Le conflit américano-israëlien en Iran - Quatre semainesL'objectif de l'alliance américano-israëlienne dans le déclenchement illégal de cette guerre est d'obtenir un changement de régime illégal en Iran. Leurs buts sont cependant différents. Le but des israéliens est de détruire un ennemi mortel. Depuis le Khomeiny de 1979, la destruction d'Israël est une obsession shiite. Le premier but des américains, outre celui d'assister les israéliens dans leur propre but - est d'ouvrir un front de guerre au sud de la Russie, partenaire de l'Iran, pour dégager de la pression sur l'Ukraine. Un second but américain est de gêner les alliances avec la Chine qui a besoin de l'Iran pour son pétrole et pour sa Route de la Soie.. Les opérations militaires ont été menées essentiellement par aviation et missiles, opérant depuis des bases israéliennes et des bases américaines établies un peu partout dans les Etats du Golfe Persique : Irak, Koweit, Quatar, Oman, Arabie, ... Mais aussi depuis des destroyers, des sous-marins (missiles) et depuis des porte-avions (avions). Ces opérations ont été possibles avec l'accord des Etats du Golfe; Les cibles ont été extrêmement nombreuses. Les bases militaires iraniennes, les usines d'armement, les usines de traitement nucléaire, ... ont été systématiquement frappées. Mais, les deux alliés occidentaux ont par ailleurs ciblés des dirigeants iraniens, religieux (l'ayatollah Kamenieu) et militaires (chefs de l'armée et des Gardiens de la Révolution). Il semblait alors qu'en une semaine, l'affaire serait conclue. Or, il n'en fut rien. Et voici ce qui se produisit. Préliminaires aux opérationsEn revenant en arrière, il faut se souvenir de deux événements.
L'ampleur de ces manifestations iraniennes a initié l'espoir des stratèges occidentaux qu'un changement de régime était possible en Iran, pour peu que le mouvement soit correctement aidé. Or, il va s'écouler plus d'un mois entre la fin des manifestations iraniennes et le déclenchement de l'opération militaire israélo-américaine. Il semble que le régime iranien soit parvenu à endiguer la protestation économique, puis à répimer férocement la vélléité de changement de régime. Il est probable que les autorités israéliennes et américaines discutèrent d'un bombardement avant et après les manifestations du début de 2026. Mais, il semble exister des oppositions tant aux USA qu'en Israël quant à l'opportunité d'un changement de régime et/ou d'une guerre de destruction de l'Iran. Notamment aux USA, le chef d'état-major avait averti que le Pentagnone n'avait pas les ressources pour gagner une guerre en Iran. En Israël, la gauche plutôt pacifiste, et fortement opposée au gouvernement Netanyaou, convaincu de droitisme, estimait que la multiplication des conflits dans lesquels Israël se trouvait dépassait les capacités de Tsahal. Lancement des opérations alliéesFinalement, des centaines de sites iraniens furent détruits et des dizaines, sinon des centaines, de dirigeants iraniens tués ou réduits à l'invalidité. Mais, les émeutes de changement de régime n'ont toujours pas repris. Et malgré les destructions, les forces iraniennes utilisent missiles et drones pour mener une guerre d'attrition contre les forces israéliennes et américaines. Les Iraniens vont jusqu'à bombarder des forces arabes alliées des USA ainsi que des ressources industrielles stratégiques pour les Etats arabes du Golfe. Les deux alliés occidentaux multiplient les frappes. Les Iraniens ripostent au moins aussi fort. Notamment les nuées de drones iraniens et les escadres de missiles iraniens ne réduisent pas. Alors que selon les informations occidentales publiques, les ressources militaires israéliennes et américaines diminuent sans remplacement possible. Depuis, les missiles iraniens sont de moins en moins arrêtés par les dispositifs anti-missiles israéliens dont des sources occidentales informent qu'ils manquent d'intercepteurs anti-missiles. Il y a par ailleurs un souci concernant les capacités anti-missiles des Patriots américains conçus pour protéger des installations au sol d'agression aériennes y compris par missiles. Ces soupçons existent depuis longtemps et dernièrement en Ukraine où les Ukrainiens se plaignent de leur faible taux de réussite, mais aussi en Israël où les militaires se plaignent de défaillances regrettables. Même si la guerre ne se fait pas sans perte, la destruction d'appareils de chasse ultra perfectionnés - dont le F-35 de cinquième génération - des soupçons de destruction d'un porte-avions américain, indiquent des limites à la puissance technologique US. Dans