La mort de Jean-Marie Le PenJean-Marie Le Pen est mort à l'âge de 96 ans. Il y a quelques années, il avait été poussé à l'écart de la vie politique et par son âge et par sa fille, Marine Le Pen, qui a pris autoritairement sa suite. Ceci , et d'autres péripéties exploitées par ses adversaires et ennemis politiques, occupent principalement les nombreuses manifestations qu'ont suscitées les annonces de sa disparition. Et ces manifestations hésitent entre l'ignominie et la minoration de l'importance historique de Jean-Marie Le Pen. En fait, pendant de longues années, il a été le seul représentant français du nationalisme. Alors que tous les politiciens français, qu'ils soient au pouvoir ou non, crachaient sur les institutions républicaines, violant la démocratie et privant la nation française du développement qu'elle avait amorcée depuis les années terribles de la Deuxième Guerre mondiale. Or, le nationalisme qui était la fondation même du gaullisme, était intensément déprécié dès son premier successeur, Giscard d'Estaing. On sait depuis que cette dépréciation a depuis évolué vers un bannissement terroriste qui cependant, commence peu à peu à s'étioler, grâce à l'action politique de quelques uns et à l'échec politique des autres. Le nationalisme de Jean-Marie Le Pen était initialement du patriotisme. Il évolua en souverainisme lorsque l'"atlantisme", puis l'"européisme" progressèrent par les ravages que l'on a vu et qu'aujourd'hui, presque tout le monde découvre, parfois sans encore l'avouer. Ses dénonciations malheureusement firent haïr Jean-Marie Le Pen par ceux-là même au bénéfice duquel il faisait son travail politique. Sur ces bases difficiles, Jean-Marie Le Pen a gagné peu à peu des millions d'électeurs, démocratiquement, républicainement, alors que ceux qui géraient la République, la démocratie comme des bourgeois exploitant une chocolaterie, prétendaient qu'il n'avait qu'un ramassis de gredins sans aveu. Aujourd'hui, beaucoup de politiciens et même de médias politiques, se sont convaincus de la justesse de ses positions politiques, au moins dans leur fond, sinon dans leur forme. Le Rassemblement National de Marine Le Pen et de Jordan a indiscutablement pris la suite du Front National de Jean-Marie Le Pen, mais au prix d'une adultération des principes nationalistes, notamment sur la question européenne et sur l'atlantisme. Mais aussi sur celui du socialisme, étranger à Jean-Marie Le Pen. Beaucoup moins à ses "héritiers". Maintenant, il faut reconnaître que Jean-Marie Le Pen a commis de graves erreurs. Mais ces erreurs provenaient du fait qu'il était un homme d'avant la grande révolution sociale que fut le libéralisme américain imposé à tout l'occident, et qui a dérivé en mondialisme. Et notamment, dans la formation de ce monde ancien, il y avait quelque chose qui hésitait entre l'ironie populaire et l'effrayant antisémitisme, en fait l'anti-judaïsme. Ainsi quand il qualifia la Shoah de "détail de l'Histoire", Jean-Marie Le Pen exprimait seulement ce que pensaient réellement les combattants contre l'Allemagne hitlérienne. Mais, ses adversaires s'emparèrent de ce genre d'erreur. Les ennmis politiques de Jean-Marie Le Pen parvinrent à construire une Zone d'exclusion, le "barrage républicain", dans laquelle ils confinèrent le Front National et aujourd'hui le Rassemblement National, malgré les efforts de ce dernier pour en sortir. Et, quelque soit le caractère partisan des critiques, l'oeuvre politique de Jean-Marie Le Pen restera. , |