La guerre mondiale se rapproche

Philippe Brindet - 08-06-2026

Depuis le début de 2026, la guerre en Ukraine a changé : l'inévitable victoire de Poutine s'est dégradé en possible et même improbable ...

Que s'est il passé ?

  1. Trump à Anchorage a conforté l'occidentalisme de Poutine et la haine des européens à l'encontre du même Poutine.
    Poutine est souvent imaginé par les "occidentaux" comme un "oriental". Il est donc un barbare sorti des steppes comme Gengis Kahn. Il est donc une menace pour l'Occident comme l'ont été Attila, Tamerlan, Gengis Kahn, Staline, ...
    C'est une caricature sans aucun fondement alors que le personnage est simplement commun. Poutine est un Russe qui a été recruté en 1992 - alors qu'il était un obscur chef de service à la mairie de Saint-Pétersbourg pendant le "règne" de Eltsine - par les américains du World Economic Forum. Comme ils ont recruté à la même époque Merkel, Sarkozy et Bill Gates. Comme ils ont recruté plus récemment Macron, Von Der Leyen, Baerböck ou Merz. Dans ce recrutement, les américains - au sens du WEF ... - ont parfaitement identifié que l'individu Poutine a complètement intériorisé la contrainte du commerce comme sommet de la civilisation globale. Autrement dit, comme Macron ou Merz, comme Starmer ou Tusk, Poutine est un mondialiste qui estime que les seuls individus qui vaillent la peine de fréquenter sont ceux qui pensent que l'activité humaine supérieure consiste à faire des affaires à un niveau mondial. Et essentiellement sous la forme d'un partenariat public - privé.

    Mais, à la différence des autres "recrues" du WEF qui d'ailleurs contrôlent le monde occidental actuellement et dont la vulgarité n'a de comparable que l'inculture, Poutine a aussi un véritable dessein politique. Comme les meilleurs chefs d'Etat du passé, Poutine en plus d'être un mondialiste, est aussi un nationaliste russe avec une ambition caractérisée pour son Pays.

    Comment fait-il pour combiner ces deux profils absolument incompatibles ?

    Il a donné une réponse, peut être pour la première fois à la Conférence pour la Sécurité à Münich en Juillet 2026. Il a répété son ambition presque à chaque fois : les diverses acteurs du monde sont condamnés à être des partenaires égaux en droits, libres et fraternels. Liberté, égalité, fraternité ... mais seulement pour les agents du mondialisme. Et ceci exige le multilatéralisme, chaque partenaire étant libre de "contracter" avec qui bon lui semble sans jamais demander la permissions ... aux américains !

    Le régime russe ne cesse, encore aujourd'hui, de répéter que les Etats occidentaux sont des "partenaires". Les gens en Occident ne comprennent pas le mot, ne l'écoutent même pas tant ils méprisent Poutine.

    De ce fait, pour les occidentaux, il faut que la Russie soit détruite. Pas battue. Détruite. Démantelée. Cette psychiatrie meutrière anime tous les dirigeants occidentaux : financiers, politiciens, médiacrates. Et celà Poutine et son régime ne semblent pas le savoir. Peut être qu'ils imaginent que la possession de l'arme nucléaire les protège de la haine occidentale. Ils ont tort. Les "Occidentaux" qui sont environ 1 milliard actuellement, sont disposés à perdre 90% de leur population qu'ils considèrent comme des individus en surnombre sur la planète. Passer de 1 milliard à cent millions en une seule explosion nucléaire metrait fait à leur patiente destruction des peuples occidentaux, destruction à laquelle ils se livrent méthodiquement depuis 70 ans : destruction de l'agriculture, de l'industrie, de la médecine, de l'instruction, du travail ... organisation d'épidémies et de maladies induites par les comportements modernes, ... Une bombe nucléaire russe (ou chinoise) hâterait heureusement leur labeur inexorable.

    Poutine est persuadé du contraire. Il imagine que les "occidentaux", revenus d'un moment d"égarement, comme avec le coup de Maïdan de 2014 (!), vont revenir à la négociation de profitables partenariats avec les russes : sur le gaz, le pétrole, les moteurs d'avions, etc.

    Le "drame" d'Anchorage, c'est que Trump croit lui aussi au "business". Il est prêt à racketter les plaines ukrainiennes avec Poutine vainqueur. Et Poutine, ravi de sa "proximité" avec les "américains", semble confondre les américains avec le pitoyable, mais flamboyant Donald. Poutine est toujours persuadé que les Allemands de Merz vont lui demander de rouvrir Nord Stream et que la paix viendra inéluctablement !... C'est ce que j'appelle l'occidentalisme de Poutine alors que les "américains", aujourd'hui surtout les européens, le haïssent viscéralement. Un peu le complexe de Rantanplan ...

    La guerre en Ukraine ne peut se terminer ... avant la destruction de la Russie.
  2. Probablement dirigé et soutenu par le deep state US (dans le dos de ce gros balourd de Trump) et par l'UE écumant de rage guerrière, Zelinsky a généralisé les raids de drones aériens et navals sur la Russie, appliquant une forte contrainte sur la logistique, l'armement et l'énergie russes.
    Les drones "ukrainiens" font un travail remarquable à la fois dans les territoires ukrainiens occupés par les russes et loin à l'intérieur de la Russie. Il est très vraisemblable que ces drones sont fabriqués et contrôlés par les occidentaux européens d'abord, mais aussi par les services spéciaux américians, même si Trump laisse croire qu'il se désintéresse de cette guerre. D'après les informations libres dont je dispose, ces drones "occidentaux" sément le chaos dans les lignes logistiques maritimes et routières en Crimée et dans le Donbass.