le même temps, l'Iran met à la fois en opérations des drones à très bas coût en même temps que des missiles hypersoniques ainsi que des planeurs balistiques capables de manoeuvre d'évitement des intercepteurs occidentaux. Cependant, il semble que l'aviation iranienne ait été réduite à néant tandis que la marine aurait subi des pertes majeures. Les dommages infligés par l'Iran aux installations pétrolières, gazières, logistiques mais aussi industrielles dans les Etats du Golfe sont de plus en plus importants. Or, les Etats arabes avaient accepté une opération militaire contre l'Iran relativement limitée dans le temps. Ils ne s'étaient pas attendus à une telle réplique de l'Iran contre eux, ni sur une durée dont actuellement ils ne voient pas la fin. La fermeture du détroit d'Ormuz.Ainsi que la géographie l'a décidé, le Golfe Persique s'ouvre sur l'Océan Indien par un détroit assez réduit, le détroit d'Ormuz. Or, la plus grande part du commerce maritime du Moyen-Orient passe par ce robinet. La première fermeture a été provoquée par l'état de guerre imposé par les US et Israël et qui a contraint les assureurs maritimes, comme la Lloyd, à augmenter leurs primes d'assurances pour les navires qui y transitent. Leur passage devient hors de prix. Alors, ils ne passent plus. C'est le premier verrou. Puis, comprenant la situation militaire, l'Iran décide d'interdire le passage des navires de commerce sauf aux navires "autorisés" des Etats non partis au conflit. Comme l'Inde ou la Chine ... Or le commerce du Moyen-Orient est dominé par le pétrole et le gaz liquéfié. Leurs cours mondiaux se mettent donc à flamber passant de 60 Dollars le baril de brut à 120 Dollars. Les autres matières se mettent à flamber. Et non seulement les prix s'accroissent, mais les quantités disponibles se réduisent. Mais les Etats pétroliers du Golfe produisent aussi d'autres produits comme les fertilisants (nitrate d'ammonium) et l'acide sulfurique - essentiel pour l'affinage des minerais. Les pénuries sont donc plus larges que celles limitées au pétrole et au gaz. Les américains ont alors "glosé" sur une opération navale destinée à s'assurer de la liberté de navigation dans le Golfe Persique. Or, seuls les incompétents peuvent imaginer y parvenir en "accompagnant" chaque pétrolier avec un destroyer ou une frégate. Macron y était disposé ... A cette proposition, Trump a compris que ce n'était pas possible ... Si Macron y pense .... Une opération terrestre américaineAlarmé par les appels des israéliens qui ne voient pas la fin des bombardements iraniens, harcelé par les émirs arabes exaspérés par la crise économique des suites de la guerre, Trump décide d'ordonner une opération terrestre destinée à supprimer le contrôle iranien sur le détroit d'Ormuz. Il mobilise ses deux divisons de parachutistes et ses rangers. Selon les sources occidentales, le Pentagone hésite entre une opération sur l'ile de Kharg, sur laquelle se trouve le centre principal des exportations maritimes de l'Iran, ou sur l'île de Queshm en plein détroit d'Ormuz. Mais seule la seconde île est au verrou d'Ormuz. Et encore, la prise de cette île et son occupation ne règlent pas le contrôle du verrou qui peut être assuré par les iraniens avec des mines marines téléopérées, des navires comme des drones navals, ou encore avec des missiles ou par des drones aériens. Beaucoup d'analystes militaires estiment qu'une opération sur les côtes mêmes de l'Iran serait extrêmement coûteuse en vies humaines et d'une réussite aléatoire. Emporté par sa mégalomanie, Trump pourrait s'engager. Mais, il est politiquement menacé par les élections de "midterm" au cours de l'année 2027 et les sondages pour une intervention militaire, actuellement encore illégale au regard de la Constitution américaine, sont mauvais. Comprenant que la situation occidentale est mauvaise, les Russes viennent de décider de geler les exportations de gaz et de pétrole jusqu'en juillet 2027. Il faut tenir compte du fait que les drones ukrainiens viennent de leur causer des dommages non évalués, mais certainement très importants. Faisant de leur point de vue une analyse assez proche, les Chinois viennent de décider d'un embargo sur le tungstène, un métal extrêmement important pour l'armement en général et l'aviation en particulier. Une invasion du territoire iranien, fut-ce d'une seule île du Golfe Persique, ne serait certainement pas de nature à dissuader russes et chinois de poursuivre d'autres mesures nuisibles à l'économie occidentale. Quelques observations
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