La crise ukrainienne - Observations IV

Philippe Brindet - 2 Juin 2022

Le régime de santions économiques contre la Russie sont totalement contre-productives et placent la France dans une situation de plus en plus inadmissible. Le problème que les esprits indépendants rencontre aujourd'hui provient de deux questions :

  • la mise en place quasi instantanément le 24 février 20222, jour du début de l'opération spéciale de Ukraine, d'une propagande insensée concernant la Russie et l'occident américanisée, d'une part, et
  • l'excessive affectivité occidentale concernant la Russie, d'autre part.

Ces deux questions mises à part, trois mois après le début de l'opération spéciale en Ukraine, nous constatons facilement, malgré les efforts de la propagande occidentale pour les dissimuler, cinq points essentiels.

1 - L'opération spéciale en Ukraine ne ressemble pas à une guerre

Une guerre consiste essentiellement en la destruction complète des infrastructures d'un pays qui doivent lui permettre de se défebndre contre une agression. L'armée russe a pourtant détruit un nombre extrêmemebnt élevé d'infrastructures : dépôts, concentrations de troupes, aviation, défense aérienne, ....Mais on note que, après un mois d'efforts, les troupes russes se sont retirées de la région de Kiev, de celle de Karkov et semblent suspendre toute avance sur Odessa. Il semble aussi ne jamais avoir été question d'une avancée quelconque sur la Galicie qui est la partie non-russe de l'Ukraine.

Manifestement, l'armée russe ne dépasse pas 80.000 hommes, expose peu d'aviation, mais beaucoup d'artillerie et met beaucoup de temps à investir une ville lorsqu'elle est tenue par les bandes ukrainiennes. Ce fut le cas de Marioupol.

Or, une guerre réelle devrait comporter au moins une offensive sur un ou plusieurs points faibles de l'adversaire. La Russie n'a, semble t'il jamais envisagé de telles offensives. Elle a préféré avancer sur un front de presque 2.000 kilomètres en Mars, longueur réduite à un peu plus de 1.000 kilomètres à partir de avril.

Il s'agit bien plus d'une opération de police visant à protéger les populations russes d'Ukraine, situées dans l'Est d'une part et à détruire les bandes ukrainiennes d'autre part qui depuis 2014 harcèlent les populations russes.

2 - L'opération spéciale en Ukraine n'est pas un "succès"

Il est évidemment trop tôt pour dresser un bilan de l'opération spéciale. D'autant que la Russie ne communique pas beaucoup et que le régime ukrainien et occidental se livre à une propagande sans égale dans l'histoire des guerres modernes. Quand on lit les communiqués de presse occidentale, on se dit que "l'armée ukrainienne est certainement parvenue aux portes de Moscou et que Poutine est en fuite on ne sait où ..."

Depuis quelques jours, le régime ukraino-occidental en a beaucoup rabattu de sa superbe. Zelensky, le dirigeant mis en place par la corruption américaine, commence à admettre des pertes énormes dans ses bandes armées. Mais, l'avance russe vers l'ouest reste lente. L'effort est pourtant considérable à cause de la longueur du front. Actuellement l'avance russe semble centrée sur Severodonetsk. Plus au sud, sur Mikolaïev ou Odessa, il n'y aura aucun mouvement notable. Une offensive ukrainienne aurait été contenue à cette région.

3 - Le soutien politique au régime ukrainien révèle la corruption des politiciens occidentaux et celle de leurs salariés de Kiev

Le régime ukrainien est, sans conteste, le régime le plus corrompu du monde. Malgré cela - ou à cause de cela - l'Amérique et l'Europie se coalisent pour assurer les brigands qui contrôlent le pays de leurs "voeux les meilleurs", n'attendant rien de moins que les "ukrainiens" se sacrifient jusqu'au dernier. Pour quelle cause ? Rien de moins que la démocratie, bien entendu !

Alors que le régime ukrainien est essentiellement composé d'individus, installés par les américains depuis 1993 et qui se sont enrichis et continuent de le faire sur le dos de populations d'une extrême pauvreté. Le précédent président ukrainien, Prorochenko, dispose d'une milice privée. Encore au pouvoir, il s'est assuré des fournitures de l'armée ukrainiene, de sorte qu'une grande partie du budget européen et otanien prévu par Biden pour Zelinsky, passe par les caisses de Porochenko.

L'actuel président ukrainien Zelenski, a été dénoncé en 2019 dans les PAndora Papers. Il dispose de dizaines de sociétés installées dans des aparadis fiscaux dans lesquelles il dissimule une fortune colossale qui doit, on peut l'imaginer, s'amplifier grâce à la "guerre". Mais, cette corruption ukrainienne s'étend à tous les membres du gouvernement et de l'administration. Beaucoup sont des oligarques qui possèdent les entreprises et négocient au mieux de leurs intérêts les "contrats" qu'ils font négocier par le pouvoir politique qu'ils contrôlent. Par exemple, Kolomovski, un magnat de la finance, a été gouverneur d'une province à l'est ukrainien où il a levé des bandes néo-nazies pour harceler les populations russes. Il a ensuite promu Zelensky, un minable amuseur de jeux télévisés contre Porochenko en 2019.

