La question de l'UE face au cas Orban

Philippe Brindet - 14/04/2026

Les élections législatives en Hongrie ont amené la défaite de Viktor Orban et de son parti Fidesz après 16 ans de pouvoir en quatre mandats consécutifs.

Or, la chose est de réputation, l'Union Européenne était prête à tout pour empêcher un cinquième mandat de Orban. Par exemple, Thierry Breton, l'ancien commissaire européen, avait déclaré que l'union européenne ferait annuler les élections si Orban se maintenait au pouvoir. Or, cette déclaration n'est pas sans substance puisque, en décembre 2024, l'Union européenne a fait invalider la présidentielle en Roumanie. Election qui a du être recommencée et qui a vu la victoire du candidat ... désigné par Bruxelles.

Pourquoi l'UE refuse le régime de Orban ?

Il y a de nombreuses raisons que l'on peut résumer ainsi :

Orban n'est pas un politicien de pouvoir. Il ne lui suffit pas d'atteindre le pouvoir. Il a une philosophie politique qu'il ne se lasse pas d'exposer. Et de mettre en oeuvre. De ce fait, Orban est assez facilement prévisible contrairement à un politicien qui ne dit rien de ce qu'il veut faire et qui au contraire flatte les puissances qui pourraient gêner son accession ou son exercice du pouvoir. Les points urticants que le régime européiste se fait infliger par Orban sont les suivants :

  • nationalisme hongrois basé sur l'identité hongroise, catholique et ancré au centre de l'Europe plus que de l'UNion Européenne, avec un tropisme pour les familles, les associations nationales, ... ;
  • conservatisme sur les questions de société comme le mariage, l'euthanasie, le wokisme, l'immigration, ... toutes essentielles au wokisme progressiste du régime européiste ;
  • protection du marché intérieur hongrois avec partenariats industriels et commerciaux avec les USA, la Chine, la Russie,...

Toutes ces positions politiques hérissent le poil du moindre européiste et suffiraient à provoquer sa haine à l'encontre d'Orban. Et du bas de la hiérarchie bruxelloise, jusqu'à la tête allemande, c'est la haine qui caractérise l'attitude de l'Union européenne à l'égard de la Hongrie de Orban. Mais, il y a plus. Orban a mené plusieurs opérations politiques contestant la tyrannie du régime européiste. Notamment :

  • Orban a mené une réforme de l'institution judiciaire hongroise pour la rendre plus indépendante des organisations judiciaires du régime européiste ;
  • Orban a pris des mesures pour bloquer l'immigration qui venait de ses forntières non-européenne, souvent du Proche-Orient et dirigée par la Turquie ;
  • Commerce d'hydrocarbures - mais pas seulement - ave la Russie en violation du blocus européen ;
  • veto contre l'attribution d'un fonds européiste à l'Ukraine en rétorsion d'une destruction d'oléoduc entre la Russie et la Hongrie.

La réaction politique du régime européiste à la philosophie politique et à la politique d'Orban

Le caractère réactionnaire des actions idéologiques du régime européiste est particulièrement frappant à la fois dans les déclarations politiques des dirigeants européistes et dans les analyses ahurissantes de stupidité de la médiacratie de sorte que l'opinion publique est largement conditionnée contre Orban, sa philosophie et sa politique. N'ayant pas d'analyse des publications hongroises - en dehors de quelques discours de Orban ou de ses alliés parus en anglais, je suis en difficulté pour estimer la part de la réaction idéologique européiste dans l'orientation des électeurs hongrois qui ont très majoritairement sanctionnés Orban.

Cependant, pour autant que la réaction politique du régime européen ait été diffusée largement en Hongrie, ce qui est la plus vraisamblable, son effet sur l'élection est incontestable et constitue en soi une ingérence d'une puissance étrangère dans les résultats d'une élection majeure.

En se limitant à quelques titres d'articles de la presse occidentale wokiste - entièrement dans le camp politique du régime européiste - on ne peut que constater la puissance de la réaction européiste. Voici quelques titres évidents :

Plusieurs sources ont démontrée une ingérence depuis plusieurs années de la part du progressisme woke, et particulièrement de mouvances du régime européen. Citons :

Aspects idéologiques et géopolitiques de l'action européenne contre la Hongrie de Orban

Au point de vue idéologique, la réaction anti-Orban de l'Union européenne est radicalement la lutte à mort du progressisme woke pour faire disparaître toute trace de l'ancienne civilisation occidentale que Orban avait parfaitement conscience de défendre et même d'illustrer. Le progressisme woke n'a pas d'autre objectif que la destruction complète de la civilisation occidentale fondée sur mille ans de la Grèce et de Rome et sur les deux mille ans de christianisme. Le wokisme ne cherche aucune construction. Seulement détruire. Nier. Tuer.

