Observations sur la guerre entre l'Amérique et la Russie

Philippe Brindet - 16 Mai 2022

L'invasion de l'Ukraine par la Russie date du 24 Février 2022. Depuis cette date, malgré le fait que deux territoires étaient déjà largement pro-russes et bombardés en permanence par les Ukrainiens, et qu'elle était installée en Crimée depuis 2014, la Russie ne contrôle qu'une étroite bande de territoire de l'ordre de 80 à 100 kilomètres de profondeur depuis sa frontière. Pendant les quatre premières semaines de l'invasion, elle a même tenté une offensive depuis le Nord sur la capitale Kiev, offensive qu'elle a arrêté pour se replier dans l'Est Ukrainien.

On a alors estimé que le dégel d'Avril bloquait les déplacements militaires et qu'il fallait attendre le mois de Mai pour voir la véritable offensive russe se déployer. Mais, sauf quelques escarmouches et de forts combats d'artillerie, il semble qu'il ne se passe pas grand chose.

Si donc on comptabilise les gains du côté russe, on peut relever :

  • le rivage ukrainien de la mer d'Azov est entièrement aux mains de l'armée russe, sauf l'usine Azovstal dans la ville de Marioupol, où quelques forces ukrainiennes se sont retranchées dans un dédale de souterrains ;
  • les territoires des républiques autonomes de Luhansk et de Donetsk sont largement contrôlés par l'armée russe ;
  • une bande de 5 à 50 kilomètres de profondeur est controlée par l'armée russe dans les régions du Nord de l'Est ukrainien, jusqu'à Kharkov qui serait à nouveau contrôlé par l'armée ukrainienne ;
  • une bande de 20 à 100 kilomètres à l'Ouest et au Nord de la Crimée, sur le rivage de la Mer Noire est aussi contrôlée par l'armée russe face à la ville d'Odessa qui subit quelques bombardements depuis plus d'un mois.

Il semble que l'offensive russe bloque sur deux problèmes :

  • le fait que l'armée ukrainienne a choisi de résister à l'offensive dans des villes en se servant de leurs populations comme boucliers humains ;
  • l'existence de très fortes lignes de fortifications dans le centre - est ukrainien dans lequel l'armée ukrainienne a enterré de très forts effectifs.

On remarque que le front de combat se déroule sur plus de 1.000 kilomètres et qu'il présente une probabilité élevée de ne pas beaucoup évoluer pendant une longue période.

Selon plusieurs sources dont il faut souligner qu'elles sont très peu fiables, l'armée russe serait inférieure à 120.000 combattants face aux 250.000 combattants ukrainiens, auxquels s'ajoutent la défense territoirale et les mercenaires étrangers. Ces derniers comprendraient :

  • les engagés "idéologiques" qui viennent d'un peu partout et dont la valeur militaire est quasi nulle, de sorte que beaucoup sont rentrés chez eux ;
  • des troupes américaines, britanniques et de pays de l'Otan, dont la France, qui y seraient installées depuis plusieurs années, pour des missions variées.

Observation concernant la faiblesse des forces d'invasion russes

Plusieurs sources ont glosé sur la faiblesse de l'armée russe d'invasion. Certains parlent de "conscrits, qui pleurent tous les soirs en demandant leur maman". D'autres estiment que la logistique et les communications de l'armée russe sont complètement défaillantes. Ce sont des allégations destinées à la propagande occidentale. Elles sont dénuées de tout fondement, même si nous ne disposons pas de sources établissant ni la valeur combattante des troupes engagées, ni le professionalisme de la logistique ou des télécommunications russes.

Très clairement, la guerre "vraie" n'est pas entre les "républiques autoproclamées du Donbas" - soutenues par les Russes - contre la "glorieuse" armée ukrainienne, mais entre les Etats-Unis et la Russie. Or, la Russie est un pays immense et les Etats-Unis peuvent opérer indirectement aux moyens de leurs vassaux tout autour de la Russie. Celle-ci doit donc conserver des forces importantes pour protéger son territoire. C'est certainement une raison principale à la possible modicité des forces d'invasion russes.

