Les progrès du trumpisme au 31 janvier 2025

Philippe Brindet - 31/01/2025

Le trumpisme est avant tout une "promesse électorale". Et ce genre de promesse "n'engagent que ceux qui les écoutent" selon une vigoureuse formule du regretté Charles Pasqua. D'ailleurs, dans une certaine mesure, Pasqua fut un précurseur du trumpisme. Mais la comparaison nous écarterait du sujet ...

Peut être fort de l'enseignement de Pasqua, Trump s'est beaucoup plus engagé à faire ce qu'il promettait que n'importe quel autre candidat de l'époque moderne. Et de fait le deuxième trumpisme est très nettement en progrès sur le premier.

Le premier progrès du trumpisme deuxième réside dans l'équipe technique qui entoure le nouveau président. L'équipe technique du premier trumpisme ne comportait qu'un seul "conservateur" assumé : le journaliste Steve Bannon. L'erreur de Banon a été de croire que Trump avait compris ce que lui, Steve Banon, lui avait enseigné. A l'époque, le problème de Trump était qu'il n'avait aucune formation politique. Son idéologie était quasi nulle. Par contre, Banon croyait à beaucoup de choses et il était persuadé qu'elles étaient le bien pour l'Amérique.

La faillite du premier trumpisme

Mais Trump I n'a strictement rien compris de ce que pensait Banon. Il n'en a tiré - et encore il n'est pas certain que la formule soit de Banon - qu'un slogan ! "Make America Great Again". Formule géniale qui répliquait au slogan "Yes, you can" de Obama. Les slogans n'entrainent que des victoires électorales. Après, il faut autre chose. Et Trump I n'a pas eu d'autre ressource que de virer Steve Banon, confirmant ainsi que Trump n'était pas un conservateur.

Et de fait, entre les Mike - Pence et Pompeo - le "cataclysmique" Bolton et quelques autres qu'il vaut mieux oublier, Trump s'est borné de faire en plus mal ce que faisaient mal Clinton et Obama. Il a agité des chiffons rouges quand il fallait de la diplomatie. I s'est "couché" quand il fallait montrer sa puissance. Il a laissé pourrir la situation en Afghanistan. Il a été incapable de sortir de la Syrie malgré son ordre au Pentagone de retirer tous les Américains. Dans la pandémie, il s'est couché devant l'homme-lige de Bill Gates, Anthony Fauci et il a couru plus vite que tout le monde dans toutes les "folies covidesques" : confinements, quarantaines, masques, interdictions des médicaments qui sont efficaces, promotion des médicaments inefficaces et dangereux comme le Remdesivir ou les prétendus vaccins ARN ou ADN, .... Plus grave encore ....

Croyant combattre l'immigration illégale avec le mur à la frontière mexicaine, il n'a pas vu la frontière canadienne. Plus grave encore, il n'a pas vu que les milliardaires américains finançaient de manière forcenée les ONGs immigrationistes et en général les organisations et institutions du progressisme "woke" ... Trump n'a pas vu que les milliardaires détruisaient systématiquement l'agriculture et l'industrie américaines. Allez faire MAGA sans les voir ... Il faut d'ailleurs souligner que les milliardaires n'avaient pas attendu Trump pour lancer l'opération. Elle a été initiée par Henry Kissinger sous Nixon ... il y a déjà un moment. Et c'est précisément la date à partir de laquelle la caste des hyper-riches, caste qui se bornait à Ford et Rockfeller (ou à peu près), s'est mis à proliférer. Et Trump est l'un d'eux !

Trump I n'a rien compris aux objurgations de Einsenhower, puis de John F. Kennedy. Il n'a rien compris aux alarmes des conservateurs sur le poids de la corruption par les grandes entreprises, le poids de la trahison par les agences fédérales et les universités, .... Trump I a résulté en Biden : une honte ...

L'espérance du deuxième trumpisme

Trump I a subi l'exécution capitale des vainqueurs du progressisme "woke" : des dizaines de procès, des milliers d'articles de presse, fourbes et cruels, ... Quand Trump annonce qu'il se lance dans la campagne électorale, tout le monde s'esclaffe : "il est mort".

Sa campagne contre toute logique se développe. Mais le danger judiciaire est toujours sur lui. Pour dire le vrai, ce danger judiciaire n'est actuellement que suspendu. Et Trump bénéficie de la haine que Biden suscite dans l'électorat. C'est une chose que les média ont masquée et qu'ils cachent encore. La sénilité de Biden ne cachait pas les corruptions et les trahisons du "progressisme woke". Et cela a exapéré le petit peuple américain. Mais, Biden a probablement perdu l'élection lorsqu'un bizarre "jeune homme" a adressé un coup de fusil sur le lobe de l'oreille de Trump. Ce jour-là, il s'est passé deux choses.

Tout d'abord, le progressisme "woke" a perdu les élections. Et probablement pour longtemps. Pour toujours faut-il espérer. Les américains ont compris que la haine des "woke" contre Trump n'était pas politique. Elle était viscérale, mortelle. Et que cette fusillade lamentable contre Trump, c'était un contrat de mort passé entre les "woke" contre le peuple américain.

Ensuite, Trump a soudainement compris beaucoup de choses qui lui restaient cachées, incompréhensibles. Il a compris cette haine mortelle. Et il s'est souvenu des westerns classiques. Avec James Stewart ou avec John Wayne. La lutte du bien contre le mal. Et Trump s'est rendu compte que son existence dépendait de Dieu et que cette existence comprenait sa mission politique.

Celà fait rire les progressistes" woke". Mais, le peuple américain n'a pas ri. Il s'est enthousiasmé.

