Les principaux outils du suicide de l'occident américanisé

Philippe Brindet - 21.06.2021

Ces outils, ne les cherchez pas chez les ennemis de l'occident américanisé. Il les a inventé, fabriqué et utilisé lui-même. Certains sont en plein usage, d'autres le sont moins ou parce qu'ils ont déjà trop servis ou pas encore assez. Quels sont ils ?

  1. L'idéologie de la pollution

    C'est une idée qui se fait jour aux USA dès les années 1950. Beaucoup de petit-bourgeois, une honnête aisance leur ayant offert un peu de temps libre, ont découvert avec horreur que les activités humaines produisaient des déchets. Comme cette activité humaine est sans cesse croissante, les déchets sont eux-même en croissance vertigineuse. Or, plus leur temps libre s'accroissait, plus les petit-bourgeois se sont aperçus que les milieux naturels étaient de plus en plus saccagés par cette pollution et que cela posait déjà un sérieux problème de santé qu'ils ont d'abord exprimé sous forme apocalyptique : la destruction de l'espèce humaine.

    Lorsque ces petit-bourgeois, avec du temps disponible, se sont retrouvés dans les universités, notamment américaines, ils ont développé des théories critiques de la société occidentale contemporaine vue sous cet angle de l'agression de la nature par l'industrie de l'homme. Occidental. Et riche. Peu à peu, depuis les Etats-Unis, s'est imposée l'idée que l'humanité devait impérativement lutter contre la pollution. Mais cette idée, pourtant relativement sage, du moins en apparrence, se double d'une mise en cause radicale de la marche de la civilisation occidentale, pourtant déjà sérieusement secouée, même si elle refuse déjà de le prendre en considération, par le cataclysme de la Deuxième Guerre Mondiale, puis par la guerre froide avec la Russie.

    Cette démarche a eu un aspect positif. L'occident américanisé s'est sensiblement dirigé vers des pratiques industrielles souvent moins polluantes, même s'il existe 70 ans après, des efforts considérables à faire. Et finalement nous vivons certainement dans un occident américanisé plus propre, moins pollué, peut être moins polluant? Ce dernier point est cependant controversé.

    Mais la lutte de l'occident américanisé contre sa pollution a eu un effet terrible. Elle l'a complètement fait diverger des économies en développement, en dehors de sa zone de progression. Alors que le monde vivait dans une confrontation politique entre deux blocs, le bloc américain préparait en fait un monde à deux vitesses : le sien marchant dans le progrès avec des normes environementales élevées et le reste du monde qui continuait à vivre avec des usages et des coutumes complètement étrangères à l'environnementalisme. C'est le monde dans lequel nous vivons. D'autant plus effrayant que cette nouvelle division en deux blocs n'est presque plus géographique. Des pans entiers de la société américaine vit dans une extrême pauvreté, sous une pollution mortelle. Et chez nous, qui sommes des vassaux économiques et politiques des USA, la même division s'est fait jour.

    Un autre aspect négatif de l'environementalisme a été de conditionner les esprits, notamment ceux des universitaires ou des intellectuels, à se représenter en termes accusateurs la société qui les entretient. La société de l'occident américanisé est devenue à la fois divisée dans son mode de vie et sa classe laborieuse s'est séparée de sa caste intellectuelle. Et de fait, depuis ce temps, la caste "intellectuelle" n'a plus cessé en occident américanisé d'agresser la civilisation occidentale dans laquelle nous, les gens du peuple imaginions vivre paisiblement.

  2. L'assassinat des enfants

    Cette activité essentielle de l'occident américanisé s'est développée à la faveur de deux modes culturelles d'une barbarie sans précédent dans l'histoire de l'humanité. La première mode a été celle de la généralisation à l'ensemble de la population de l'impératif social de la jouissance sexuelle. Autrefois réservée à quelques gaillards immensément riches, le libertinage sexuel s'est peu à peu imposé à une société qui dans son ensemble, jusque dans les années 1960, était somme toute assez prude. Par des techniques de manipulation mentale, notamment à l'aide des médias, les comportements libertins se sont largement répandus dans la population laborieuse. En fait, dans toutes les classes de la société occidentale américanisée. Pour aller plus loin dans la jouissance, il fallait impérativement libérer les femmes de la servitude de la maternité de façon à les rendre plus accessibles à la lubricité des mâles..

