Le terrorisme protégé en France par l'Etat de droit

Philippe Brindet - 21/10/2023

Une activiste palestinienne, athée, membre représentante du FPLP, organisation classée terroriste, était invitée en France dans différentes universités et à l'Assemblée nationale. Emues - on se demande pendant encore combien de temps - des associations politisées ont demandé l'interdiction de sa venue. Et le Ministre de l'Intérieur, le flamboyant Darmanin, a produit un arrêté d'expulsion interdisant à la dame de poursuivre sa tournée de propagande.

Parce que la dame est déjà sur le territoire français. Et ce n'est pas une immigrée clandestine. Non. Elle a reçu un visa consulaire de l'ambassade de France en Israël. Et ce n'est pas par Lampedusa que les terroristes s'infiltrent en France. C'est par avion depuis Roissy.

La Présidente de l'Assemblée Nationale a tout de même fini par s'émouvoir de la situation causée par une autre organisation terroriste en Israël, le Hamas, et a annulée la réunion prévue avec la dame du FPLP.

Mais, saisi par la requérante, le Tribunal administratif de Paris a rendu un jugement annulant l'arrêté d'expulsion du Ministre de l'Intérieur.

Commentant la décision du Tribunal administratif de Paris révoquant l'expulsion de la représentante de l'organisation terroriste palestinienne, l'avocat de la Morandais sur un plateau de télévision explique qu'il faut approuver la décision du Tribunal administratif à raison qu'il est prévu "dans l'état de droit", "pour faire échec aux décisions injustes du pouvoir exécutif". Or, selon cet avocat, si l'organisation à laquelle appartient la requérante est bien une organisation terroriste, elle-même n'a pas fait de propagande pour une quelconque activité terroriste de sorte qu'elle ne présente aucun danger pour l'ordre public et choses du même genre et que, par conséquent son expulsion était illégale et menaçait sa liberté d'opinion et sa liberté d'expression.

Macron quelques jours plus tôt, déclare : "Jamais il ne sera possible, dans un état de droit, d'avoir un système où le risque terroriste est éradiqué totalement. C'est pourquoi nous devons vivre dans une société de vigilance". Discours du 17 Octobre 2023 - relayé par Europe 1, Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=SuLVFsQ207Q.

Des commentateurs politiques conservateurs se sont émus du fait que le ministère des Affaires Etrangères organise la venue en France d'une dirigeante d'une organisation terroriste tandis que le ministère de l'Intérieur expulse la même personne pour le même voyage ... Ils sont même exaspérés par le fait que le Tribunal administratif puisse prendre une telle décision qui est au soutien de la cause terroriste sans même l'excuse de l'islamisme, puisque le FPLP est d'obédience "marxiste-léniniste" ...

En fait, cette étiquette n'a jamais arrêté le moindre islamiste, ... Mais c'est un détail.

Je voudrais arrêter ici tout éventuel débat sur le terrorisme. Quoique, nous y reviendrons peut être plus loin. Le problème que je veux soulever ici est celui de la véritable "tartufferie" que constitue l'idéologie progressiste de "l'état de droit".

Un grand nombre de "braves gens" et autres sinistres individus, quand ils écoutent l'expression "état de droit", entendent "état légal". Ils n'ont bien entendu rien compris et les progressistes, titulaires de 'l'état de droit", n'ont aucune intention de les en détromper. Je vais éviter à mes lecteurs une "leçon" d'histoire du concept d'état de droit, et leur passer le couplet obligé sur Carl Schmitt et ses émules ... En fait, il existe un joyeux désordre sur l'expression "état de droit" qui profite aux progressistes qui avancent masqués derrière cette expression polyforme et donc consensuelle.

En pratique, les progressistes de "l'état de droit" exploitent une sorte de coup de billard à trois bandes :

  1. ils contournent l'état légal qu'est la République dont les trois pouvoirs ont tout à voir avec la Loi et rien avec "l'état de droit" ;
  2. ils imposent une idéologie des droits de l'homme, alors que les droits de l'homme, dans la doctrine juridique républicaine, précède l'ordre légal qui est le seul à bénéficier au citoyen ;
  3. ils imposent la destruction de l'ordre républicain en remplaçant la loi de la majorité par les droits des minorités.

Ainsi, très clairement, la terroriste en visite officielle en France appartient à une minorité qui, selon l'avocat de La Morandais, "a la liberté de s'exprimer". La liberté des terroristes de s'exprimer est défendue par "l'état de droit" par l'instance du juge administratif. Ce dernier autorise la minorité terroriste à poursuivre sa propagande sur le territoire français, contre l'intérêt public de la majorité défendu par le Ministre de l'Intérieur.

On comprend qu'avec cette technique de prise de pouvoir politique, la République étant totalement anéantie par l'état de droit, Macron puisse estimer qu'il est impossible d'annuler "le risque terroriste" ... Mais, c'est en l'occurence le cadet de ses soucis. Il aurait pu en effet en rester là. C'est, hélas, du classique depuis une dizaine d'années. Mais, Macron a révélé un peu mieux l'affaire lorsqu'il explique que nous passons "dans une société de vigilance" ...

En réalité, l'idéologie de "l'état de droit" est destinée à supprimer l'état légal, autrement dit la République. La République, état légal, est remplacée, Macron régnant, par une société de vigilance. Or, par vigilance, vous entendrez un régime de contraintes, de peur, de surveillance et finalement de contrôle. Dans ce régime, déjà mis à l'essai pendant la pandémie de COVID-19, la Loi n'a plus aucun intérêt pour celui qui tient le régime ! Il lui suffit d'exercer "la vigilance" à son profit. Il n'a plus besoin ni de la Loi, ni de la Police. Il se dote d'organisations comme les ONGs, qui luttent à son profit. Le FPLP est l'une d'elles.

Voilà pourquoi il est hors de question de lutter contre le FPLP, le Hamas, le MRAP, le NPDA, le ... Ils travaillent pour Macron à instaurer la peur dans la société qui "exige la vigilance" .... du FPLP







Revue C-Politix (c) 21 Octobre 2023