Cependant, on note que la Russie n'a pas déclaré la guerre à l'Amérique, ni même aux vassaux des américains. Elle n'a même pas déclaré la guerre à l'Ukraine, se bornant à mener une opération limitée de "maintien de la paix", une opération spéciale dit-elle. Il est alors possible que les forces qu'elle a réservé à son "opération spéciale" soient suffisantes pour ses buts opérationels.

Observation sur le sort de l'opération spéciale russe

Une question se pose ici : "L'opération spéciale russe peut elle aboutir à une défaite russe ?"

Pour notre connaissance de la situation, la réponse est positive : la Russie pourrait être contrainte de se retirer d'une grande partie de son avancée dans l'Est ukrainien à cause de la faiblesse possible de son armée d'invasion. En effet, l'Ukraine est maintenant soutenue industriellement par les vassaux des américains qui lui fournissent des armes et probablement des combattants. Peut être pas aujourd'hui, mais cette implication militaire est de plus en plus probable.

L'engagement de combattants de l'Otan pour soutenir l'armée ukrainienne est probablement déjà assurée, parce que les livraisons d'armes devraient être accompagnées d'instruction pour l'emploi de ces armes. L'armée ukrainienne a déjà une certaine "éducation" au matériel américain de l'OTAN, mais, par exemple elle ne peut même pas utiliser des chasseurs "otanisés" de l'époque soviétique que voudraient lui livrer la Pologne et d'autres exciteurs du conflit.

Indépendamment de l'engagement des vassaux des américains dans les combats, il est possible que les fournitures d'armes et de munitions par les occidentaux à l'Ukraine contraignent l'armée russe à éliminer totalement l'armée ukrainienne. Si la Russie veut éviter de devoir se retirer des territoires occupés en Ukraine, elle va devoir écraser totalement l'armée ukrainienne.

Est-ce possible ?

Oui. Ainsi les grandes déclarations de soutien à l'Ukraine, déclarations irresponsables appuyées par les livraisons d'armes et de munitions, vont contraindre la Russie à accroître la férocité des combats pour parvenir à l'élimination complète de l'armée ukrainienne. Et cette élimination achèvera de caractériser la férocité du régime occidental qui "combat jusqu'au dernier ukrainien". Mais la Russie n'aura pas d'autre choix.

Sauf que, une fois l'"allié" ukrainien détruit, l'Amérique se trouvera directement en face de la Russie. Que se passera t'il et est-ce que la Russie arrêtera son opération avant cette situation ?

Observation sur le sort de l'Ukraine et des autres vassaux américains

On a dit à l'instant que le sort de l'"allié" ukrainien était le moindre des soucis américains. En réalité, l'Amérique se borne à exiger de ses vassaux qu'ils obéissent dès lors que leur maître absolu exige leur sacrifice. Dans la pratique, pas un peuple n'est capable de se sacrifier sur ordre. Pour y parvenir, il faut aux américains obtenir la soumission des peuples. Et ils utilisent deux méthodes concourantes.

Selon la première méthode, ils prennent le contrôle social de la population locale en la contraignant à adopter une culture qui ne reconnaît plus que deux expressions : la haine et la panique. Pour y parvenir, il faut corrompre les qualités morales et culturelles jusqu'à la moëlle de la population. Selon la seconde méthode, les américains prenenen tle contrôle opérationnel de l'état ukrainieN. Selon plusieurs sources il y a des fonctionnaires émricains ou occidentaux à peu près partout en Ukraine.

Dans le cas de l'Ukraine, les américains qui sont à la manoeuvre depuis 1994, ont eu le temps de faire disparaître toutes les particularités culturelles locales en y imposant la "null-culture" des variétés et de la pop, en démantelant l'instruction, par exemple en faisant interdire la langue russe. La Russie a bien compris cet effort en faisant de cette agression culturelle l'un des piliers des motifs de son opération spéciale. La population ukrainienne est entièrement pervertie par les média et par des entreprises absolument ahurissantes comme celles des agences de location d'uterus qui permettent aux pervers occidentaux de commander autant de bébés qu'ils en ont besoin.

