Le 7-Octobre d'Israël. Observations

Philippe Brindet - 07.10.2026

Le 7 octobre 2023, plusieurs milliers d'assassins s'échappaient de l'enclave islamiste de Gaza pour s'infiltrer partout en Israël, massacrant, pillant, violant, razziant tout sur leur passage. Avec une presque totale absence de réaction de défense des Israéliens. Le plus pénible de cette razzia a peut être été le supplice vécu par plusieurs centaines d'otages israéliens que les islamistes étaient parvenus à prélever dans la population israélienne et à cacher dans les innombrables tunnels creusés et occupés par les pires islamistes de la région.

Je ne souhaite pas épiloguer sur ces atrocités indescriptibles mais me borner à produire quelques observations sur le conflit en cours.

  1. L'Histoire et la Palestine

    L'Histoire de la Terre Sainte - Palestine, Israël, Terre Promise ou toute autre appellation - ne peut plus être considérée comme unique. Chacun peut affirmer sa propre narration, nourrir ses propres fantasmes et en profiter pour persécuter les autres intervenants dans cette Histoire. De cette Histoire, je ne peux plus dire un mot sans être hors de propos pour les autres. Autrement dit, les affaires palestiniennes ont atteint l'extrême-bord du chaos avec la simplification qui a consisté à imposer à la Palestine deux protagonistes, laissant aux autres la clandestinité ou l'insignifiance. Le christianisme n'a plus de puissance pour exprimer sa voix. Il se contente de se placer à la remorque de l'un ou l'autre des actuels protagonistes. Les anciennes puissances européennes se sont complètement déconsidérées et pratiquement, elles se sont livrées sans défense sous l'autorité de l'islam. L'Empire américain devenu obèse et impotent est lui à la remorque de l'impérialisme israélien.

    Nulle puissance n'est en mesure de fournir une plateforme de négociations. Seule la violence absolument débridée est active. Pour combien de temps ?


  2. La prétention occidentale

    L'occident à l'issue de la Deuxième Guerre mondiale s'est placé en protecteur d'Israël, qui en Palestine a fait ce qui lui convenait. Avec ou sans l'aval de l'Occident. Au début, cet aval était acquis. Puis peu, à peu, l'aval occidental a été moins acquis à Israël. Aujourd'hui, même les américains ne sont plus aussi engagés aux côtés d'Israël..

    Or, la puissance impériale américaine a depuis les années 1990 perdu tout contact avec la réalité. Cette puissance de plus en plus énorme, de moins en moins agile, devenue presque stupide, attise le chaos espérant en tirer plus d'avantages que les "autres". Le jeu américain est devenu tellement idiot que les Israéliens semblent se placer de plus en plus en marge de l'Amérique, tentant de la manipuler dans une direction aussi favorable à leur géopolitique qu'il leur est possible. Actuellement coincé entre Gaza au Sud et le Liban-Syrie au Nord, Israël tente de divertir les amis américains pour détruire l'Iran tout en tentant de fédérer le courant sunnite.

    Mais l'Amérique ne peut atteindre ses objectifs. Elle n'en a plus ni l'énergie, ni les moyens. Quand les islamistes découvriront la véritable faiblesse de l'Amérique, l'existence d'Israël ne dépendra plus que de sa seule énergie face à la haine islamiste. La prétention occidentale aura démontrée sa vanité.


  3. Le problème à la base d'Israël

    Quand Israël déclare son indépendance en 1948, il se fonde sur l'action politique de socialistes qui viennent d'Europe Centrale et d'Union Soviétique. Une immigration importante venant d'Europe occidentale et d'autres zones fuyant le cauchemar des années terribles rejoint ainsi une population juive palestinienne, beaucoup plus religieuse. Or, pour les socialistes israéliens, la religion est une survivance du passé qui, selon un point de vue, est destinée à disparaître avec le "progrès" comme toutes les religions telles que les considèrent les occidentaux. Or, cette dispartition "progressiste" des religions vaut dans l'esprit des "socialistes" aussi bien pour le judaïsme que pour le christianisme, et - évidemment ... - pour l'islam. Aussi, la présence de "palestiniens" d'autres religions ne "choque" pas les fondateurs d'Israël, persuadés, qu'à terme, il n'y aura plus que des laïcs israéliens, sans religion. C'était la vision de Ben Gourion et de Golda Meir. Ainsi, la présence de l'Islam n'était pas - selon eux - un problème ...

    Encore aujourd'hui, les socialistes israéliens qui alternent au pouvoir avec les conservateurs bien plus religieux, sont intimement persuadés qu'à terme, il n'y aura pas plus d'islam qu'il n'y aura de judaïsme. L'Histoire leur donnant complètement tort, leur position "laïque" est fortement ébranlée, d'autant plus que les conservateurs prospèrent avec les "religieux" judaïsants, et que même les "laïcs" israéliens sont obligés de convenir que la religion juive forme l'ossature la plus puissante, la plus efficace pour la cohésion de l'Etat d'Israël. Certains "progressistes" israéliens ne reconnaîtraient pas une telle chose pour un empire. Mais, dans les faits, ils sont obligés d'accepter l'ossature "religieuse" du judaïsme.

