Où vont les Etats-Unis, la marche au chaos

Philippe Brindet - 21/11/2024

Il y a déjà quinze jours que Kamala Harris a été battue aux élections présidentielles américaines. Le Président-Elu s'appelle donc Donald Trump. Mais sera t'il Président-Nommé ? On peut se le demander.

Les manoeuvres des progressistes américains pour déclencher une guerre engageant les Etats-Unis directement.

Les progressistes américains viennent d'obtenir l'accord de Biden pour que les forces armées en Ukraine puissent engager des missiles longue portée sur les arrières de l'armée russe. A l'intérieur des frontières de la Russie proprement dite. Un territoire que Poutine et son administration tiennent pour sacré. Une menace contre lui suffit à déclencher l'arme nucléaire russe. A priori, l'armée russe pourrait encore s'en tenir à une réplique limitée au territoire ukrainien. Mais une réplique significative au sens géostratégique va de plus en plus exiger que des dommages très considérables soient infligés aux biens occidentaux. D'ailleurs les biens proprement "ukrainiens", sous le contrôle du régime américain de Zelinsky, si vous préférez, commencent à se raréfier.

Il n'existe pas d'informations publiques vérifiées - notamment confirmées par les autorités occidentales (US et UE) - selon lesquelles des biens ou du matériel humain occidental, américain notamment, aient été détruits par des frappes russes. Il existe cependant plusieurs informations provenant de sources libres selon lesquelles des biens matériels et humains appartenant aux Occidentaux ont été délibérement détruits pas des frappes russes. Or, on peut supposer que les forces militaires du régime ukrainien s'épuisant, de plus en plus de biens matériels et humains du camp occidental se trouvent en Ukraine. La densité de frappes russes sur ces biens pourrait s'accroître.

Les Anglais, suite à l'autorisation de Biden, se sont sentis autorisés à transmettre la même autorisation de leurs missiles de croisière Storm Shadow, ce que Zelinsky a sur le champ excuté en lançant une dizaine de Storm Shadow sur l'oblast de Bryansk. Comme les français sont en train de remttre des Mirage-2000 aux forces de Zelinsky, il est probable que les SCALP, équivalent français des Storm Shadow, vont aussi apparaître sur les arrières russes. A ce sujet, on peut se demander si les Ukrainiens ont utilisés les missiles américians, ATCSM à longue portée de eur propre chef,en rétendant avoir recçue l'autorisation. ET les anglais et français en auraient profité. Sans véritable accord américain ... Cette situation n'est qu'une hypothèse. Mais aujourd'hui, il n'y pas de raison de douter de l'autorisation au moins du Pentagone.

Enfin, en violation d'un traité international dont les Etats-Unis sont membres, Biden a autorisé le régime de Zelinsky à utiliser des mines anti-personnel. On peut penser que l'administration progressiste sous le nom de Biden va multiplier les provocations militaires à la Russie.

Pourquoi ?

La guerre en Ukraine est perdue pour les occidentaux. Sa poursuite et son intensification ne devraient pas permettre un changement. La Russie en effet se renforce comme puissance. La Banque mondiale prévoit qu'en 2024 la Russie sera classée en 4° place en termes de PIB national, tandis que les USA se trouvent confirmés à la 2° place, loin derrière la Chine (la France a reculé à la 9° place). Ce n'est donc certainement pas pour que l'Ukraine écrase la Russie que Biden se lance dans des provocations guerrières. D'autant que la Corée du Nord semble s'engager davantage aux côtés de la Russie, ainsi que l'Iran. La Chine se semble pas être disposée à subir des menaces américaines.

Une hypothèse serait que la caste progressiste au pouvoir en Occident aurait deux positions :

  • en politique étrangère : "nous" ne sommes pas pressés. La Russie sera détruite à long terme. La lutte du progressisme occidental contre l'existence de la Russie accroît encore le chaos en occident, tant aux USA, en Europe, dans le Commonwealth que dans les autres satellites de l'occident.
  • en politique intérieure : "nous" ne sommes pas pressés. Les Etats-Unis sont déjà dans l'état de chaos recherché par le camp progressiste. Il est vital que Trump n'accède pas au pouvoir parce qu'il pourrait réduire le chaos.
  • Une bonne solution serait de conduire la Russie à déclencher la guerre contre les Etats-Unis. Ceci assurrerait le triomphe du chaos progressiste d'une part et permettrait à la caste progressiste de faire déclarer un état martial qui bloquerait l'arrivée de Trump au pouvoir d'autre part.