    De plus, leurs raids incessants sur les sites pétroliers et gaziers russes, stockage, raffineries, notamment est en train de créer des pénuries à la fois en Russie même - interdiction de l'exportation de kérozène d'aviation jusqu'à nouvel ordre - que dans les territoires occupés en Ukraine - interdiction des déplacements civils pour rationnement d'essence.

    Presque chaque nuit, les ukrainiens parviennent à envoyer des raids de 250 à 350 drones jusqu'à 2.500 kilomètres à l'intérieur des frontières russes. Cette production et ce contrôle des drônes sont interdits aux ukrainiens. Il est donc certain - mais non prouvé .... - que les agents de la "dronisation" du conflit sont les occidentaux.

    L'incapacité de l'armée russe à stopper cette campagne fait peser un grand danger sur l'avenir de la Russie. Il semble que le régime russe se limite à prendre des mesures de rétorsion du genre oeil pour oeil ... complètement inefficaces devant la folie guerrière des occidentaux.Ces derniers ne s'arrêtent pas au fait que "l'oeil" de leurs civils ait été "crevé" en mesure de rétorsion. Ils s'en fichent. Poutine ne semble pas le comprendre.

    Or, l'"inquiétude" sur l'avenir de la Russie est, de ma part, une simple figure réthorique. Nous ne disposons d'aucune preuve que la menace nucléaire russe serait usurpée ... Bien avant la fin de la Russie, Paris, Londres, Berlin seront rasés. Sincèrement, je préfèrerai que les Russes trouvent une parade efficace aux drones "ukrainiens" avant ...
  3. L'armée russe semble se cantonner à une guerre stationnaire sans amplitude tactique. L'opération militaire spéciale devient une opération de police de maintien de l'ordre. Un peu brutale, mais de simple police.
    Jusqu'en 2025, le piétinement de l'armée russe s'interprétait aisément dans une volonté d'user à la fois l'Ukraine et les occidentaux qui l'assistaient, sans agresser les occidentaux qui auraient alors un prétexte d'entrer dan sla guerre.

    Cette attitude, renforcée par le fait que les russes imaginaient que leur intervention n'était pas "une guerre" mais une "opération militaire spéciale", est responsable de l'enlisement de la guerre. Les russes sont en réalité tombés dans le même piège que les occidentaux : considérer que la guerre n'est que du maintien de l'ordre à l'extérieur, tandis que la police serait le "maintien de l'ordre à l'intérieur". La "symétrie" des situations est "élégante, mais elle ne constitue pas une preuve. L'attitude qui consiste à traiter l'ennemi comme un malfaiteur - ou à tout le moins comme un vulgaire fauteur de troubles - est une insulte aux peuples emportés dans la tournment de la guerre.

    L'"opération militaire spéciale" n'aurait eu de validité qu'en débouchant sur une cessation rapide. Ce qui a été le cas avec la négociation d'Istanbul d'avril 2022. C'est à l'intervention de Johnson que tout dérape. Les porotagonistes étaient devenus des belligérants. Et c'est belligérants - j'entends américains et europénes - refusaient par mépris de se reconnaître tels. Une telle guerre stationnaire interdit à l'armée russe d'atteindre les objectifs qui lui étaient assignés en Février 2022 : détruire l'appareil militaro-industriel de l'Ukraine, annexer l'Est de l'Ukraine : Chernigov, Sumy, Kharkov, Lougandsk Donetsk, Zaporijzia, et Odessa. Puis, la situation empirant, les oblasts à l'est du Dniepr comme Dniepropetrovsk. L'armée russe est à des années-lumière de ce résultat.

    Les optimistes et les "guerriers" estiment que l'UE ne sera prête à une guerre qu'en 2030. Aussi, il reste peu de temps.

Que peut-il se passer ?

Le plus probable :

une guerre européenne, s'étendant d'abord au proche orient d'Israël à l'Iran en passant par les Etats du Golfe, puis à la Chine allant de la Sibérie (russe) jusqu'à l'Indonésie (musulmane).

Pour éviter cela, l'armée russe doit annihiler l'Ukraine avant l'automne. Après cette date :

  1. les neocons US avec Rubio et Hegseth auront repris le contrôle de la stratégie de destruction de la Russie, actuellement modérée par Trump et Vance ;
  2. l'UE se sera suffisamment armée pour présenter un danger militaire pour la Russie.

Et le risque, c'est que la faiblesse russe contraigne Poutine à la destruction nucléaire de l'UE. Et avec la Chine et l'Iran, à la destruction nucléaire des US.

La bombe nucléaire n'est pas l'arme du fort. C'est celle du faible qui ne parvient pas à se faire respecter. Et il existe de nouvelles armes du "faible" :

  • la guerre microbiologique : bactéries, toxines, virus, ...
  • la guerre énergétique : pénuries d'electricité, de gaz, de pétrole, ...
  • la guerre des communications avec la destruction de l'Internet et du GPS.

Le plus improbable :

un épuisement de la guerre mondiale parce que l'occident en aura perdu les moyens industriels, humains et militaires ou par une immense guerre civile produite par le progressisme woke qui contrôle aujourd'hui l'occident. Les Russes, les Chinois et les Iraniens n'auront qu'à observer la destruction gratuite.


Revue C-Politix (c) 8 Juin 2026