Le projet d'efficacité gouvernementale de Musk et RamaswanyDans un article du 20 Novembre 2024, paru dans le Wall Street Journal, Elon Musk and Vivek Ramaswamy: The DOGE Plan to Reform Government, les deux auteurs décrivent rapidement et sans fioriture leur projet d'amélioration de l'efficacité gouvernementale. Musk et Ramaswamy sont deux businessmen américains. Le second a été adversaire républicain de Trump pour se rallier à lui lors des primaires. Le premier est l'homme le plus riche du monde, patron de SpaceX, Tesla ou encore de Starlink. Il a rallié sur le tard la campagne présidentielle de Trump après s'être engagé parmi les donataires. Ils ont certainement discuté avec Trump, Vance et le reste de l'équipe, notamment Robert F. Kennedu Jr qui a des objectifs alignés sur les leurs. Dans cet article, les deux businessmen se placent sous la direction de Donald Trump. Ils appliquent sa politique : "Le président Trump nous a demandé à tous les deux de diriger un nouveau Département de l’efficacité gouvernementale, ou DOGE, afin de réduire la taille du gouvernement fédéral.". Ils insistent sur le fait qu'ils ne sont ni des politiciens, ni des professionnels de l'administration fédérale. Ils ont donc décidé qu'ils se contenteraient de superviser une équipe de spécialistes fédéraux qui serait chargée de la tâche définie par Trump. Selon eux, les objectifs de Doge sont les suivants :
Pour l'abrogation de réglementations, Musk et Rawasmamy se sont aperçus qu'un nombre considérable d'agences fédérales profitaient de leur puissance pour édicter des réglementations qui n'avaient pas été approuvées ou même qui avaient été repoussées par le Congrès. Considérant qu'il s'agit d'un attentat contre la démocratie qui exige que la loi républicaine soit votée par les représentatnts du peuple, Musk et Ramaswamy estiment que DOGE va supprimer toutes ces réglementations qui produisent un frein inadmissible au dynamisme du peuple américain. Ils ont décidé de travailler sous l'empire de la seule constitution et de deux décisions récentes de la Cour Suprême, sans demander de législation nouvelle. Estimant que le poids de l'administration fédérale est l'une des causes d'une fiscalité écrasante pour le peuple américain, Musk et Ramaswamy préviennent qu'ils vont obliger les fonctionnaires fédéraux à travailler 5 jours par semaine et d'avoir une productivité vérifiée par leur hérarchie. Dans le même ordre d'idées, ils vont rogner les subventions fédérales notamment aux ONGs du genre de Planned Parenthood. Ils estiment que les mesures que prendra le DOGE sont de nature à réduire la fiscalité des américains. Leur conclusion est claire :
Peuvent-ils réussir ? Le mouvement qui a conduit à la multiplications d'agences "indépendantes" et à leur renforcement constant est un mouvement lié à la complexification de la vie moderne. Aller contre lui est extrêmement difficile parce que dans une certaine mesure, les agences sont nécessaires à la vie politique. Mais, pour les Etats modernes, aujourd'hui, la réforme de Musk et Ramaswamy est aussi importante que de supprimer une tumeur cancéreuse. Peu importe qu'on la supprime par chirurgie, rayons X ou chimiothérapie. Il faut le faire vite, ou il sera trop tard. Leur réforme est-elle transposable en France ? Certainement. Mais la France se trouve plutôt placée dans la situation du Texas ou de la Floride que dans celle de l'Etat fédéral. Bien entendu, c'est au niveau de l'Union européenne qu'il faudrait faire une réforme. Or, en France - et je le crains - en Europe aussi, nous avons un problème supplémentaire. Nos députés sont capables de voter des réglementations sans fin. Un exemple Article L132-4 du Code de l'"environnement qui institue un "Haut Conseil pour le climat", indépendant. Il existe des centaines de dispositions de ce genre qui alourdissent les procédures et les charges financières de l'Etat. Ce sont les députés eux-mêmes qui ont engendré ce monstre et ils y tiennent autant qu'à la prunelle de leurs yeux. Ces institutions se protègent les unes les autres et elles devraient être dissoutes. Seule une loi y parviendrait. Et des lois de ce genre, il en faudrait des centaines en France et des milliers dans l'Union européenne. Il est à craindre qu'il sera plus simple d'attendre que le système politique s'effondre entièrement que de se débarrasser d'une seule de ces institutions "indépendantes" qui servent à protéger un système clandestin de gouvernement qui, de fait, est contraire aux intérêts des peuples. Musk et Ramaswamy - ils n'ont pas encore réussi aux USA - renonceraient face au monstre français. |