La situation de la guerre de l'Occident contre la Russie après quatre ans

Philippe Brindet - 24 Février 2026

L'évaluation est extrêmement difficile. Parce qu'il y a eu deux ou trois guerres différentes/ Successivement. Sans succès. Et que la guerre se poursuit avec très peu de chances de s'arrêter bientôt.

  • Première observation : les occidentaux sont "ravis" d'une guerre à si bon compte

    La guerre entre l'Occident et la Russie est une nécessité existentielle pour les deux camps. Lorsqu'en 1989, le régime soviétique s'effondre, l'Occident mené par l'Empire américain ne pouvait pas faire autrement que de prendre le contrôle de l'Empire soviétique effondré. C'était une condition de survie pour l'Occident. Plus de suvie politique que de survie économique, mais survie tout de même. En effet, laisser les morceaux du soviétisme libres, c'était jouer avec le feu. Le feu nucléaire qu'il fallait à toutes forces récupéré. Et puis, il fallait éviter que les immenses ressources du continent russe soient captées par l'Europe, l'Allemagne pour ne pas la nommer.

    Le Royaume-Uni ? Cele n'aurait posé aucun problème aux américians qui savent qu'ils possèdent le faible "Empire" britannique dont ils ont d'ailleurs explicitement pris la relève.

    La France ? Personne n'a plus envie de rire des boutades à son sujet.

    Alors les USA s'y sont "collés". Et ils ont absolument et honteusement pillés la Russie. Ils ont réussi à démembrer l'Europe de l'Est dont ils ont fait des colonies américaines absolument ridicules. L'exemple le plus dramatique a été l'Ukraine qui'ils ont pillé, et pillent encore, sans aucune vergogne. Y faisant une corruption à tous les niveaux qui n'a jamais été égalée.

    En Russie, les américains - la CIA pour ne pas la nommer - a installé un ancien appratchik du Comité Central du PArti Communiste, un sinistre alcoolique, qu'ils manipulaient au litre de vodka et son entourage au milion de dollars. La Russie se voyant agonisante. Plus de système financier, plus de système social, plus d'Etat ou une ombre d'Etat agité de soubresauts entre les exactions des occupants américians et les crimes du gangstérisme indigène.

    C'est alors qu'en quelques années, une partie de la classe supérieure russe découvre que si elle ne fait rien, la Russie va disparaître. Totalement. Sous les rires et les bombances des pilleurs américains assistés de leurs vassaux allemands et russes. Je crois que les français n'étaient pas conviés au butin, à la razzia. Seuls quelques uns se pressèrent à Moscou pour gerber les restes des anglo-saxons. Mais cette partie de la classe dirigeante russe, tous issus du marxisme-léninisme, se liguèrent pour chasser les occupants occidentaux de ce qui restait de la Russie.

    Le plus étonnant fut qu'ils réussirent et en 1999, ils placent à la tête de l'Etat russe l'inconnu Wladimir Poutine, que les américains étaient persuadés avoir "fabriqué" pour le meilleur de leurs intérêts. Trompés par la personnalité glaciale, mais bonhomme de Poutine, et pour d'autres raisons que j'ignore, ils abandonnèrent la Russie aux oligarques, aux gangsters et à cet olibrius de Poutine ... persuadés que Washington pourrait percevoir indéfiniment le tribut que les américains avaient décidé de prélever sur ce "pays conquis".

    L'olibrius, contre toute attente, soutenu par de plus en plus de russes, a reconquis le contrôle de la Russie en quelques années, chassant les oligarques, emprisonnant les gangsters et massacrant les rebelles musulmans excités par la CIA. Mais, malgré cela, les américains étaient encore persuadés que Poutine jouait leur jeu. Il était l'homme des américains, invité à Davos, à Münich, aux raoults stupides du Gn, ... C'est en 2007, justement à Münich, que Poutine prévient l'Occident. Il est prêt à coopérer économiquement avec l'Occident à condition que ce soit dans un partenariat équilibré où tout le monde y trouve son compte ... Stupéfaits, les occidentaux se disent entre eux que Poutine était "fou" ... et ils n'ont même pas répondu.

    Les américains ont alors accru leur prédation sur l'Europe, notamment sur les anciens "pays de l'Est" et notamment sur l'Ukraine. Celle-ci gardait des liens économiques et culturels avec la Russie. Mais, manoeuvrés par la CIA et les agences allemandes, les ukrainiens du Centre, ethniquement non russes, prirent le contrôle de l'Ukraine et devinrent de plus en plus agressifs à l'encontre des ukrainiens russes. Il y a aussi des ukrainiens hongrois, roumains et polonais, ces derniers ayant subi la répression nazie avec les juifs... La répression va croissante jusqu'en 2014, où les américains et les allemands parviennent à organiser un coup d'Etat qui consacre l'écrasement des ukrainiens russes par les ukrainiens centraux.