    Deux techniques y pourvurent dès les années 1970 : la contraception et l'avortement. Par la médicalisation de ces deux techniques, les maîtres de l'occident américanisé ont imposé à toutes les classes sociales de coopérer à une sorte d'assassinat massif de tous les enfants à naître. Au nom de la liberté, au nom de la jouissance. Et ça a marché. Le succès a eu deux conséquences. La première est démographique. Elle a produit l'effet incroyable que la société occidentale américanisée s'est mise à vieillir et à devenir de moins en moins vaillante. Il a fallu recourir dès les années 80 à des importations massives de populations provenant de cultures non encore contaminées par le fléau de l'assassinat des enfants. La société occidentale américanisée a perdu avec une immense fierté, avec soulagement pourrait-on dire, son identité humaine. Elle est aujourd'hui en passe de disparaître en tant que population homogène. Un effet bizarre de ce libertinage sans frein a été l'ouverture du droit au libertinage homosexuel à l'ensemble de la population, alors qu'il était principalement la marque des esthètes fortunés jusque dans la première moitié du terrible XX° siècle.

    L'autre conséquence vient d'un effet curieux de complicité. Alors que, du moins au début des années 80, la majorité des gens considérait encore l'enfant à naître comme un trésor apprécié, les gens se sont peu à peu accoutumé à considérer que le fait d'assassiner un enfant à naître était un droit imprescriptible accordé par la société occidentale américanisée principalement aux femmes. Cette pratique généralisée de l'assassinat a conduit ceux qui le pratiquait à devenir complices des organes de la société occidentale américanisée qui l'ordonnaient. La contraception, et plus encore l'avortement, sont les moyens essentiels d'adhésion à la société occidentale américanisée. Ils forment l'affecto societatis de notre société. Des assassins. Et des survivants aussi, ce qui est un paradoxe étragement parent du syndrome de Stokholm ...

  3. L'euthanasie des malades et des vieillards

    Euthanasie. Le vilain mot que voilà ! Et, qui condamne le mot, exige pour moi le droit de mourir dans sa dignité ... C'est le domaine par excellence des Tartuffe de comédie. Je rassure donc mes lecteurs. L'euthanasie en occident américanisé n'existe pas. Sauf que l'on massacre sans l'ombre d'un remords 10.000 malades par infections nosocomiales, grâce à une organisation sanitaire essentiellement prévue à cet effet. Que l'on exécute des milliers de malades à l'aide de thérapies dont on sait qu'elles comportent un taux d'échecs ou d'effets indésirables dont nos bons docteurs affirment qu'il ne trouble pas leur balance bénéfice - risque ... Très concrètement, la massification de la médecine a imposé que les décisions médicales ou sanitaires soient maintenant prises sur des bases statistiques dont la technique mathématique semble à ses promoteurs la preuve de leur propre scientificité.

    La crise incroyable de la Covid-19 m'a conduit à étudier les techniques médicales utilisées pour autoriser une thérapie ou pour l'écarter. Je sais et j'ai pratiqué assez de statistique pendant près de quarante ans pour affirmer que la plupart de ces études sont statistiquement "pourries". C'est d'ailleurs l'opinion depuis plus de vingt ans d'un certain nombre de scientifiques du domaine, comme l'américain Ioannidis, qui ne décolèrent pas des erreurs monumentales qui invalident une immense majorité des études scientifiques dans les domaines de la pharmacie, de la médecine, et plus récemment de l'épidémiologie - près des trois quarts selon certaines évaluations.

    Une des techniques de suppression de malades les plus efficaces mises au point depuis trente ans est la politique du "protocole". Un malade une fois diagnostiqué, entre dans le "protocole" et y perd absolument toute autonomie. Il perd le droit de se soigner ou de ne pas se soigner, le droit de se faire conseiller de manière indépendante. Bien entendu, en France le "protocole" est la méthode de soin favorite à l'hôpital public et ce "protocole" est en réalité négocié entre les médecins, l'administration de la Santé publique et les firmes pharmaceutiques, de sorte que la liberté et le respect du malade sont le plus souvent absents quoiqu'on en dise très fort.

    L'euthanasie est alors à son aise pour y prospérer à l'abri de l'autorité de l'Etat qui, dans ses hôpitaux, est devenu un tyran sanitaire, qui s'est réservé le droit de vie et de mort sur tout individu y pénétrant.

