Zemmour serait il un Président sans être candidat ?La stupeur ZemmourEric Zemmour est un politologue sexagénaire. Il a suivi, commenté, animé débats et polémiques sur les sujets politique et culturel depuis trente ans et plus. Erudit, débatteur redouté, son esprit vif le place largement au-dessus des analystes politiques qui, souvent, en restent aux faits contemporains, tentant de dégager des tendances, des idéologies, à partir de faits souvent mineurs. Zemmour ne travaille pas comme celà. Son domaine de départ, c'est L'Histoire et très spécialement l'Histoire de la France. Plus en tant que nation que comme Etat. Son domaine d'arrivée, c'est la politique : des actions fortes, résolues à l'aide d'un Etat au service de la Nation. Pas d'un Etat asservissant la Nation au prétexte d'une urgence sanitaire ridicule. Son constat de départ est que l'immigration, tenue comme "une chance pour la France" selon ses promoteurs depuis cinquante ans, est en train de changer la Nation française. Que celle-ci est tout simplement en train de mourir, de s'évanouir, de disparaître. A cause des immigrations légale et clandestine. A cause des institutions européennes notamment, mais aussi des juges français. A cause des politiciens et des entreprises. Son projet présidentiel ? Reprendre en main au nom de la Nation, la politique d'une Nation française, assurée, volontaire dans le choix de son destin. Comme la considérait De Gaulle et Pompidou. Et le RPR de 1981. Politique trahie par la droite depuis lors, alors même que son peuple attend toujours qu'une droite décomplexée relève le défi de la dégenérescence de la Nation française en utilisant les institutions de la Cinquième République gaullienne. D'une France assurée de son destin. La fureur des petit-bourgeoisLes petit-bourgeois issus du chiraquisme et du mitterandisme, de l'adultère du progressisme et du conservatisme, représentés par un Hollande ou par son clone Macron, ont d'abord été stupéfaits. Lorsque Zemmour a commencé a annoncé qu'il avait l'intention de présenter sa candidature la Présidence de la République en défendant simplement ses idées sur la seule immigration, ils sont d'abord restés sans voix. Puis ils ont bégayés de stupeur. Maintenant, ils éructent à pleins poumons leur fureur. Ces choses là, Madame, ne se disent pas quand on est une personne convenable. Ce sont des inconvenances du dernier grave. Certains que Zemmour allait imploser devant l'inanité de ses propos, ils ont eu la terrible surprise de constater que Zemmour montait dans les sondages, passant de 3% à 19% en trois semaines. Vendant un livre à des centaines de milliers d'exemplaires - "La France n’a pas dit son dernier mot". Pour promouvoir les ventes de son livre, Zemmour parcourt la France à la rencontre de ses lecteurs. Les foules qui l'approchent sont immenses. Inattendues pour les petit-bourgeois au pouvoir. Aujourd'hui, les sondages placent Zemmour au second tour, affrontant la nullité aimable, dénommée Macron. Un acteur de théâtre d'un lycée privé de province, animé d'idéologies sentant le renfermé. Cà plait parmi les petit-bourgeois. 20% de la population. C'est beaucoup. C'est trop. Certains lui reprochent d'éluder les grands problèmes de l'heure : le pouvoir d'achat - qui est le souci des petit-bourgeois. Pour les autres, c'est du chômage et de la rue qu'ils ont peur. Les retraites, leur financement, leurs régimes ... De tout cela, Zemmour s'en moque. C'est le problème du gouvernement, pas du Président. D'ailleurs, en tant que Président, il ne compte pas intervenir sur ces questions. C'est l'exact point de vue de Michel Debré et d'Alexandre Parodi, rédigeant la Constitution de la Cinquième République : une monarchie républicaine, taillée à la mesure de Charles De Gaulle. Zemmour est déjà PrésidentEn fait, en grande partie, Zemmour est déjà Président de la République française. Il avait à peine fini d'exposer sa diatribe terrible contre l'immigration que Macron en Premier Ministre obéissant annonçait qu'il allait réduire de 50% les visas de l'Algérie et de la Tunisie. Pécresse, Barnier, Bertrand, Le Pen copiaient le discours de Zemmour sur l'immigration, inventant dans leurs programmes de campagne des mesures restrictives de l'immigration qu'ils n'avaient jamais envisagé. Au contraire.. Il n'est pas certain que Zemmour tienne absolument à déménager à l'Elysée. Si "on" fait comme il le demande, il pourrait très bien rester à sa place. Sa place, il ne cherche pas à en changer. Il n'a pas le culte des places électives : il n'en a jamais brigué. Or, au contraire, il constate que trop de politiciens sont des professionnels