La politique institutionnelle en France est une honte absolue

Philippe Brindet - 19 Août 2021

Que les mesures prises par le gouvernement sous le couvert des institutions : Parlement, Conseil d'Etat et Conseil Constitutionnel, soient de nature dictatoriale, tout le monde, même ceux qui protestent contre l'évocation du nazisme, en conviennent. Mais, cette situation ahurissante, que beaucoup affectent de ne pas comprendre, certainement parce qu'ils sont plus intéressés d'apprendre quand on les autorisera à retourner en vacances à Acapulco ou à Phuket, se double d'un mépris des institutions démocratiques par ceux là même qui en sont les élus.

Déjà la scandaleuse loi dit du "passe sanitaire", loi approuvée par le Conseil Constitutionnel, et rejetée par des millions de manifestants depuis cinq samedis consécutifs sans que cela ne provoque la moindre interrogation chez les élus, était votée [1] en présence de moins de 10 % de la l'Assemblée nationale.

Comme s'ils en étaient surpris, à peine deux fois plus de députés ayant voté contre la loi du "passe sanitaire" ont déposé un recours contre la loi scélérate devant le Conseil Constitutionnel qui, à deux détails près [2], a approuvé une loi dictatoriale portant une atteinte inouïe aux droits fondamentaux garantis par la Constitution que le Conseil est pourtant chargé de défendre, mais aussi garantis par des Conventions internationales.

L'encre de ces épouvantables turpitudes n'était pas encore sèche que le régime faisait passer devant son Parlement croupion une autre loi scélérate, dite "contre le séparatisme", dans laquelle, d'un trait de plume, le droit des parents de choisir l'éducation de leurs enfants est effacé. Là aussi la loi est adoptée par l'Assemblée nationale [3] avec seulement 49 voix pour, 19 contre et 5 abstentions (sur 577 députés). Une honte générale. Et cette honte se poursuit avec un recours au Conseil Constitutionnel par un nombre de députés qui, s'ils avaient assisté à la séance de vote de la loi l'auraient rejetée !

Le Conseil Constitutionnel, peut être choqué d'être pris pour le bureau des mots d'excuse des absents, ne voit rien à redire à cette loi [4].

Deux prétextes ont servi à faire "passer" ces lois scélérates qui portent atteinte aux droits constitutionnels : le prétexte de l'urgence sanitaire qui en fait n'existe pas et le prétexte de la menace islamiste qui n'existe pas mieux.

Mais, la majorité des gens y croient parce que la presse lourde la matraque de nouvelles consternantes. Ainsi, il ne passe pas de jour sans que l'on ne nous apprenne que des enfants - leur nombre n'est pas pécisé - "meurent du Covid", ou que des islamistes ont assassiné je ne sais qui. Ainsi tant "l'urgence sanitaire" que la "menace islamiste" semblent des réalités terrifiantes aux gens abrutis par la presse lourde. Profitant de cette situation, le régime en profite pour avancer dans la réalisation de ses objectifs : parvenir à une domination totale de la société occidentale.

Parcourant rapidement les recours devant le Conseil d'Etat et le Conseil Constitutionnel, et en les comparant aux attendus des lois du régime, on peut constater que ces recours négligent en général de démonter les prétextes qui fondent les lois qu'ils tentent de faire abroger. Messieurs les avocats, si vous estimez que la menace islamiste est forte ou que l'urgence sanitaire est terrifiante, ne recourez pas contre les lois du régime. Soumettez-y vous. Votre carrière sera plus agréable et nous perdrons moins de temps à combattre le régime.

Ce qui est terrible, c'est de voir que ces opposants imaginent défendre la liberté, l'égalité et même la fraternité en agitant vainement des principes inscrits dans la Constitution ou dans les conventions, mais que leurs maîtres ont vidé de leur substance à l'aide de prétextes mensongers.

A quoi sert de soutenir le recours d'un petit vieux enfermé dans sa maison de retraite au nom de son droit d'aller et de venir, si l'avocat ne rejette pas le fait que l'urgence sanitaire agitée par les autorités n'est qu'un mensonge destiné justement à violer le droit du petit vieux ?

A quoi sert de faire un recours contre l'interdiction de l'école à domicile si on ne conteste pas le prétexte du séparatisme et celui du terrorisme islamiste ?

Mais la honte est celle d'un régime capable d'imaginer de telles manoeuvres pour opprimer la société libre. La honte est celle d'une députation, secrètement opposée au régime, mais qui préfère s'absenter lors des votes des lois d'oppression des citoyens. La honte est celle des membres du Conseil d'Etat et du Conseil Constitutionnel qui servent de protection à l'oppression du régime.






Quelques références

[1] LOI n° 2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire

[2] Décision n° 2021-824 DC du 5 août 2021, du Conseil Constitutionnel sur la loi n° 2021-1040

[3]Loi dite contre le séparatisme

[4] Décision n° 2021-823 DC du 13 août 2021 du Conseil Constitutionnel sur la loi dite contre le éparatisme.





Revue C-Politix (c) 19 Août 2021