    Attention. A ce point de ma diatribe, je ne suis pas en train de prétendre que l'Etat-potentat a une stratégie réfléchie d'euthanasie des malades et des vieillards. Je dis seulement qu'il a les moyens de le faire et qu'il le fait souvent d'une part et que l'ignorance médicale et sanitaire est devenue telle que une proportion de malades, proportion que l'Etat tient pour admissible, sont éliminés lors des "protocoles", d'autre part. Or, l'Etat et la corporation sanitaire se sont entendus pour affirmer leur excellence et refusent toute contestation à ce sujet.

    Toujours est-il que, lors de la crise de la Covid, les réanimations de l'hôpital public ont été vidées de leurs patients dépassant lâge de 70 ans pour les réserver aux patients plus jeunes. Et les maisons de retraite ont été approvisionnées en psychotropes pour faire mourir dans la dignité les malades âgés (Affaire du "Rivotril").

    Or, toute la société occidentale américanisée s'est organisée dans le mépris du grand âge et des maladies graves. Ils représentent une charge pour les systèmes de santé que les spécialistes ne cessent de dénoncer. Notamment pour les personnes âgées, leurs pensions de retraite présentent - surtout en France - une charge sur le reste de la population, qui devient de moins en moins admise de sorte que, sans qu'il soit besoin d'utiliser des gros mots, la fin d'une personne âgée ne présente pas que des inconvénients pour l'Etat. Or, notamment en France, nous avons eu la faiblesse, et la naïveté, de laisser à l'Etat de gérer simultanément la politique sanitaire et les retraites ... Il y a là un défaut manifeste.

  4. La politique du réchauffement climatique anthropique

    Le dogme du réchauffement climatique à cause anthropique est apparu dans les années 1970. Il a prospéré très vite par deux moyens. Tout d'abord, un groupe de scientifiques autour de la NASA (le groupe Charney) a initié cette incroyable erreur et elle s'est propagée partout à coup de "simulations informatiques" toutes plus fausses et indémontrables les unes que les autres. Le second moyen a été l'adhésion du gouvernement Thatcher à cet énorme "bouteillon" parce que ce gouvernement a tout de suite compris qu'il était capable de bouleverser le monde occidental et que la Grande-bretagne y tirerait avantage.

    La thèse est inchangée depuis Arrhenius, un physicien raciste des années 1900, qui reprenait l'idée d'un ancien préfet de Napoléon sur le réchauffement naturel de la Terre dans les années 1820. La nouveauté est double. Les promoteurs contemporains de cette énorme erreur se basent sur deux techniques qui exigent des investissement considérables : tout d'abord des simulations informatiques tellement complexes qu'il est absolument impossible de les reproduire ou de les vérifier d'une part, et des statistiques sur des ensembles de données géantes, qui coûtent extrêmement cher à collecter, et parfois même à acquérir et à analyser, d'autre part. Autrement dit, la thèse de la cause anthropique du réchauffement climatique est extrêmement difficile à contester de sorte qu'elle est devenue un "dogme scientiste", régulièrement démenti par les observations depuis cinquante ans.

    Mais cela est très largement insuffisant parce que le dogme réchauffiste a été adopté par les idéologues de la "décroissance" et imposé par la pression médiatique aux gouvernements occidentaux de sorte que presque toutes les politiques économiques occidentales intègrent de dangereuses mesures pour limiter la cause anthropuique sur le réchauffement climatique.

    Un exemple remarquable est constitué par la prohibition des énergies fossiles réputées contribuer au réchauffement climatique et leur remplacement par des énergies "décarbonées" comme les éoliennes. Or, ces dernières conduisent à imposer une énergie électrique de plus en plus coûteuse alors qu'elle est intermittente à un point tel de sorte que la suffisance énergétique est déjà menacée dans des Etats comme l'Allemagne (90 millions d'habitants) ou comme le Texas (30 millions d'habitants), notamment en hiver. Jointe à d'autres folies économiques, l'économie de l'occident américanisé court à sa perte de manière accélérée.

