Quelques notes au sujet de Raymond Aron et de l'effondrement de l'OccidentFigure du journalisme gaulliste, il est resté aux marges de la politique française. Universitaire respecté, Raymond Aron a développé une pensée politique et sociologique opposée au progressisme gauchiste, alors mû par le marxisme, mais qui dialoguait avec lui. Occidental, Aron était convaincu de la supériorité de l'Amérique dans le bloc occidental. Mais, il a écrit deux essais : "La fin de l'hégémonie américaine" et "La Décadence de l'Occident" dont les titres seuls pourraient le classer parmi les "décadentistes" ou les "collapsologues", vaguement complotistes et certainement honnis par le progressisme woke qui a succédé au progressisme marxiste du temps de Aron. Un première observation sur la politique chez AronChez Aron, comme chez la plupart des politiologues et sociologues de son temps, la politique est exclusivement l'affaire de l'Etat et des chefs d'Etat. Il insiste sur l'exigence de démocratie. Mais, celle-ci n'a mission que l'élection du chef. Le reste lui est étranger. Pas de "contre" pouvoir, les médias, sont les médias. Ils servent essentiellement à faire circuler des idées parmi la classe intellectuelle. Les ONGs, les think tanks, les lobbies et autres groupes de pression sont complètement inconnus. Et Aron est particulièrement sensible au fait que seuls quelques intellectuels parviennent dans les arcanes du pouvoir politique qui reste entr ele mains du chef de l'Etat. Grâce aux institutiond démocratiques, il existe un certain jeu politique entre le régime et son ou ses oppositions. Mais, cela reste un jeu et, gaullisme oblige, chez Aron, tout est entre les mains du chef de l'Etat. ET il ne voit pas les choses différemment aux USA, en Allemagne Fédérale, au Royaume-Uni, ... Il s'en suit que dans l'analyse de Aron, la cohérence apportée par la volonté du chef de l'Etat lui dissimule les errements de la société civile. L'exemple type est la révolution drolatique de Mai-68. Dont il est loin de se gausser. Mais qu'il n'interprère pas comme un changement majeur politique. Or, cinquante ans plus tard, Mai-68 a été la manifestation d'un changement majeur de toute la société occidentale. Mais, au demeurant, il est inefficace de juger les années 60 et 70 avec une sociologie des années 2020. Et on ne peut reprocher à Aron d'être un penseur de son temps.D'autant qu'il est talentueux. De quelle chute Aron témoigne-t'il ? |