Et cette corruption éclate jusqu'en occident, puisque les entreprises ukrainiennes sont "aux mains" de la famille Biden. Deux exemples : les sociétés Burisma et Mediolab qui appartiennent en fait à Biden qui leur envoie des fonds provenant de l'administration fédérale américaine envoyés à Zleinsky, qui les envoie aux sociétés ukrainiennes de Biden, de sorte que cet argent retourne dans des comptes bancaires au Delaware, notamment par l'intermédiaire de Hunter Biden, un fils du président Biden. On a déjà détaillé le schéma de la corruption Biden en Ukraine.

4 - Le soutien matériel, probablement financier et certainement en armements, est une faillite qui prolonge inutilement uns situation qui dégénère

La participation des occidentaux aux combats est probablement impossible. Le camp occidental est incapable de soutenir une guerre de haute intensité. En Europe, la meilleure armée est celle de la France. Le 19 févier 2022, quelques jhours avant l'invasion russe, une commission sénatoriale relevait que l'armée française disposait de seulement trois jours d'approvisionnement pour mener une telle guerre.

Les forces américaines sont beaucoup plus conséquentes. Mais les USA rencontrent deux problèmes : ils ont perdu toutes leurs guerres depuis 70 ans. Actuellement, ils ne peuvent mener une guerre qu'aérienne. Et la Russie dispose d'armes antiaériennes extrêmement dissuasives (missiles S-300, S-400, S-500, intercepteurs Mig, ...).

Or, "inonder" le régime ukrainien d'armes et de munitions ne fait que retarder le moment de la chute de ce régime. Et de ruiner davantage l'Ukraine alors que l'économie européenne est à bout de souffle et probablement incapable d'assister une reconstruction de l'Ukraine. Pire, avec une distribution d'armes, les occidentaux risquent une confrontation directe avec la Russie. Et d'exciter les appétits de la Chine qui pourrait profiter que les USA n'ont pas les mains libres pour attaquer Taïwan et la mer de Chine.

5 - Les prétendues sanctions économiques destinées à éliminer la Russie, ont maintenant pour objet la destruction de l'économie européenne

On se souvient des rodomontades du gouvernement macronien sur les sanctions décidées par les américains et qui devaient "mettre la Russie à genoux" ! La stupidité de telles appréciations ont certainement permis au régime macronien de se prolonger pour un "second quinquennat". Les mirages de la propagande ont fonctionné à plein : les français ont considéré que Macron était le seul politicien capable d'assurer la défense de l'Europe contre Poutine !

Le résultat est simple. Poutine vend le gaz et le pétrole réservés à l'Europie - principalement l'Allemagne - à la Chine et à l'Inde. L'embargo - largement rendu inefficace par l'hypocrisie européiste - est donc sans effet sur la Russie puisque la Russie écoule les quantités qu'elle vendait à l'Europe, au prix du marché, à la Chine et l'Inde. Le fait que l'Europie est demandeur d'énergie, entraîne une hausse des cours et Poutine gagne plus d'argent aujourd'hui avec ses énergies fossiles - dont les "chochottes" européens ne veulent pas - qu'avant le 24 février. Par contre, l'Europe est obligée de se tourner vers le gaz de schiste américain, accessible seulement par "méthaniers". Et au prix du marché qui est en hausse. Avec la nécessité de construire des usines de gazéification du gaz liquéfié, puis des gazoducs pour l'acheminer vers les consommateurs ! Dans à 10 ans ! D'ici là ? Pénuries et misère.

Et le même problème se pose pour la plupart des matières premières : minerais, agriculture, ... L'Europie va droit dans le mur. Croyant se tirer une balle dans le pied pour faire plaisir à Washington, la France s'est simplement tirée une balle dans la tête. Mais du moins, elle ne boîtera pas ...


Notes et commentaires

Lire particulièrement :

  1. Russia is winning the economic war - and Putin is no closer to withdrawing troops, Larry Elliott, The Guardian du 2 juin 2022 ;
  2. Henry Kissinger : " Nous entrons dans une ère totalement nouvelle. ", les-crises - 31/05/22 = Le stratège de la Guerre froide discute de la Russie, de la guerre en Ukraine et de la Chine au festival FTWeekend à Washington. Source : Financial Times, Edward Luce. Traduit par les lecteurs du site Les-Crises ;
  3. Henry Kissinger: Ukraine must give Russia territory, Ambrose Evans-Pritchard - The Telegraph du 23/05/22 ;
  4. in Revue C-Politix : Guerre en Ukraine observations III, 20 Mai 2022 ;
  5. in Revue C-Politix : 02.05.2022, Le conflit en Ukraine vu par la propagande a changé depuis 2014 ;
  6. in Revue C-Politix : 25.02.2022, Au deuxième jour de la guerre d'Ukraine.

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