    Les intentions démontrées de Trump

    Trump a beaucoup parlé pendant sa campagne. Selon la presse américaine, pour la période commune avec Harris, il a parlé 3 fois plus que Harris. Mais pourtant, on ne sait pas vraiment ce qu'il va faire. Hors du camp progressiste, chacun imagine que Trump mènera la politique de cette imagination ... C'est excellent jusqu'aux résultats de l'élection. Après, les désillusions vont s'accumuler ...

    Les analystes indépendants sont tous d'accord. Lors de son premier mandat, Trump n'avait rien compris à la corruption politique des Etats-Unis. Il imaginait qu'il avait le pouvoir suprême : celui du chef des armées. Il a décidé du retrait des troupes américaines de Syrie et d'Irak : elles y sont restées et y sont encore. Trump s'est sûrement mis en colère quand il a appris que "rien ne bougeait" ... Mais le FBI qu'il a dû mobiliser contre le Pentagone n'a pas plus bougé. Pentagone et FBI appartiennent depuis longtemps au camp progressiste. Et Trump ne l'avait pas compris.

    Pour son second mandat, a t'il compris la corruption politique ? Rien n'est moins certain. Il semble cependant qu'il ait décidé deux choses :

    • les "néocons" de sa première administration, les Pompeo, Bolton, Halley et autres ont été consciennement écartés. On ne sait pas toutefois si leur éviction tient au fait que Trump a compris leur corruption.
    • Les "ténors" qu'il a l'intention d'installer à la tête des ministères et agences de sa nouvelle administration ont parfois des attitudes de gens qui ont compris la corruption politique que Trump n'avait pas détectée. C'est le cas de Robert F. Kennedy Jr. Peut être celui de Musk et de Rasmusswany. Mais, il vient de nommer à la direction d'une certaine agence de santé au Dr Oz, affidé du World Economic Forum, le "club" leader de la corruption progressiste occidentale. Quant à Musk, lu-même, il a livré Starlink à l'Ukraine, puis l'a mise en location auprès du Pentagone ... Il n'a peut être pas compris ou alors, il émarge largement au camp progressiste ...

    Le problème de la guerre avec la Russie est contraire aux intentions générales de Trump, y compris lors de son premier mandat. Très clairement, Trump est engagé pour des relations non armées avec la Russie, la Chine et la Corée du Nord. Avec l'Iran, c'est moins clair. Mais, contrairement à ce que la caste progressiste laisse entendre, notamment dans ses médias, Trump n'est pas plus un pacifiste qu'un isolationiste.

    Aller plus loin cependant, relève de l'extrapolation risquée.

    Cependant, on peut imaginer que Trump est un réaliste et un pragmatiste. Or, le constat de la supériorité militaire de la Russie n'a probablement pas pu lui échapper. Il sait qu'en quatre ans, la caste progressiste a complètement détruit la combativité de l'armée américaine pour deux causes:

    • le mouvement progressiste a imposé le "wokisme" le plus effarant dans l'armée américaine, ce qui a détruit la discipline militaire d'une part et écarté les militaires les plus capables de participer à une véritable guerre d'autre part ;
    • les biens matériels nécessaires à une véritable guerre, avec la Russie notamment, manquent complètement. Les armes nouvelles sont des épouvantails en papier glacé des revues militaires du Pentagone. Rien de mieux ;

    Or, l'état militaire des "alliés" des américains est bien pire que le leur. Leurs troupes sont probablement inutilisables dans une guerre totale du genre que mène la Russie en Ukraine. L'armée française, probablement la meilleure de l'Otan est une armée qualifiée par ses chefs d'armée échantillonnaire. De tout ce qu'il faut, mais en faibles qualtités. Et le tissu industriel est incapable de soutenir le moindre effort de guerre.

    Dans cette analyse, pour autant qu'elle soit juste, Trump devrait déduire qu'il faut cesser les combats et trouver un terrain de discussions avec les Russes. Le problème avec les Chinois (celui de Taïwan) peut être différé et le problème avec l'Iran dépend particulièrement d'Israël. Mais, une paix tacite avec la Russie, libèrerait des ressources, et cette hypothèse peut plaire à Trump.

    Son seul problème est de savoir s'il aura les moyens politiques internes d'imposer ses vues au Pentagone, à la CIA et au FBI. En un mot, à la caste progressiste. C'est très incertain ....

    Conclusion

    Dans la marche au chaos volontairement imposée depuis trente ans par la caste progresssiste, l'arrivée de Trump a été et est préparée. Trump a certainement des atouts. Las, il est clair que la caste progressiste ne restera pas sans réagir à sa victoire électorale. Dans l'état du chaos progressiste, le pouvoir politique n'est plus le premier. Un homme sénile a pu assurer sa maîtrise, ce n'est pas peu dire ...

    Et on voit que les ennemis de l'Occident ne sont pas seulement ceux que la caste progressiste nous désigne.


    Revue C-Politix (c) 21 Novembre 2024