    Depuis que le dogme du réchauffement climatique est devenu le "consensus de la communauté scientifique", il s'est dans le même temps imposé sous forme de politique anti-économique grâce des "conférences internationales comme la COP-xx auxquelles les politiciens de pouvoir se font un devoir d'assister pour y faire de tageuses annonces de politique dictatoriale visant ou prétendant à réduire la cause anthropique du réchauffement climatique. Toutes ces annonces politiques, modérément suivi de décisions réelles, visent en réalité à réduire la richesse des peuples qu'ils soient riches comme ceux de l'occident américanisé ou pauvres comme ceux de l'ancien Tiers-Monde par le transfert de cette richesse vers la caste des milliardaires.

    Bien entendu, le dogme réchauffiste étant anti-scientifique et anti-politique est l'une des principales menaces contre l'occident américanisé qui l'a inventé, promu et appliqué.


  5. L'idéologie progressiste

    De nombreux observateurs politiques ou sociologues ont constaté la fin du clivage entre la "droite" et la "gauche". En réalité, ce clivage a "muté" en un clivage entre "progressistes" et "conservateurs". Et chacun de ces deux camps intègre des traits à la fois de "droite" et de "gauche". Ainsi, en matière plitique, le macronisme qui se prsente comme un mouvement progressiste agglomère des gens de droite comme l'ancien Premier Ministre Philippe ou l'actuel Ministre de l'Economie Le Maire et des gens de gauche comme le socialiste Le Drian ou la ministre Borne.

    A un certain degré, le discours politique de la droite concernant la Nation et le discours social de la gauche concernant la classe ouvrière sont devenus pratiquement obsolètes. Pour être plus précis, une caste s'est emparée du pouvoir pour laquelle le discours politique de droite et le discours social de gauche sont devenus interdits. A la place, le progressisme préfère discourir sans fin sur les "valeurs", sans prudemment dire desquelles il s'agit, de lutter contre les inégalités, essentiellement pour cacher qu'il transfère la richesse des gens vers les milliardaires qui l'ont installé ou encore de l'Europe pour cacher qu'il nous soumet toujours davantage au progressisme américain.

    Il faut reconnaître que le "progressisme" selon Macron est d'abord une plate-forme électorale qui lui permet de dépasser le clivage droite-gauche auquel s'étaient soumis ses prédecesseurs, tandis que celui de Biden a pris la forme d'une dictature des idéologies essentiellement fondées sur des nouvelles fausses et fabriquées auxquelles se sont soumises la majorité des élites républicaines. Il en ressort qu'aux USA, le clivage droite-gauche qui était largement reproduit par le clivage républicains - démocrates a conduit un grand nombre de républicains à travailler contre leur électorat tandis qu'un grand nombre de démocrates découvrent avec horrreur la trahison de leurs leaders.

    Il en ressort que presque partout en occident américanisé, l'idéologie progressiste a amalgamé l'ensemble des menaces contre sa civilisation déjà bien malmenée par le terrible XX° siècle. Et cette idéologie infeste non seulement la caste politicienne, mais aussi les universités, les intellectuels et les artistes, les entreprises de technologie et financières et donc la caste des milliardaires. Dans un aveuglement produit par l'ignorance et la barbarie.


  6. L'idéologie de l'ignorance

    L'évolution de l'instruction publique est une source d'informations critiques sur l'évlution de la société occidentale. Dans la seconde moitié du XX° siècle, la contestation des savoirs traditionnels a conduit à la suppression du devoir d'instruction que la société estimait avoir à l'égard notamment des enfants, mais aussi de tous les adultes qui désiraient accroître leurs connaissances et leurs compétences.

    L'idée de base du système occidental était que les connaissances enseignables étaient organisées selon une hiérarchie qui s'est développée avec ces connaissances depuis des siècles, presque des millénaires. Seuls les plus méritants accédaient aux connaissances du haut de la hiérarchie, mais tous avaient en dehors de leurs mérites, le droit d'y accéder. Mais, lors du XX° siècle, une catégorie d'enseignants animée par des idéologies égalitaristes a décidé que la société n'avait plus besoin de hiérarchies dans les connaissances parce que ces hiérarchies perpétraient une inégalité sociale.

