Politique intérieure française - Quelques observations de Mai

Philippe Brindet - 04-05-2026

Actuellement, la politique intérieure française est dominée par trois menaces qui sont :

  1. l'Algérie ;
  2. la tripartition politique ; et
  3. la dette.

J'ai honte d'affirmer que l'Algérie serait la première menace de la politique intérieure française. Mais cette menace se manifeste par les faits suivants :

  • la capture du journaliste sportif Christophe Gleize ;
  • la condamnation de l'écrivain franco-algérien Kamel Daoud par l'Algérie à 3 ans de prison ;
  • la persécution de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal à la fois par les autorités algériennes et par la caste des intellectuels parisiens, Sansal ayant été libéré des geôles algériennes par l'action diplomatique de ... l'Allemagne ;
  • la persistance du refus de l'Algérie de reprendre les repris de justice condamnés en France et de nationalité algérienne, au nombre de plusieurs milliers ;
  • l'accroissement continu d'une immigration algérienne qui cimente son implantation nationale en France par trois voies :
    • la pratique d'un islam contrôlé par le gouvernement algérien ;
    • le quadrillage de la communauté algérienne en France et sa propagande par des agents algériens - les dénommés "influenceurs" - agissant sur les réseaux sociaux ;
    • la participation active de la communauté algérienne en France aux événements sportifs en faveur de l'Algérie et aux élections nationales algériennes.

Pour épuiser cette première menace contre la politique intérieure de la France, la France devrait prendre des mesures de politique intérieure et certainement pas comme elle le tente vainement depuis quarante ans par des manoeuvres diplomatiques douteuses et entièrement inefficaces. Se confronter "diplomatiquement" avec l'Algérie conduirait inévitablement à une guerre dès lors que les manoeuvres diplomatiques françaises rencontreraient un certain succès. L'Algérie n'aurait plus d'autres moyens. Il faut éviter ces extrêmités. Mais les louvoiements du gouvernement français de refuser de considérer le vrai problème rendent une crise militaire non inévitable.

Quels moyens la France pourrait employer en politique intérieure pour contrer le danger de l'Algérie ? Manifestement, la France est ligotée par le maquis réglementaire européen et par les normes internationales. Une politique intérieure énergique exigerait que le gouvernement français prenne une position dont l'énergie devrait être à la hauteur du problème.


La deuxième menace est la tripartition politique de l'Etat. Or, l'Etat français est depuis la nuit des temps structuré pour fonctionner en deux camps : majorité contre opposition, droite contre gauche, riches contre pauvres, conservateurs contre progressistes, républicains contre monarchistes, etc. Quand la tripartition s'installe en politique intérieure, celle-ci tombe en déraison, entre en crise, ...

La menace est énorme pour le Parlement qui est devenu le lieu de l'affrontement entre trois groupes excités par leurs haines idéologiques et par leurs appétits de pouvoir. Pour dire la réalité de l'Assemblée, elle se répartie entre :

  • un bloc plutôt nationaliste avec le RN de Le Pen et Bardella et l'UDR de Ciotti ;
  • un bloc analogue au Marais de la Convention de 1793 assemblant les débris du macronisme et du sarkozysme qui font n'importe quoi pour ne pas être "de droite" ;
  • un bloc analogue au radicalisme de la Troisième République mélangeant les bourgeois rescapés du naufrage du socialisme mitterandien aux prolétaires de la mascarade écolo-gauchiste.

Le problème de cette tripartition parlementaire réside dans ce que le vote majoritaire rend impossible l'adoption de la moindre loi. Il faudrait introduire une quatrième différentiation pour que des réarrangements puissent se produire et de renoncer à la majorité à plus de 50% des voix. C'est impossible à prévoir. Il faudra ou bien que l'Assemblée soit détruite ou bien que l'un des blocs soit détruit par les deux autres.

Le problème réside en ce que cette tripartition du Parlement se retrouve partout dans l'Etat. Par exemple, à côté de l'Etat républicain avec sa propre tripartition classique : législatif, exécutif et justice qui fonctionne bien quand l'un des pouvoirs annule l'un des deux autres, on retrouve deux autres blocs constitués :

  • le premier par les institutions européistes - Parlement européen, Commission de Bruxelles et Cours de justice comme la CEDH,
  • le second par l'Etat de droit : Conseil d'Etat, Conseil Constitutionnel, ONGs; presse ploutocratique, ...

Ces "tripartitions" s'intriquent les unes dans les autres de sorte qu'il n'est plus possible qu'une politique rationnelle soit menée d'autant que la Caste qui a pris le contrôle de la politique en Occident et par dessus les Etats est elle même une tripartition comprenant :

  • les hypermilliardaires et leurs laquais dont les biens ont été découplés de l'emprise politique étatique ;
  • les politiciens qui ont été découplés de leurs nations ; et
  • les médiacrates qui ont été découplés de leurs publics.

Peut-on sortir de cette menace ? Certainement ... par l'effondrement dans le chaos !


Le troisième menace en politique intérieure réside dans la dette de la France.

La croissance de la dette est un phénomène qui a pris un aspect "pathologique" il y a quarante ans environ. Il ne s'agit donc pas d'un "expédient" budgétaire, mais d'une réelle volonté de la part des politiciens et de leurs commettants. Mais on peut aussi admettre que la cause de la dette est complexe.

Tout d'abord, la politique de la dette est concomittante avec une politique de destruction volontaire des moyens de production : mines, énergie, agriculture, industrie. L'effet pour les français a été de détruire le travail à peu près complètement.

Le résultat est que le peuple français - comme les peuples voisins - s'appauvrit davantage chaque année à peu près à la même vitesse que la dette s'accroît.

Cet appauvrissement est souvent nié par la propagande du régime occidental. Et en effet, les 10% des français les plus riches sont en 2026 beaucoup plus riches que les 10% des français les plus riches d'il y a quarante ans. Mais ce que la propagande française dissimule, c'est que la richesse des 50% des français les plus pauvres en 2026 est considérablement plus faible que celle en 1986.

Le résultat de cet appauvrissement est légèrement remédié par le recours aux transferts sociaux. Et ces transferts sociaux sont de plus en plus largement financés par la dette de l'Etat. En d'autres termes, l'Etat "achète" la paix sociale en payant des vacances aux pauvres. Et comme l'Etat n'a plus de revenus, il a besoin de l'emprunt. Et cet emprunt lui est consenti par la Caste des hypermilliardaires qui, en échange, prennent le contrôle des Etats principalement pour protéger leurs malversations.

En réalité, la dette ne produit le mirage de la vie "à crédit" que pour ceux qui ont envie d'être bernés. Par la propagande occidentale. Le régime occidental n'a qu'un seul objectif : détruire l'occident en tant que civilisation. Et de ce point de vue, l'endettement est à la fois une façon de dissimuler le massacre civilisationnel et de l'opérer sous anesthésie.

La démocratie et la République ne sont pas armées pour résister à cette menace, ni aux deux menaces précitées.


Revue C-Politix (c) 4 Mai 2026