de la chasse aux places. Une candidature à la Présidence, celà améliore les finances du parti ... Et les pauvres politiciens sont astreints à cette charge éreintante : rester dans la course aux élections pour toucher assez d'argent pour financer le parti, ses cadres, ses permanents, ses ... ... mais le Président a besoin de l'élection populaireEt Zemmour doit en passer par là. Malgré le coût d'une telle campagne. Malgré la chasse aux parrainages. Malgré la folie de la constitution d'une équipe de campagne. Malgré la recherche des membres d'un gouvernement improbable et d'une majorité parlementaire introuvable aujourd'hui. Et enfin et par dessus tout, malgré une campagne électorale dont on sait qu'elle va dépasser en violences les précédentes. Rappelez-vous : l'affaire Strauss-Kahn, puis l'affaire Fillon. Quelle sera la prochaine, une affaire Zemmour ? Le grand problème de Zemmour sera de faire connaître ses idées par dessus le brouhaha des invectives, des mensonges, des manipulations, des coups montés qui empêcheront les Français de connaître la vraie nature de la candidature de Zemmour : peut être la dernière chance pour la Nation française, menacée de disparaître dans le tourbillon de la mondialisation stérile, qui va transformer chacun en ilôte, attendant au seuil d'une case de torchis la pitance de la journée sous un soleil écrasant. Dans une France au paysage désolé d'Afrique sub-saharienne ... La politique de Zemmour a encore un problème ...La démarche de Zemmour est déjà un immense progrès sur la viduité politique de la classe politique française. Zemmour la dénonce vigoureusement : "ce sont des chochottes ...", dit-il avec aigreur. Certains de ses amis regrettent ce ton de polémiste. Peut-être. Mais Zemmour a compris deux choses importantes. La première importance réside en ce que la Présidence de la République, dans la Cinquième République, est toute entière contenue dans la considération de la grandeur et de la faiblesse de la France, telles que l'enseignent l'Histoire de la France depuis Clovis. C'est ce qui guide l'action politique du Président de la République gaullienne. C'est ce que les successeurs du Général ont abandonné, puis trahi sans vergogne. C'est ce que veut restaurer Zemmour. La seconde importance de la politique de Zemmour se trouve dans la critique de l'immigration et dans la lutte de la Nation française contre elle. Malheureusement, ces deux importances se heurtent à la fureur des uns et à l'incompréhension ignorante des autres. Or ces deux réaction à la politique de Zemmour trouvent leurs racines dans le mouvement mondialiste qui s'est découvert en un instant autour de la "chute" du mur de Berlin. Comme le sait parfaitement Zemmour, ce mondialisme est le fruit de l'impérialisme américain qui, perdant le frein de sa confrontation avec le soviétisme russe, a imaginé qu'il avait un destin mondial, global. Comme l'"idée européenne" est une très vulgaire construction de l'impérialisme américain, contre laquelle de Gaulle a lutté tant qu'il a pu, l'Etat français s'est asservi, par Bruxelles, à Washington. Zemmour ne semble pas faire grand cas de cette situation. Il estime que la France en tant qu'Etat a encore assez de puissance pour résister à l'Europe-l'europe ... Il y a un autre problème peut être dans la politique de Zemmour. On a un peu l'impression que, par son analyse du problème de l'immigration, il établit l'immigration comme la "volonté" d'une "civilisation ennemie" à coloniser la Nation française. On peut s'accorder sur la nature impérialiste de l'islam qui n'a nul besoin de l'"islamisme", ce vocable trompeur, pour calmer la peur des moutons promis à l'Aït el-Khébir, pour assaillir la Nation française ou toute autre euroopéenne notamment. Zemmour ne laisse pas apparaître dans son analyse, ni dans sa politique, deux éléments essentiels :
D'autres articles sont nécessaires pour mettre à jour ces deux éléments essentiels. L'ennemi de la Nation française, ce n'est pas vraiment le petit jeune du Niger qui a fui la misère de son village au bord du désert. Misère dont on l'a persuadé. Désert qu'il a traversé avant la Méditérannée pour enfin échouer sous les quais du métro Stalingrad à Paris, victime du crack dans une misère deux fois pire. Il faut identifier, dénoncer et pourchasser ces "élites" perverties qui sont responsables de ces mouvements sociaux qui portent immigration, "réchauffisme", "sanitarisme, "wokisme, "genrisme", ... Si Zemmour n'identifie pas l'ennemi réel, mais caché, il peut lutter cinq ans. Il disparaîtra emporté par le torrent ennemi qu'il n'aura pas identifié. Et nous aussi. |