    A cette époque déjà, la Russie avait développé une sphère d'influence à la fois diplomatique, économique et militaire qui rayonnait de plus en plus loin de la Russie. Les américains constatant que leur razzia de la Russie était terminée sans espoir de retour, décidèrent de "contenir" la Russie, c'est-à-dire de la bannir du "concert des nations" pour ensuite reprendre le démembrement de la Russie.

    En 2022, après plusieurs mois de discussions avec les occidentaux, les russes comprennent qu'ils n'arrêteront pas la menace avec des espérances de coopérations équilibrées. L'Occident n'en veut à aucun prix. Poutine prend alors la composante militaire de l'Occident contre la Russie, c'est-à-dire l'OTAN, comme cible de son action militaire. Pour stopper l'expansion de l'Occident dans son mouvement de "Contenir la Russie", les Russes attaquent l'Ukraine. La guerre avec l'Occident est donc lancée et non déclarée. Les dés sont jetés.

    L'agression de la Russie le 24 février 2022 a été une heureuse surprise pour l'Occident. Enfin, pour les dirigeants du régime occidental. Parce que la guerre change l'environnement économique des populations occidentales. Mais, les dirigeants n'attendaient que cette agression russe pour lancer une offensive de démembrement de la Russie. Ces dirigeants ont mis beaucoup de temps à accepter que l'Occident n'avait pas les moyens militaires pour mener une offensive militaire contre la Russie. Le rôle de l'armée ukrainienne a donc été de former une offensive préalable en attendant que les dirigeants occidentaux puissent fonder une armée : selon les informations, il semblerait que ce soit en 2030. D'ici là, l'Ukraine et les armes américaines suffiront à contenir la Russie.

    Que la guerre menée par les ukrainiens est douce aux dirigeants occidentaux.


  • Seconde observation : les russes ne sont pas pressés

    C'est une observation qui exaspèrent certains analystes occidentaux. Ils craignent que cette guerre finisse par déboucher sur un conflit nucléaire. En fait, l'hypothèse du conflit nucléaire est alors centré sur l'Europe. Et c'est certainement la première fois dans l'Histoire que le risque nucléaire est centré sur notre continent. Lors de la Guerre Froide, l'Union Soviétique aurait dû lâcher ses bombes nucléaires sur l'Amérique. Aujourd'hui, en cas de conflit, l'Europe est aux premières loges pour recevoir les bombes nuclaires russes. On comprend que certains en Europe s'alarment de cette situation nouvelle.

    Mais, les Russes n'auraient pas intérêt à détruire l'Europe parce qu'elle ne menace pas vraiment la sécurité de la Russie. Même si sur le papier les forces européennes sont supérieures aux forces russes, elles ne sont appuyées ni sur une population capable d'un effort guerrier, ni sur une industrie capable de soutenir un effort de guerre. Il y a quelques jours, un dirigeant européen a émis l'hypothèse de recourir à ses migrants pour "peupler" les rangs des armées européennes ...

    Le rôle des américains est plus compliqué. Leurs forces militaires sont considérablement supérieures aux forces européennes. Donc aux forces russes ... Mais, les forces américaines ont perdu toutes leurs guerres depuis 70 ans. Et la valeur de leur armement n'est indiscutable que pour les dirigeants européens. Qui ont fondé leur politique depuis cinquante ans sur l'immense supériorité américaine. Ne plus y croire, c'est ruiner l'arrogance occidentale. Ce n'est pas demain la veille.

    De fait, les russes ne sont pas si pressés ... Ils épuisent les capacités militaires des occidentaux qui vident leurs arsenaux. Ils épuisent le réservoir humain de l'Ukraine en détruisant les armées ukrainiennes. Non, décidément les russes ne sont pas pressés ....

    En occident, certains surestiment les pertes russes. Elles sont certainement importantes. Mais, elles restent à un niveau inférieur au seuil qui déclencherait une réprobation de la population russe qui reste favorable au régime de Poutine et à la guerre en Ukraine. Par ailleurs, le soutien de la classe politique russe est largement favorable à la guerre en Ukraine, et souvent contre l'Occident. Le plus vraisemblable est que les pertes russes sont sans commune mesure avec les pertes ukrainiennes. Mais nous ne disposons pas de sources fiables à ce sujet. A la fin, nous saurons ...


  • Troisième observation : l'Occident est coupé en deux ou en trois. Et peut être davantage ...