    Beaucoup de connaissances du haut de leur hiérarchie d'autrefois ont été tout simplement supprimées des institutions d'enseignement. On peut penser aux Belles-Lettres et aux humanités. Mais bien d'autres aussi ont été édulcorées ou amoindries. L'instruction mettant en avant les compétences et l'initiative de chacun était devenue un moyen de perpétrer d'insupportables inégalités. Elle fuyt donc méprisée et écartée au profit d'un nouveau concpet d'enseignement : celui de l'éducation. Cette modification reposait sur l'idée que l'Etat avait le pouvoir de décider de ce qu'un citoyen devait savoir, par exemple en fonction des besoins de l'économie et plus du tout en fonction des mérites de chacun. L'éducation a donc progressivement éliminée toute sélection et toute hiérarchie de sorte que des individus parfaitement stupides se sont retrouvés majoritaires au milieu des étudiants qui autrefois cherchaient à améliorer leurs connaissances et leurs compétences. Beaucoup des individus produits par le système éducatif sont donc devenus de "bons citoyens" et de parfaits ignorants pour la double raison qu'ils étaient incapables de la connaissance d'une part et qu'il n'a jamais été question qu'on leur laisse la moindre possibilité d'acquérir ces connaissances d'autre part. D'abord parce que cette connaissance n'est plus valorisée. Ni pour son acuisition, ni pour son utilisation.

    Il existe toujours des érudits et des savants. Mais, ils deviennent rares et de plus en plus impuissants parce qu'ils ne suscitent plus le respect qui leur revenait autrefois. Au contraire, il semble qu'une foule immense dispose du savoir et de l'érudition qui lui est nécessaire. C'est-à-dire, pas grand chose. Dernièrement, la possession d'un téléphone mobile doté d'une connexion au Web, permet de répondre à toute question dans n'importe quelle langue, donnant à tout instant une fausse impression de science et d'érudition. Et plus forte est l'impression mensongère de sa science et de son érudition, moins présent sera le désir de l'effort de les acquérir. Il en résulte que beaucoup de gens étant ignorants en croyant le contraire, ne disposent plus de l'esprit critique minimal pour la survie en Occident américanisé et adhèrent aux mensonges les plus éhontés. Et il est plus difficile de convaincre quelqu'un qu'il est vicitime d'un mensonge que d'acquérir soi-même une information, une connaissance vraie, c'est-à-dire, critiquée, examinée, confrontée. Le système médiatique s'en empare et manipule alors facilement des masses incroyables de gens. Ignorants et plein de certitudes.


  7. L'idéologie de la barbarie

    Il a toujours existé des crimes abominables. Et des accidents malheureux, et, entre les deux, une infinie variété de faits plutôt effrayants. Mais rien de ce qui existe aujourd'hui. Des crimes épouvantables commis en passant, presque sans y penser. Avec une totale absence de conscience. Seulement, l'étonnement d'avoir suscité la réprobation. Et de se rendre compte, après coup, que ce devait être une action répréhensible, mais uniquement parce qu'on est puni pour cela.

    Beaucoup d'idéologues affirment que la société a toujours été très violente et qu'il n'y a rien de changé sous le soleil. C'est peut être vrai. Mais, depuis quelques années, la violence a été en accroissement. On tue beaucoup, et férocement, On tue énormément et sans y penser. On humilie la victime, on salit l'image du sage. La société elle-même, qui a renoncé à la peine de mort pour ses criminels - je crois qu'elle a bien fait - ne considère plus la morale, mais l'éthique, plus l'examen de conscience, mais les statistiques. Un forfait devient une unité statistique qui s'ajoute à un cumul, qui sera à son tour rapporté à une population pour en faire une fréquence, un taux. C'est tout.

    Il faut reconnaître que la culture utilise une représentation habituelle de la violence extrême, prétendant d'une part que la violence est partout dans le monde et d'autre part, que la représentation de cette violence a des vertus cathartiques. Nous sommes nombreux à en douter. Mais l'évidence manque.

    Dans sa représentation habituelle, la culture est elle même barbare et, s'il en était besoin, cette barbarie de la culture avouerait simplement celle du monde dont elle émane.

