Observations sur la situation en Ukraine à la veille de NoëlNoël, cette fête occidentale héritée de la vieille religion chrétienne, reste une manifestation d'adhésion à la paix et à la bonne volonté. Surtout entre les proches, les amis, la famille. Elle ne sert plus depuis lontemps de trêve entre les nations ni entre les peuples. La guerre en Ukraine entre la Russie et les Etats-Unis n'aura donc aucune relâche.1 - Le front semble figé sauf dans la région de LouganskSi la ville de Lougansk est bien protégée - d'après nos informations, elle reçoit peu de bombardements - si la ville de Kherson a été remise à l'armée ukrainienne par un retrait stratégique russe, la ville de Donetsk est depuis des années sous le feu des canons et lance-roquettes ukrainiens. Il est donc essentiel pour les forces armées russes de trouver un moyen d'écarter d'au moins 80 kilomètres le front ukrainien vers l'ouest. Actuellement, tout accord de paix - il n'en est question d'aucun - n'aurait aucun intérêt pour la partie russe. Donetsk est l'une des plus grandes villes du Donbas et, pour être vivable, Donetsk doit être placée à l'abri du feu ukrainien. Or, Donetsk subit des bombardements d'artillerie quotidiens, notamment par des canons César fournis par la France. Même s'il existe une activité certaine au Nord et à l'Ouest de Donetsk, le commandement russe a manifestement privilégiée la bataille de Bakhmut, située à l'ouest de Lougansk. Les russes sont engagés en même temps à Soledar à 30 kilomètres au Nord. Les combats durent depuis plusieurs mois et Zelenski, est venu visiter le front de Bakhmut peu avant son départ à Washington. On peut penser que les russes ne sont pas prêts de l'emporter. Il n'est pas clair de savoir si l'armée russe piétine parce que l'armée ukrainienne est meilleure en défense qu'elle ne l'est en attaque, ou si - selon certains observateurs pro-russes - l'armée russe utilise le front pour affaiblir l'armée ukrainienne. On sait que l'armée ukrainienne subit des pertes. Combien ? Certains estiment de 300 à 500 hommes par jour. Il y a deux semaines, Von der Leyen a, par un lapsus, annoncé 100.000 morts dans les rangs de l'armée ukrainienne, ce qui a été contesté ensuite. On a un peu le sentiment que les batailles de Bakhmut et de Soledar sont une offensive à mi-chemin entre Donetsk qu'il faudrait défendre et de Kharhov qu'il faudrait attaquer. Mais depuis la retraite de Lyman, il n'en est plus question. 2 - Le problème de ZaporijaUn peu plus vers le Sud, les Russes rencontrent le problème de la centrale nucléaire de Zaporija - à Ernegodar sur la rive sud du Dniepr - qu'ils occupent, mais qui reste sous le feu de l'artillerie ukrainienne qui n'hésite pas à bombarder des installations potentiellement radioactives. L'époque des assauts de commandos ukrainiens à travers le fleuve Dniepr semble cependant révolue. Hiver peut être ou solidité de la défense russe ? On ne sait. La position russe est fortement fragilisée par la centrale alors que la ville même de Zaporija reste inaccessible à l'armée russe. Franchir le fleuve Dniepr ne semble pas avoir actuellement d'intérêt stratégique pour les russes. Pourtant la prise de la ville de Zaporija semble une nécessité. Au moins sa partie Est se situe sur la rive du Dniepr qui devrait constituer une ligne de cessez-le-feu utilisable en temps de "non-belligérance". 3 - Le problème de KhersonLe problème de Kherson est un peu semblable à celui de Zaporija. Sauf que la ville est sur la rive Nord du Dniepr et qu'il n'est donc pas essentiel de posséder la ville sur une ligne naturelle de cessez-le-feu. Le problème de Kherson est ailleurs. La première composante du problème est que Kherson a été abandonnée par l'armée russe en novembre 2022 dans une retraite inattendue intervenue à la faveur d'un changement du commandement russe. Une telle retraite "tactique" pour passer l'hiver exige une reprise ultérieure de la ville et de sa région Nord au printemps ou à l'été 2023. La seconde composante du problème est que Kherson permet d'ouvrir la route terrestre et côtière sur Odessa. La première étape est Mikolaïev que les russes avaient à portée de canon en Novembre et qui s'est éloignée avec leur retrait. La campagne sur Odessa est donc - pour l'instant - un projet abandonné, même si un assaut par la mer et les airs pourrait s'envisager. Nous ignorons si les moyens maritimes et aériens de la Russie lui permettrait une telle campagne. Il semble que les ukrainiens soient incapables d'utiliser la dynamique du recul russe sur Kherson. Ils s'en sont juste servis pour une campagne de relations publiques, instillant dans l'opinion occidentale l'idée saugrenue que la route vers la Crimée leur était ouverte. Il faut sûrement attendre le printemps pour savoir si cette rodomontade en est une. Ou pas. 4 - Le problème de Odessa et de KharkovAu point de vue stratégique, la prise de ces deux régions est essentielle pour la Russie. Sans elles, l'agression de l'Ukraine serait insatisfaisante. On peut même se demander si, sans la prise de Kiev, une campagne russe peut s'arrêter. Mais c'est une autre affaire. Même avec le renfort des 300.000 rappelés russes, on ne voit pas que la Russie puisse engager de telles opérations. Mais ... Il existe une tendance géostratégique difficile pour le régime de Zelenski. Même si l'Union européenne, la Grande-Bretagne et les USA font assaut d'amabilités à son égard - on se demande parfois pourquoi, mais c'est une autre question - on sent bien que les patiences arrivent au bout du soutenable. La comédie de la réception à Washington de Zelenski par Biden et Pelosi ne doit pas cacher que le soutien de l'Ukraine est une politique condamnée. Une deuxième tendance de fonds est provoquée par les très puissants bombardements opérés par les russes sur l'ensemble des infrastructures militaires, mais aussi énergétiques et de transport des ukrainiens. Il n'est pas sûr que l'aide occidentale ou otanesque soit de nature à empêcher un effondrement de l'Ukraine, décomposée par les destructions massives opérées par les missiles et les drones russes. Une troisième tendance de fonds réside dans la duplicité de plusieurs des alliés du régime de Zelinski. Tout d'abord, Zelinski n'a d'intérêt pour les maîtres de l'Alliance, les USA, que tant qu'il est capable de faire subir quelques dommages à la Russie. Passé ce temps de nuisance, Zelinski sera certainement abandonné par les USA. Déjà les chefs militaires américains l'engagent à négocier ... "Ce qu'en termes galants, ces choses-là sont dites ...". Mais, il y a plus grave. 5 - Des revendications territoriales extérieures ...La Pologne, complètement aveuglée par sa slavophobie historique, s'est ruée à soutenir Zelinski, allant jusqu'à lui prêter plusieurs brigades mécanisées. Plusieurs journalistes ont découverts des cimetières militaires dans le sud de la Pologne qui ne laissent pas de doute sur cet engagement qui va au delà de la simple Légion étrangère de Zelinski. Mais, la Pologne avait manifestement des visées très différentes. Elle lorgne sur la Galicie, - la partie occidentale de l'Ukraine actuelle qui est une région à forte minorité polonaise. Varsovie souhaite, par un moyen ou par un autre, réintégrer ce bon tiers de l'Ukraine dans une Grande Pologne de la Baltique à .... la Mer Noire. C'est un peu loin, mais en s'arrêtant un peu avant ? Il y a quelques temps, le Hongrois Orban s'est exhibé dans un stade avec une écharpe grande ouverte qui montrait une carte sur laquelle la Hongrie s'étendait assez loin dans le terrioire ukrainien. Cette région comporte une minorité hongroise très active. Un député hongrois avait en son temps souhaité ses voeux les meilleurs aux Polonais à l'occasion de leur Fête Nationale. En prophétisant qu'un jour la Pologne et la Hongrie auraient une frontière commune ... Ceci ne peut se réaliser qu'en annexant la partie magyare de l'Ukraine ... Il faut savoir que la Roumanie a exactement les mêmes revendications avec une population roumaine en Ukraine. 6 - Les exactions de l'Otan réapparaissent. Parfois, trente ans plus tardIl existe encore un problème supplémentaire. La Serbie est très inquiète des menées de l'Albanie dans le Nord-Kosovo. A cause des exactions de l'OTAN des années 90, une partie serbophone du Kosovo est "protégée" des menées albanaises et kosovares par une sorte de "neutralité" ; les forces de sécurité kosovares ou albanaises n'ont pas "le droit d'y pénétrer". Or, depuis quelques semaines, elles y pénètrent et se livrent à des arrestations illégales de Serbes. Or, par les traités KFOR, la Serbie dispose d'un certain droit d'intervention. La Serbie a demandé à l'OTAN le droit d'utiliser ce droit. L'Otan, bien entendu, "tarde" à répondre. Que se passera-t'il si la Serbie "perd patience" et ouvre un nouveau front à l'ouest de l'Ukraine ? Si on aborde cette question des "revendications" extérieures au conflit entre la Russie et l'Ukraine, il faut ausi se souvenir que les Etats-Unis et leurs services spéciaux, appuyés par les hyper-milliardaires comme Soros, Gates qui possède indirectement 40% des terres agricoles d'Ukraine, ou Musk, qui fournit les communications par satellite de l'armée ukrainienne, ne sont pas avares à fomenter des troubles à la périphérie de l'empire russe. En 2019, c'était en Biélorussie. Depuis le conflit en Ukraine, c'est en Arménie. Mais aussi au Kazhakstan. Et tout récemment une bizarre révolte contre la corruption "charbonnière" en Mongolie. Jusqu'à présent, Moscou est parvenu - selon les informations disponibles - à arrêter ces tentatives. Mais, les services spéciaux américains travaillent aussi en Russie. Poutine a résisté contre leus menées en interdisant tout une myriade d'ONGs droits-de-l-hommistes dont la CIA et ses alliés milliardaires ont le secret. Un salarié de la CIA qui animait un parti d'opposition picrolinesque est en prison. Mais, des troubles pourraient apparaître. La fille d'un allié du régime russe Dugin, a été assassinée en Juillet 2022 près de Moscou, manifestement par des agents spéciaux ukrainiens, certainements aidés par l'Otan. On voit "fleurir" en Russie des incendies et d'autres destructions qui ressemblent fort à des sabotages exécutés par des services spéciaux. Le plus célèbre d'entre eux est celui des gazoducs NordStream 1 et 2 en Baltique. 7 - Quel résultat de toutes ces péripéties ?On peut se demander quand l'ensemble de ces péripéties se seront développées, si l'armée russe pourrait encore rencontrer la moindre résistance de l'armée ukrainienne. L'armée russe pourrait alors avancer sur des positions correspondant aux buts que lui a assigné son chef, le Président Wladimir Poutine. Sans exposer trop de pertes de son côté. Il est possible que la stratégie russe tienne compte de ces circonstances possibles. Mais, peut être que non. |