    La situation est étrange. Les dirigeants européens qui savent parfaitement qu'ils n'ont pas déclaré la guerre à la Russie, qui n'a pas davantage déclaré la guerre contre quiconque dans cette affaire, jouent sur leur politique intérieure comme si elle était en régie de guerre. Contester la politique occidentale en faveur de l'Ukraine, contre la Russie est tenue de plus en plus comme un crime commis contre la sécurité étatique, par intelligence avec l'ennemi. Certains en 2022, ont mis quelques jours à comprendre que la non-guerre étrangère était en fait un régime martial en politique intérieure : en UE, en France, en Allemagne, ...

    Par cette propagande toxique, la contestation du régime occidental a été largement muselée en UE. Mais, il n'en reste pas moins que de manière clandestine des forces politiques sont opposées aux prises de position du régime européiste.

    Les Etats-Unis sont dans une position aussi très mélangée. Trump avait une position initiale qui semblait favorable à la Russie. Cette position lui était fanatiquement reprochée par l'internationale progressiste tant aux Etats-Unis - Démocrates - qu'en Union Européenne - l'immense majorité des dirigeants européens. Depuis, Trump a été fortement déçu par la résistance de la Russie à ne pas accepter les termes que lui dictait Trump. Trum a depuis pris des mesures, d'aide à l'Ukraine, de sanction scontre la Russie et ses alliés - démentant l'accusation de "panslavisme" que ses adversaires occidentaux lui faisaient. Mais, d'une part Trump est intellectuellement incpable de comprendre la position russe et d'autre part, comme lors de son premier mandat, il est incapable de résister à la pression de l'état profond; ce mélange de hauts fonctionnaire,s d'universitaires, de membres d'ONGs et autres think tanks ...tous soldés par le Parti démocrate et par le progressisme woke.

    Or, les dirigeants européens sont tous des progressistes woke, souvent installés là par l'état profond américain comme Merz ou Macron. Furieux contre Trump, ils "jouent " contre lui à l'aide de l'état profond américains. Tout porte à croire que Trump dans sa mégalomanie ne se rend compte de rien. Ce n'est pas bien grave.

    Mais dans cet environnement de façade, il y a des signes d'autres tendances politiques qui parfois surgissent au grand jour comme Orban ou Fico, mais d'autres aussi plus clandestins. Il n'y a pas de loi martiale, mais c'est tout comme et la médiacratie fait régner la police militaire sur le monde occidental. Comment tout cela évoluera t'il ?


  • Quatrième observation : quelles évolutions du conflit

    Les occidentaux amusent Trump avec des négociations de paix avec Poutine et Zelinsky. De ce point de vue, tout peut arriver : un accord de paix soudain. Pour rien. Mais qui chatouillerait l'ego délirant de Trump. Je n'y crois pas vraiment.

    Les occidentaux, je l'ai dit, ont une nécessité existencielle à détruire la Russie, à la démembrer. Ils n'ont aucun moyen d'y parvenir par une guerre frontale. Ils peuvent seulement essayer de faire s'effondrer l'économie russe avant la leur. Comme ils sont déjà très avancés dans la destruction volontaire de leur propre économie, le succès de leur entreprise est assuré pour moitié ... Lorsque l'Ukraine sera épuisée, ils disposent de plusieurs autres Etats satelllite près à affronter une guerre militaire avec la Russie : essentiellement la Pologne et les Etats Baltes. Les américains peuvent aussi exciter des troubles en Géorgie, en Arménie, en Roumanie, au Kazhakstan, ...

    En fait, les Russes attendent avec impatience une intervention militaire directe de l'Union Européenne. Les Russes sont excessivement "légalistes" et ils attendent les circonstances juridiques propres à déclencher une véritabe guerre contre l'Occident et plus un petit conflit localisé en Ukraine. Ou ailleurs. EN attendant, les russes consomment les armements et les munitions de l'Union Européenne. Berlin fait de grands moulinets de sabre en annonçant 500 milliards d'euros de dépenses militaires. Mais c'est jsuqu'en 2030 ... Cà représente de l'ordre de 50 Milliards par an. Soit à peine de quoi payer les pots de vin que l'ancienne ministre de la Défense allemande avait l'habitude de distribuer à ses amis du temps de Merkel ...

    Avec un prix de l'énergie toujours croissant, l'armement européen devient plus cher à produire que l'armemement américain à acheter. Ce n'est pas peu dire ...

    La Russie peut-elle déclencher une guerre contre l'UNion Européenne ? La réponse est non mais ... Elle est non parce que la guerre a un seul objectif : piller le vaincu. Que voulez-vous piller en Occident ? Les armoires de Epstein ?

    Mais, à nouveau, si les conditions juridiques d'une guerre sont remplies, la Russie n'hésitera pas à ... dégager le terrain. Autrement, la Chine, l'Inde et le Brésil ne seront pas d'accord .... J'oubliais : l'Indonésie et l'Arabie non plus.







Revue C-Politix (c) 24 Février 2026