    Mais ceci n'est rien, parce que la société se livre à une promotion éhontée de la barbarie. Pas d'apologie du crime directement. Mais, si un individu appelle au crime pour favoriser une motion propre au régime en place, il ne sera pas pénalement poursuivi, et son discours sera défendu pour des raisons liées à son adhésion au motif progressiste. Par exemple, tel individu appelle au meurtre des homophobes. Son discours sera faiblement critiqué, mais son adhésion au motif de la "lutte contre l'exclusion" sera louée. A l'inverse, si un individu critique le motif homophile, il sera traduit en justice pour incitation à la haine à raison de l'orientation sexuelle d'un groupe indéterminé d'indidividus. Ce qui est bien est mal et ce qui était mal devient bien, voilà la caractérisation de la barbarie telle qu'elle est promue par a société.

    Une autre voie d'accès à la barbarie se trouve dans le multiculturalisme. Si le commerce des cultures a toujours été un élément propre de la civilisation occidentale, l'occident américanisé a promu le multiculturalisme qui consiste à mélanger des cultures étrangères entre elles, sur un même lieu, sur un même peuple. En réalité, seuls les éléments les plus mauvais de chacune des cultures s'additionnent tandis que les éléments positifs de ces mêmes cultures s'annulent. Il en résulte une unique anticulture composée exclusivement d'éléments délétères caractéristiques de la barbarie.

    Une action caractéristique de la barbarie dans l'occident américanisé peut s'observer dans sa publicité et son cinéma. On y représente essentiellement des comportements hystériques, incontrôlés, impulsifs, irréfléchis. Ce sont eux qui sont donnés à l'imitation de la population barbare, un peu comme le spectacle des jeux du cirque du Bas-Empire romain. Et ce qui frappe chez les Barbares est leur docilité à l'ordre établi. Il faut que la force de cet ordre établi soit suffisament débile pour que les barbares détruisent alors eux-mêmes les fondements de la société corrompue par la barbarie.

    Aujourd'hui, cette destruction commence à s'observer dans les "périphéries de la République" pour parler comme les patriciens de la société barbare, probablement inconscients de la catastrophe qui les menace alors qu'ils l'ont fomentée eux-mêmes. Mais s'il existe déjà des zones de non-droit - comme les banlieues de la plupart des ensembles urbains - il existe aussi des lieux non géographiques de destruction de la culture occidentale à l'aide d'éléments mortels. Un exemple est celui de l'idéologie de la "déconstruction" probablement dérivée des fulgurances rauques du philosophe Derrida qui a peu à peu investie l'intelligentsia, et commence à inonder par gravité dans l'enseignement élémentaire et dans les media, dans les arts savants qui le sont de moins en moins.

    Tous ces exemples idéologiques s'agglutinent en une irrésistible idéologie de la barbarie qui imprègne aujourd'hui l'occident américanisé.


  8. Les idéologies économistes

    Nous vivons dans une période économiquement étrange. D'un côte, nous observons le triomphe du libre-échange et de la concentration capitaliste typique de la fin du XIX° siècle. De l'autre, nous considérons la disparition de l'argent réel et la montée du socialisme. Le premier mouvement illustre l'apparition d'une caste d'hyper-riches comme jamais la planète n'en aura eu, le second mouvement se condense en la formation d'une populace artificiellement maintenue en vie et donc réduite à la mort au bon vouloir de la caste des hyper-riches.

    Il ne s'agit pas du dualisme de la bourgeoisie et du prolétariat. Ce dernier n'existait que dans l'idéologie marxiste . Dans la réalité, la diversité des cultures nationales empêchait la théorie marxiste d'être descriptive d'une quelconque réalité économique. De plus les riches n'étaient alors pas assez riches et les pauvres pas assez pauvres. Mais Marx avait eu certainement une sorte de prémonition. Aujourd'hui, l'argent réel a été retiré des mains des pauvres qui sont devenus extrêmement pauvres et les riches se sont enrichis en utilisant un argent contractuel qui augmente au fur et à mesure de la croissance de leurs désirs.

    C'est ainsi qu'un petit-bourgeois qui travaille vaguement deux-trois jours par semaine en temps agrégé et gagne juste de quoi avoir le droit de retourner un jour au travail sans être mort de faim est persuadé être riche parce que l'entrée de son immeuble est décorée d'une plante verte et qu'il passe une semaine en croisière de rêve sur un paquebot-hôtel.

    Dans le même temps, un super-riche a accumulé une fortune supérieure au PIB de la plupart des Etats en trafiquant de vagues contrats qui lui permettaient d'exclure de ses marchés d'autres hommes et de faire converger vers ses caisses un flux d'argent artificiel sur le niveau duquel, le super-riche s'entend avec ses alliés.

