Quelques observations sur la situation politique en Allemagne

Philippe Brindet - 30/03/2025

Ainsi que nul ne l'ignore, mis en minorité au Bundstag, le chancelier socialiste Scholtz a été contraint de convoquer des élections législatives anticipées. Un parti faisait craindre le pire aux socialistes. Il s'agit de l'Alternativ für Deutschland, AfD, qui est insulté comme étant un "parti d'extrême-droite", "une faction fasciste tentée par le nazisme" et autres étiquettes répétées depuis plusieurs années par la propagande médiatique à la solde du régime allemand dans le but de détourner un électorat puéril, ignorant et incapable même du reste de démocratie que lui concède le régime allemand.

L'AfD a en effet réussi à prendre la deuxième place en nombre d'électeurs, mais pas en nombre de sièges. Une sorte de répétition du scénario jouée par Macron aux élections législatives anticipées de juillet 2024 où le parti "d'extrême-droite", le RN, n'a pas réussi à emporter un nombre de sièges suffisants alors qu'en nombre d'électeurs, il est le premier ...

Revenons en Allemagne. Le parti majoritaire est constitué par le groupe "conservateur" CDU / CSU, dirigé par l'ancien patron de la filiale allemande du géant financier américain Black Rock. Cet individu s'appelle Friedrich Mertz et il était déjà ministre de la coalition rassemblée par Scholtz précédemment. Mertz est donc depuis un mois concentré sur la tâche de constituer une nouvelle coalition.

Cette tâche paraît facile parce que le nombre de sièges des conservateurs CDU / CSU ajouté au nombre de sièges de l'AfD, parti tout autant conservateur que la CSU / CDU, donnerait la majorité absolue au Bundestag à Mertz et à un gouvernement de coalition ainsi formé.

Or, il n'en est pas question. Merz s'est fait élire avec une promesse centrale : neutraliser l'immigration massive. Cà tombe bien, c'est aussi le coeur du programme de l'AfD. Mais, Mertz n'a jamais eu la moindre intention de mettre en oeuvre sa promesse électorale. D'autant que c'est cette promesse électorale qui permet à la propagande du régime allemand de faire croire que l'AfD est un parti d'extrême droite. Il n'est donc pas question pour Mertz ni d'appliquer son programme, ni de s'allier avec l'AfD.

Mais, à cause de cette question d'extrême droite identifiée à la lutte contre l'immigration, lutte pourtant approuvée par plus des deux tiers des électeurs allemands, Mertz est contraint de s'allier avec les socialistes. Il a perdu le soutien possible des écologistes allemands parce qu'il a un programme de réindustrialisation. Et les socialistes n'ont pas assez de sièges pour apporter la majorité au Bundestag aux conservateurs CSU / CDU.

Pour mieux comprendre la situation politique allemande - et par là même celles en France et au Royaume-Uni - il faut maintenant examiner les "relations" entre l"Europie et les Etats-Unis de Donald Trump. Et de son Vice-Président, JD Vance ...

Ce dernier au mois de février a fait un discours à la Conférence de Münich sur la Sécurité qui contient deux assertions mortelles pour le régime allemand, et français, et anglais. La première est que le pire ennemi des Européens n'est par la Russie ou la Chine, contrairement à ce que répétaient brutalement les Etats-Unis de Joe Biden. La seconde est que le régime politique en Europe est une tyrannie. Et en plus, ces assertions sont toutes les deux exactes. Insupportable pour le régime politique en Europe et ses satellites en Allemagne, en France, en Grade-Bretagne, ... Le discours de Vance est si destructeur qu'on en reparlera encore dans vingt ans. Il instaure une nouvelle organisation du monde.

Pendant ce temps, aux USA, Trump et son bizarre allié Elon Musk sont en train de détruire le progressisme "woke". D'abord aux Etats-Unis. Ensuite en Europe et ailleurs. Et pour celà, Trump n'utilise pas la guerre de la culture. Il frappe là où çà fait mal : l'argent. Il supprime les agences fédérales qui distribuaient généreusement l'argent des contribuables américains aux ONGs wokistes du monde entier. La clameur des gémissements est universelle, mais la plus forte est en Europe. "Ils" sont ruinés.

Or le régime allemand, comme le français, l'anglais ou l'européen, a été mis en place par le progressisme "woke". Peu importe qu'on soit socialiste, conservateur ou écologiste ou autre. SI on est approuvé par le "régime", on est "woke". Pas de salut en dehors. Or, ayant obtenu le soutien de Musk, de Vance et de Trump, l'AfD est farouchement anti-woke. Les "conservateurs" ne peuvent à aucun prix s'allier avec eux.

Alors que les deux tiers de l'électorat sont "anti"woke". Et l'immense majorité des électeurs CDU / CSU qui, eux sont réellement des conservateurs. Mais pas leurs représentants. La situation est identique en Grande-Bretagne où les conservateurs britanniques votent pour les Tories les plus "woke" qu'ils peuvent. En France, où les catholiques et les anciens sarkozystes, tous conservateurs, votent pour leurs représentants les plus "woke".

Or, le progressisme "woke" est en réalité une tyrannie dénoncée par JD Vance, mais adorée par les Européens. C'est l'idéologie qui les "unit" quand bien même les électeurs sont vent debout contre le progressisme "woke" qui les a jeté dans la misère et l'abjection. Et rien ne changera tant que l'une ou l'autre des deux conditions suivantes ne sera pas réalisée :

  1. quand la majorité des électeurs aura appris couramment à lire, écrire et calculer :

    l'ignorance des élites est devenue abyssale et c'est de ces "élites" ignorantes qu'est tirée la classe politique. Mais il y a pire. Si l'ignorance des politiciens est terrible, celle de leurs électeurs est pire encore. Seule cette ignorance crasse est la cause du progressisme "woke". Redonner de l'instruction élémentaire au peuple permettra d'éliminer le progressisme "woke" et ses slogans stupides et mensongers ;


  2. quand les promoteurs du progressisme woke auront été financièrement ruinés :

    Ici, je ne dénonce pas l'endettement faramineux du régime progressiste "woke". Parce que cet endettement enrichi les tenants du progressisme "woke" qui tiennent le régime politique. Je vise les centaines de milliards de dollars et d'euros déversées sur les institutions de propagande du progressisme "woke". A savoir : le pilier judiciaire - tout entier, les universités - toutes, les médias - tous, les ONGs - toutes, la "culture - entièrement. Taries les sources des subventions, allocations, investisssements, ... et il n'y a plus un seul propagandiste du progressisme "woke". Milei et Trump ont montré la voie. Mais, l'autre voie réside dans la révolution populaire qui surviendra après l'effondrement des économies européennes déjà en cours.


Si l'Allemagne va rester dans le progressisme woke quelque soient les tentatives de coalition de Mertz, la France et le Royaume-Uni sont à des degrés comparables strictement dans le même état de déliquescence politique. Ou bien nous nous débarrassons du progressisme "woke" - et Trump est un espoir pour nous, ou bien l'effondrement économique nous en débarrassera au prix d'immenses souffrances. En attendant, il n'y a qu'une seule solution : face au mensonge du régime politique européen, il faut crier la vérité. Comme Sakharov et Soljenitsyne. Et il se passera la même chose.


Revue C-Politix (c) 30 Mars 2025