    Dans le même temps, l'islam qui possède la plus grande partie du Moyen-Orient, depuis le VII° siècle, a subi de l'impérialisme occidental une défaite historique à partir du XIX° siècle. Jusque dans les années 1980, l'islam religieux n'existait que sous une forme politiquement minorante, alors que une tendance moderne, occidentalisante, progressiste semblait mener l'islam politique. Plusieurs grands états musulmans avaient une composante moderne, occidentalisante, progressiste qui, si elle ne les éloignaient pas de la religion, modérait ses effets. Egypte, Tunisie, Libye, Syrie, Irak, Turquie, Iran, ...

    Dans les années de 1950 à 1990, les choses semblaient plutôt aller dans le sens du projet sioniste de l'Etat d'Israël, même si tout n'allait pas pour le mieux. C'est à cette époque que les américains et les israéliens progressistes se sont tournés vers la solution à deux Etats pour mettre un terme au conflit interne à Israël : sortir d'Israël ce qui faisait problème - l'Islam - et réguler la coexistence entre un état socialiste juif et un état islamiste palestinien. Tout semblait aller pour le mieux et évoluer vers un état géopolitique favorable.

    Or, les américains ne sont pas forcément des gens très intelligents. Ils sont les plus gros, les plus riches, les plus .... mais ils ne s'encombrent pas de finesse quand cent milliards de dollars permettent de contourner le problème.

    Et pour d'autres raisons - peut être pour contrer l'influence de l'Union soviétique qui pourtant aller s'effondrer - les Etats-Unis ont décidé de détruire les Etats progressistes : Afghanistan, Egypte, Libye, Tunisie, Iran, Irak, Syrie, ...A la place, ils ont installé des régimes ou bien franchement religieux, ou bien dominés par les organisations islamistes. Et de fait, depuis les années 1980, l'islam a fait un progrès décisif dans la géopolitique mondiale jusqu'à devenir une troisième force juste après l"impérialisme américain et le géocentrisme chinois. Cette puissance de l'islam n'est actuellement limitée que par son inépuisable capacité à se disputer entre factions de toutes sortes. Et elle est en sens contraire favorisée par le suicide de l'occident qui cherche - on ne comprend toujours pas pourquoi - à attirer l'immigration des foules musulmanes pauvres pour occuper les territoires de l'Occident.


  4. Le suicide de l'Occident fragilise l'existence d'Israël

    Et de fait, la plupart des Etats occidentaux, à commencer par les Etats-Unis, mais la France, Le Royaume-Uni ou l'Allemagne aussi, commencent à subir l'agitation islamiste provenant de leurs minorités immigrées. Et ainsi, le conflit entre Israël et le Moyen-Orient islamiste a largement immigré en Occident. Le problème à la base d'Israël devient le problème à la base de l'Occient décadent.

    Et de fait beaucoup d'israéliens sont horrifés par l'aveuglement des occidentaux, surtout des européens, qui ne comprennent pas que l'horreur du 7-Octobre les menacent autant qu'eux-mêmes. Déjà un grand nombre de juifs européens font leur "retour" en Israël, parce qu'ils sont bien plus menacés en Europe que'ils le sont en Israël. La chose est disputée, mais elle ne peut être niée. Depuis vingt ans, des crimes atroces sont commis par des islamistes migrants d'Etats musulmans ou par des immigrés de première, deuxième ou troisième génération sur des occidentaux souvent confondus avec des chrétiens - alors que beaucoup ne le sont plus. Ce qui ajoute à la confusion des esprits en occident au sujet de l'islam et de l'immigration musulmane.

    Or, cet aveuglement occidental à l'encontre de l'islam et de l'immigration ressort du même "principe" progressiste qui a servi à la fondation d'Israël : "le progrès dissoudra la religion - toute religion." Les israéliens tentent de nous prévenir nous autres occidentaux du danger mortel que nous entretenons et nous invitent à les joindre à les soutenir pour qu el'occieent puisse se sauver du péril mortel que le menace d'abord en Israël, e,suite en Europe, et certainement aux Etats-Unis.

    Or, tout porte à croire que le régime occidental n'a aucune intention de combattre l'islam. L'une des raisons réside dans le capitalisme financier qui comporte une très importante composante islamiste. Ainsi, le Quatar possède une grande partie des entreprises françaises, de l'immobilier de luxe, de clubs "sportifs", ...

    Si Israël résiste plutôt bien, il est effrayant de constater la tentation de la soumission que subissent les dirigeants occidentaux, surtout en Europe, mais aussi aux Etats-Unis. Nous n'apprenons rien d'Israël et nous le paierons cher. Or, nous avons un seul moyen de résister à la montée de l'islamisme. C'est de revenir au christianisme comme le judaïsme pour Israël. Et Christianisme et judaïsme sont liés et solidaires face à l'agression islamiste. Il faudra secouer les erreurs progressistes d'abord et ce n'est pas demain la veille ...




Revue C-Politix (c) 5 Octobre 2026