    Est-il un libéral ce super-riche, comme Bezos ou Gates, Zuckerberg ou Soros ? La réponse positive est difficilement soutenable, mais la réponse négative n'est pas exacte. La vieille économie sur laquelle se fondait l'idéologie libérale ne fonctionnait que parce qu'il y avait des producteurs et des consommateurs. Des producteurs, il y en a. Des consommateurs aussi. Mais, ils ne sont plus liés par des marchés au sens libéral. Les super-pauvres que nous sommes ne choisissons plus les produits que nous consommions jadis. Nous consommons par conditionnement publicitaire ce que l'on nous donne. Et le producteur de notre consommation ne détient plus ses machines du capitaliste. C'est devenu plus compliqué.

    Les machines appartiennent essentiellement au Parti communiste chinois. Pour l'instant, il y fait travailler des chinois. Mais, cela pourrait ne pas durer. L'Afrique pourrait fournir la main d'oeuvre qui ne consommera pas ce qu'elle produit pour la Chine. Et demain, pourquoi pas la populace qui erre dans l'ancienne France ? Qui est encore libéral, qui est capitaliste, qui est socialiste ? On ne sait plus vraiment. J'ai forgé - je crois - le terme de capital-socialisme pour décrire l'idéologie économiste de l'Occident américanisé. Cette idéologie ne rend compte ni de la caste des super-riches qui vit nulle part, ni de la populace hyper-pauvre qui hante dorénavant les riches terres où nos pères ont vécu.


  9. L'éradication du christianisme

    C'est une opération qui est aujourd'hui terminée. Du moins en occident américanisé.Il existe toujours des vestiges du catholicisme romain, ou encore de divers protestantismes. L'orthodoxie semble refleurir en Russie. Mais pas en Occident américanisé.

    Le christianisme que je connais le mieux est le catholicisme romain. Traqué par l'athéisme bourgeois des XIX° et XX° sicèle, le catholicisme romain a tenté de s'adapter à cet athéisme avec une stupidité qu'il faut bien comprendre. Jusque dans les années 1980, le catholicisme romain se voyait majoritaire en Occident et dans les possessions américaines et africaines. Il se savait minoritaire en Asie et Océanie, mais cela l'indifférait. Son "aggiornamento" du Concile Vatican II lui a paru comme la marque de sa mansuétude à l'égard d'un monde qui lui paraissait bien ingrat.

    Or, le catholicisme romain a fait une erreur civilisationnelle monstrueuse : il a forgé une civilisation alors que ce n'était pas sa vocation. Du moins aurait-il pu lâcher cette civilisation dans les années de la fin du Moyen-Âge et revenir à ses fondamentaux, que ce n'est pas le lieu d'illustrer ici. Il s'est donc trouvé à animer, puis soutenir, puis conserver une culture qui devenait de plus en plus étrangère à ses idéaux. Le iatus a éclaté une première fois avec la Réforme protestante qui a été récupérée par les princes allemands. Exit le protestantisme qui agonisera sans le savoir en même temps que le catholicisme romain. Mais, le iatus a explosé une seconde fois avec la Révolution française. Partout en Europe, le catholicisme romain a été affreusement maltraité.

    Il tenait là le moyen de son salut : revenir à sa mission. Le catholicisme romain a préféré osciller entre soutien à l'ancien régime et adhésion au modernisme. Il était incapable de ne pas choisir.

    Le catholicisme romain a été largement éliminé par son ethos. Mais, il a surtout rencontré la dialogie de l'athéisme avec lequel il a tenu à lutter. L'athéisme a finit par triompher.

    Mais dans son triomphe, la société occidentale américanisée a perdu ses racines et donc ce qui faisait sa cohésion. Elle a probablement signée son arrêt de mort par son éradication du christianisme.

L'Occident américanisé est fortement menacé par les moyens qu'il a mis en place pour sa propre destruction. Les neuf moyens rapidement analysés ci-dessus ne sont pas exhaustifs. IL y en a d'autres. Mais, ils paraissent sérieux et nous enseignent que l'occident américanisé est voué comme toute civilisation à sa disparition. Et pour lui, cette disparition est prochaine . Encore un an, dix ans ? Je ne sais mais guère plus.



Revue C-Politix (c) 26mai 2021