Quelques observations sur les élections en Europe au printemps 2024Les résultats des élections européennes ont produit un certain et étrange bouleversement politique. L'effet de cet étrangeté est que rien ne change et tout est bouleversé ... En France, on savait que le RN était en phase montante dans les faveurs électorales. Il est donc le grand vainqueur des européennes en France. Son chef de file Bardella avait exigé durant la campagne une dissolution de l'Assemblée Nationale. Macron le lui a rapidement accordé. Le spectacle a été étrange. Alors que les forces progressistes sont battues, elles se sont concentrées en deux pôles : un centre autour des débris du macronisme et une extrême-gauche autour de LFI qui ont un agenda islamo-gauchiste de plus en plus intense. Or, en termes de soutien, on a don c maintenant trois blocs :
L'étrangeté de cette "trisection" de l'offre politique vient de ce que, outre une abstention proche de 50% du corps électoral, il reste un éparpillement de 23% à 17% de voix "orphelines" qui devront, soit se rallier à l'un des trois blocs, ou disparaître dans l'abstention. La probabilité que la majorité de ces "orphelins" se dirigent vers l'extrême-gauche est faible. On peut estimer que de 9 à 12% de ces "orphelins" iront sur le RN au "mieux", ce qui au mieux du mieux porte le potentiel électoral du RN de 39 à 47% des votants. Or, tout dépend du charcutage des circonscriptions. Je ne suis pas en mesure d'analyser par circonscription le sort électoral de l'un des blocs aux législatives. La probabilité que le RN obtienne la majorité absolue des sièges à l'A. N. est donc incertaine. Il faut noter que parmi les "orphelins" se trouvent les électeurs de Zemmour-Maréchal, les électeurs de Jean Lassalle (2,5% tout de même), de Florian Philippot (1%), de François Asselineau (1%) et de Nicolas Dupont-Aignan, pas présent aux europénnes, mais probablement aux alentours de 1%. Cela représenterait de 9 à 11% de votes qui iront surtout sur le RN, ce qui confirme notre estimation précédente. Les effets de la décision de Macron de dissoudre l'Assemblée Nationale sont nombreux :
Or, la fédération des partis de gauche dans le "nouveau front populaire" a eu un effet pervers jouant contre la macronie : elle a entrainé les socialistes de Glucksman chez Mélanchon alors que leur place "naturelle" était dans le groupe "centriste" de Macron. Du coup, la nomination de Bardella comme premier ministre de Macron devient plus incertaine. De toute façon, Bardella a dit qu'il serait premier ministre pour appliquer le programme du RN et pas celui de Macron, ce qui implique qu'il ait la majorité absolue de sièges à l'A.N. - ce qui paraît difficile. Dans cette option, le "front de gauche" est bien décidé à semer le trouble en France jusqu'à faire chuter Bardella. Pour celà, Mélanchon dispose des médias, de la "culture", de la plus grande partie de l'administration et de quelques patrons, mais aussi d'une troupe d'émeutiers essentiellement recrutés dans les banlieues et encadrés par les "antifa" et autres ONGs américaines des centre-villes. Aussi, on a prêté à Macron l'intention de constater rapidement une situation menaçant la sécurité de l'Etat et d'assurer alors la dictature jusqu'à la fin de son mandat. Sans Assemblée Nationale ... Zelinski fait comme celà en Ukraine depuis fin Mai ... avec le soutien des européistes et des américains. Pourquoi, lui Macron, ne l'aurait pas ? Les libertés publiques seraient elles menacées en France ? Non, elles n'existent plus depuis longtemps. Et tout le monde ou presque en est content .. En fait, dans le reste de l'Europe, la situation est largement aussi délétère, même si elle est moins menaçante au niveau institutionnel. Mais en Allemagne, la coalition PSD - Verts - Libéraux est en train de perdre son soutien populaire à cause de la montée de l'AfD. Le régime allemand est donc en train de monter un "mécanisme juridiquo-politicier" lui permettant d'interdire l'AfD. Cependant les Chrétiens-démocrates et les chrétiens-sociaux sont certainement conscients qu'ils pourraient emporter le pouvoir en s'alliant avec l'AfD. Le défendront-ils contre les menées fascisantes de Scholtz et de ses complices ? En Belgique, la montée du conservatisme - toujours qualifié d'extrême-droite par les progressistes - a contraint le premier ministre à démissionner. Mais la difficulté de faire des alliances dans un Etat coupé entre l'arrivée au pouvoir de l'islam d'un côté et le maintien des rivalités linguistiques - flamands contre wallons - de l'autre, assure une instabilité certaine. Jusqu'à ce que l'islam mette d'accord les divergences traditionnelles ... Au Royaume-Uni - qui, je le sais, n'est plus un membre de l'UE - le pouvoir conservateur de Rishi Sunak a été contraint d'organiser des élections générales où il sera battu ou bien par "l'extrême-doite" du parti Reform de Nigel Farage, le vainqueur du Brexit, ou bien par l'extrême-gauche des travaillistes et wokistes de Keith Starmer. La situation politique britannique ressemble beaucoup à la situation française avec un petit côté belge ... je ne sais pas si vous voyez ... En Italie, Meloni a renforcé son emprise électorale à l'aide des européennes. Et dans le même temps, elle a cultivé une politique à la fois pro-européenne en soumission à Von Der Leyen, et pro-américaine, en soumission à Biden et son clan. C'est extrêmement "malin", sauf que sa politique est donc principalement progressiste, un peu à la manière d'un Macron ou d'un Sarkozy avant lui. Et tout porte à croire que Bardella a compris la leçon. C'est dans ce sens qu'il multiplie les déclarations à la fois pro-européennes et pro-américaines. En un mot, la prétendue "extrême-droite" est en fait un progressisme américano-européiste à faire pâlir d'envie les socialistes .... Toutes ces "agitations" politiques paraissent décalées quand on considère l'orientation de la géopolitique américaine : guerre avec la Russie, guerre avec l'Iran, guerre avec la Chine, la première par l'intermédiaire des ukrainiens, la deuxième par l'intermédiaire des juifs et la troisième par l'intermédiaire de Taïwan ... Or, tout indique que l'Amérique n'a pas les moyens industrialo-militaires de soutenir aucune de ces trois guerres. Et par ailleurs, la plus grosse menace contre l'occident, n'est ni la Russie, ni l'Iran, ni la Chine. C'est l'élection présidentielle de décembre 2024 aux Etats-Unis même qui pourrait se conclure par une guerre civile, aucun des deux camps "démocrate" ou "républicain" n'acceptant le résultat du vote. S'il a lieu ... Cependant, on entend de plus en plus de "bruits de bottes". Les USA ont réactivé une loi permettant l'enrôlement dans l'armée des jeunes, hommes et femmes, de 18 à 28 ans. L'Allemagne a pris une mesure proche. L'Otan, qui vient de nommer un nouveau secrétaire général, l'américanolâtre Rutte - poursuit le soutien militaire à l'Ukraine, lui donnant les moyens de porter des frappes militaires au coeur de la Russie. Cette dernière a pris la conte-mesure assurant la défense de la Corée du Nord et probablement du Vietnam, tandis que ses liens avec l'Iran et la Chine se sont notablement renforcés. La Russie a envoyé une flotille autour d'un sous-marin atomique à Cuba. Cette flotille dispose de missiles non-nucléaires et nucléaires capables de frapper une grande partie du littoral est des USA. Notamment des missiles hypersoniques Zircon que l'armée américaine est incapable d'arrêter. On ne peut pas dire que la situation soit bonne. Non, vraiment pas. |