Biden-Harris ont été battu et la plupart des "exécutive orders" que Trump II avait promis à ses électeurs sont des arrêts de mort du progressisme "woke".

Des signes encourageants

Le trumpisme II persiste dans l'exécution de ses promesse

Le problème avec un politicien comme Trump - comme avec tous les politiciens - c'est que les promesses électorales ... et vous connaissez la suite. Or avec la "rafale" d'executive orders de l'Inauguration Day, on a eu la suprise d'un politicien qui fait ce qu'il dit dès le premier jour de son exercice. C'est bien entendu un signe encourageant de la politique de Trump II.

Malheureusement, plusieurs de ces édits présidentiels sont attaqués en justice et certains sont suspendus par décision judiciaire. On peut même suspecter que Trump II n'aurait passé ses "executive orders" que parce qu'il savait qu'ils étaient inappliquables ... Il va falloir examiner comment se décante la situation judiciaire avant de se prononcer sur la "bonne foi" politique de Trump II.

Hier, la ministre de l'Intérieur Noem, nouvellement validée par le US Senate, a annoncé que l'administration Trump avait décidé d'annuler les financements des ONGs qui facilitent l'immigration illégale. Cette mesure est mille fois plus efficace que l'édification d'un mur à la frontière mexicaine. Selon les Douanes US, les arrestations de migrants clandestins dépassent les 1.000 par jour depuis le 20 janvier. Le président d'une ONG catholique a déjà "appelé" Trump : "de reconsidérer le gel du financement car il a fourni des « services vitaux » tels que l’accès aux soins de santé, au logement, à la nourriture, etc."

La presse américaine indique cependant que : "Entre-temps, le Bureau de la gestion et du budget a émis plus tôt cette semaine un ordre visant à geler les subventions et le financement fédéraux avant que cette note ne soit annulée plus tard."

Il y a donc des signes encourageants dans l'exécution de la politique annoncée de Trump. Mais manifestement, elle rencontre de fortes oppositions.

Résistant au trumpisme II, le socialisme français accélère sa dégringolade

Le milliardaire français Bernard Arnault était un invité principal de l'inauguration de Trump. Arnault serait devenu l'homme le plus riche du monde devant Musk. Contrairement à Musk, Arnault ne parle pas beaucoup. Et, juste au retour de Washington, Arnault qui réside encore en France, a parlé. Il a déclaré qu'il n'y avait plus aucun avantage à "travailler" en France. Il a juste ajouté une phrase sybilline évoquant les risques qu'il prenait à faire cette déclaration publique.

Dans la foulée, plusieurs autres "capitalistes" français se sont mis "à parler", dénonçant le sort économique que le régime macronien leur fait subir.

On a appris de l'INSEE qu'en 2024, plus de 66.000 entreprises avaient déposé leur bilan. Plus grave encore. Plus de 160.000 entreprises ont enregistré leur radiation sans motif économique. Parce que le travail est devenu impossible en Europe.

A la différence, Trump a annoncé avoir l'intention de supprimer les impôts pour les entreprises productrices aux USA et de les remplacer par les droits de douanes sur les importations vers le territoire US. Le résultat est simple : Bernard Arnault s'installera inéluctablement aux USA. Et tous les entrepreneurs feront de même.

Le trumpisme II donne un nouvel élan au conservatisme européen

Les conservateurs européens - notamment Reform de Farage au Royaume-Uni et Alternativ für Deutschland en Allemagne - sont soutenus par Trump et Musk a décidé de s'occuper d'eux. Ce soutien a déchaîné l'ire des progressistes "woke" qui tiennent le pouvoir en Europe : Scholtz en Allemagne, Macron en France, Starmer au Royaume-Uni. Le pouvoir a cependant compris que le progressisme "woke" ne se maintenait que parce qu'il a le pouvoir aux USA.

La victoire "surprise" de Trump fait penser que le progressisme "woke" y est décédé. C'est évidemment très imprudent de le penser. Mais, d'une part, les conservateurs européens se sont mis à rêver de faire "comme Trump", ce qui est aussi très imprudent. Et d'autre part, certains "progressistes woke" se sont mis à douter de leur avenir, qui ne leur paraît plus une voie royale semée de pétales de roses ....

L'effet est que les sondages font monter les conservateurs - l'AfD est à 23%, Reform UK devance les Tories à 27% - et descendre les "progressistes woke" - CDU - SPD et Grünen, en Allemagne, Tories et Labour au R-U. Le 27 février 2025, le gouvernement Scholtz sera déposé et une nouvelle coalition plus en ligne avec le trumpisme pourrait s'installer avec probablement l'AfD. Si les progressistes ne parviennent pas d'ici là à dissoudre le parti, ce qui est très possible, la démocratie étant le plus sûr chemin pour accéder à la tyrannie. La chose est connue depuis Platon ...

En France, les conservateurs sont comme toujours hésitants. Si Zemmour s'est engagé avec un rien de trumpisme en trop, le RN avec Le Pen et Bardella ont fait de discrètes démonstrations d' "amitié" au trumpisme. Cela provient du tropisme fondateur du Rassemblement National avec le socialisme d'Etat, complètement adversaire du trumpisme. Mais, malgré ce tropisme, Bardella, qui est aussi député européen et vice-président de l'un des partis conservateurs du Parlement européen, vient d'écrire une lettre invitant ses collègues conservateurs à s'allier pour produire une résolution exigeant la suspension du projet "monstrueux" de Green Deal de l'Union Européenne.

Toutes ces choses montrent que le trumpisme secoue l'Occident dans la bonne direction. Jusqu'où ira le rafiot à demi coulé ?


Revue C-Politix (c) 31 Janvier 2025