Le fait est connu depuis des années. L'armée russe s'est emparée de plusieurs registres commerciaux qui décrivent par le détail l'activité incroyable de ventes de bébés et de locations de femelles opur les produire. Quand une population pratique de telles atrocités, elle est prête aux pires barbaries. Et de fait, la population ukrainienne est quadrillée par une myriade d'organisations néo-nazies, qui rendent un culte à la force et à la brutalité, et qui exaltent la haine des russes qui sont encore nombreux en Ukraine américanisée. C'est leur présence grandissante qui constitue un autre pilier des motifs de l'intervention russe. Et leur présence et leur action en Ukraine assurent une protection à la corruption américaine.

Cette corruption éclate avec l'activité inouïe des oligarques ukrainiens qui, non seulement pillent les richesses de l'Ukraine, exploitant la moindre occasion de s'enrichir et donc d'appauvrir davantage la population ukrainienne, mais aussi interviennent dans la politique ukrainienne en s'emparant des places de pouvoir comme gouverneurs de provinces ou même la présidence de la République ukrainienne. Or, la plupart des activités commerciales des oligarques est rendue possible par la corruption insensée des politiciens américains. Pour l'Ukraine, le plus corrompu d'entre eux est simplement Joë Biden, l'actuel président US. Il est engagé par l'intermédiaire de prête-noms, souvent ukrainiens, et sous la surveillance de son fils Hunter, dans un nombre incroyable d'affaires de corruption.

On connaît deux affaires de corruption de Biden en Ukraine. La première remonte aux années 2014, quand Biden était Vice-Président de Obama, et en charge des "affaires" ukrainiennes. Il a placé un nombre étonnant d'avocats et affairistes américains dans les conseils d'administration des entrepises ukrainiennes se livrant au négoce international. L'une d'elles, Burisma, évoluait dans les produits pétroliers et le fils Hunter était directement au Conseil d'Administration. Quand une telle entreprise ukrainienne veut obtenir un marché où que ce soit dans le monde, du moment que ce marché est en dollars, Biden "touche" un pot-de-vin. Et un tel racket n'est possible que si, symétriquement, un oligarque ukrainien touche son propre pot-de-vin pour protéger l'opération localement en Ukraine.

Tout récemment, on a découvert une nouvelle affaire de corruption dans laquelle Biden se trouve directement. Il s'agit d'une entreprise ukrainienne de développement de produits microbiologiques, dont on estime qu'il s'agit en réalité d'armes biochimiques. Il s'agit pour cette entreprise de capter des fonds du gouvernement américain, fonds délivrés sur ordre du Président Biden. En Ukraine, le fils Biden est au conseil d'administration de l'entreprise et récolte les fonds provenant du Pentagone sur ordre de son père et les renvoit dans une filiale "Biden" au Delaware. Là aussi au moins un oligarque ukrainien "protège" la manoeuvre locale.

L'Ukraine est le lieu d'importants développements d'armes biochimiques et la présence de ces entreprises très discrètes est aussi un autre pilier des motifs de l'intervention russe en Ukraine.

Mais, ce racket d'un pays par les américains et sa dégradation en une barbarie sans nom sont le propre de tous les vassaux américains. Plus un Etat se "couche" devant les exigences de Washington, plus sa population s'appauvrit et se barbarise tandis que les oligarques s'enrichissent et enrichissent les politiciens américains. Cette prévarication est très nette au Royaume-Uni et en Allemagne. Elle est de plus en plus fréquente en France. On peut citer l'affaire Alsthom comme cas d'école. Il y en a bien d'autres. La seule voie qui s'ouvre alors, c'est la guerre.


Revue C-Politix (c) 16 Mai 2022