Issu de l'ancien progressisme matérialiste, le wokisme a détruit les nations européennes, détruit le christianisme qui n'est plus que l'ombre de lui-même. Il a détruit les sociétés anciennes, les familles notamment. Il a détruit le travail comme source de création de richesses et de valeurs. Mais il a aussi détruit l'agriculture, l'industrie, l'énergie. Il a détruit l'instruction, la culture. Il a détruit les institutions politiques occidentales qui se survivent de plus en plus difficilement : services publics, entreprises privées, justice, police, finances.

Les occidentaux sont de plus en plus pauvres et ils n'ont plus de raisons de vivre ensemble. On ne vit pas ensemble dans un champ de ruines et de destruction. Ce vivre ensemble ne peut plus arriver sauf si on reprend les moyens politiques et culturels de l'Occident. Ce que Orban avait conscience de tenter à sa manière.

Un trait de la politique européenne est très révélateur de cette lutte à mort. La Hongrie de Orban avait trouvé le soutien de l'Amérique de Trump. Parce que les deux mouvements, le hongrois et l'américain, avaient perçus la destruction radicale qu'opère le progressisme woke. Ce wokisme si typique de Obama et de Biden et qui avait le vassal assentiment du wokisme européiste. Au contraire, les américains Rubio et Vance sont venus soutenir la campagne électorale de Orban. Ils ont ainsi montré la parenté entre les deux mouvements.

Mais cette rencontre a déchaîné la haine destructrice du wokisme. Orban, plus faible, a été emporté ce qu'il n'avait peut être pas évalué correctement. Trump et son mouvement Maga ont perçu la toxicité du wokisme. Et grâce à Musk et son intiative DOGE qui, cependant n'a peut être rien compris, ils ont porté un coup fatal au wokisme occidental, qu'il soit américain ou européen. Ils ont coupé certains de ses financements. Orban l'a tenté aussi, mais peut être moins conscient de l'ampleur du problème financier, il n'a pas réussi à épuiser la richesse de la corruption woke. L'Amérique y parviendra t'elle ? Ce n'est pas sûr, mais c'est nécessaire.

Le mouvement MAGA est en train d'apercevoir un autre danger. Et ce danger s'appelle Trump qui développe lentement ce que l'on peut appeler une déconnexion avec la réalité. Et qui pourrait même être un problème psychiatrique. Problème qui va devenir le danger mortel de destruction du mouvement MAGA - Trump, cible lui aussi de la haine mortelle du progressisme woke. Mais ceci est une autre histoire.

Le rôle de son successeur Magyar

Peter Magyar est un parfait inconnu en politique hongroise. Il a été soutenu et propulsé par des services spéciaux européistes. On lui a promis le pouvoir s'il renonçait aux motifs politiques d'Orban.Motifs qu'il partageait et même promouvait de l'intérieur du parti de Orban, le Fidesz.

Magyar va se trouver confronté à un dilemme. Ou bien il conserve l'idéologie fondamentale du Fidesz de Orban, ou bien il se comporte en Gauleiter à la solde de Von Der Lyden et de Merz. Seulement, l'occupant nest pas plus allemand qu'autre chose. Il est "woke". D'où le dilemme qui va vite être levé.

Le premier signe sera dans l'épuration de l'administration hongroise et de ses liens, parfois douteux, avec des entreprises privées hongroises. S'il engage la "lutte contre la corruption" exigée par Bruxelles, y compris en mettant son institution judiciaire à la solde de Bruxelles, alors il aura démontré sa soumission au wokisme européen.

Le second signe sera bien entendu, l'abandon définitif du pétrole russe suivi de la levée du veto hongrois sur le versement du fonds bruxellois de 92 milliards d'Euros pour l'achat par l'Ukraine de matériel militaire américain.

En réalité, Magyar, dans la logique de l'élection hongroise, devrait se soumettre sur ces deux signes. Mais, la géopolitique est plus compliquée encore.

Par exemple, les américains ne sont aucunement opposés à tondre les moutons de Bruxelles en recevant les 92 milliards d'Euros qu'ils retourneront en matériels militaires pourris et inefficaces. Mais qui allongeront nécessairement la guerre en Ukraine. Or, Trump a besoin que cette guerre cesse pour lancer les affaires d'exploitation commerciale de l'Ukraine en partenariat avec la Russie de façon à la disjoindre de la Chine. Et de l'Iran. Aussi, le veto hongrois arrange ses affaires et Trump ne laissera peut être pas Magyar y renoncer. Comment ? Trump seul le sait ...


Revue C-Politix (c) 14 Avril 2026