirer.

Seule la Chine peut, peut être", le sauver. Lui .Trump. Et peut être pour le "business" dont Trump est un expert et qui est essentiel à l'esprit chinois.


Revue C-Politix (c) 8 Avril 2026