Le conflit entre la Russie et l'occident américanisé - Perspectives chrétiennesLes occidentaux sont extrêmement critiques de la RussieBeaucoup d'Européens, et d'Américains, pourtant adversaires du régime occidental américanisé [1], sont extrêmement critiques de la Russie et de sa géopolitique, notamment en Ukraine. Il existe un conditionnement issu de la guerre froide [2], renforcé par la guerre en Afghanistan [3], puis par l'effet d'emballement sur la désintégration de l'Union soviétique qui a éveillé un réflexe de prédation dans le public occidental. La Russie était faible, et les occidentaux méprisent les vaincus. Et pour l'opinion publique occidentale, les Russes qui lui ont fait si peur pendant 70 ans, sont vaincus par la "supériorité de la démocratie". Entendez par l'occident américanisé. Rien ne parviendrait à changer leur opinion. D'autant que la propagande occidentale travaille dans le sens de ce maintien. Dans cette opinion, très répandue en occident, la Russie est à la fois un danger pour l'Occident et un régime dictatorial. Les raisons ne sont jamais donnée's et provienneent de la propagande générée par des groupes très puissants : presse, think tanks, ONGs, services spéciaux d'Etat, ... Souvent aussi universités et enseignants, ... Mais il existe aussi un courant, devenu minoritaire, mais loin d'être négligeable : le courant catholique. La russophobie catholique ressort de la nuit des temps ....Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et, plus encore depuis les années 1970, le catholicisme est devenu minoritaire en occident, largement remplacé par l'athéisme, l'islam et l'indifférentisme. Ou l'ignorance. Mais il existe encore quelques vestiges dans certaines classes des populations occidentales. Particulièrement, dans certaines classes aisées, où, sans y avoir une réelle influence, le catholicisme reste une organisation de l'opinion. Or, la Russie est extrêmement liée à l'orthodoxie, l'une des trois confessions du christianisme. Or, depuis le grand schisme d'orient de l'an 1054, l'orthodoxie byzantin et le catholicisme romain se sont entièrement séparés. Byzance va d'ailleurs peu après subir les assauts de l'islam et ceux des catholiques partis en croisade et qui vont prendre, en passant, d'assaut plusieurs fois Byzance. Mais l'orthodoxie byzantine aura le temps de se propager en Russie et si le byzantinisme va sensiblement péricliter sous la domination ottomane, l'orthodoxie russe va au contraire s'épanouir comme la religion de la Russie. Et hériter de la haine radicale du catholicisme romain qui dure encore aujourd'hui. Malgré les efforts d'oecuménisme et le concile Vatican II des années 1960 ... Au travail de la propagande du régime occidental américanisé qui sape la réputation de la Russie et notamment les efforts de coopération de la Russie de Poutine, s'ajoute donc la haine historique toujours portée par les catholiques à l'encontre des orthodoxes. Et la réputation de la Russie souffre chez ces catholiques de la mauvaise réputation de son orthodoxie.Mais, il y a encore plus fort ... L'une des prophéties de FatimaFatima désigne des apparitions religieuses qui se sont déroulés au Portugal en 1917. Lors de ses Apparitions, très connues dans le monde catholique, des messages, ou prophéties ont été communiquées aux voyants, trois jeunes enfants, dont la dernière survivante, Soeur Lucie décèdera en 2005 et elle est devenue très célèbre, notamment lors du pontificat de Jean-Paul II. Or, lors de la troisième apparition, le 13 juillet 1917, le massage exigeait que la Pape consacre la Russie pour la sauver de l'apostasie. La question ici n'est pas de savoir si le message est une invention ou une réalité. Le fait est que de nombreux catholiques sont aujourd'hui encore persuadés de l'authenticité de cette exigence du Ciel. Et son contenu, confronté à la réalité de la révolution léniniste et athée qui commence à l'hiver 1917, quelques mois seulement après l'Apparition de Fatima qui faisait cette demande, imprime dans l'opinion de nombreux catholiques la cetitude que, depuis ce temps, la Russie est un Etat diabolique. Le problème s'aggrave du fait que de nombreux catholiques ignorent presque tout et de la Russie et des apparitions de Fatima. Ils savent vaguement que la Russie était communiste et que Fatima est un lieu de pélerinage fort réputé, même si eux-mêmes n'ont aucunement l'intention de s'y rendre. Ils en déduisent que la réputation fameuse de Fatima leur impose un devoir "religieux" de haïr la Russie "parce qu'elle est athée". L'idée même qu'elle fut et qu'elle redevient orthodoxe, leur échappe le plus souvent complètement. Il faut ici souligner que cette tendance catholique est en train de disparaître. Avec le catholicisme. Les jeunes générations, celles ayant aujourd'hui moins de 50 ans, n'ont probablement jamais entendu parler de Fatima et peut être encore moins de la Révolution de 1917. Mais, il flotte dans l'air un air de méfiance ethnographique contre la Russie. Un soutien catholique à l'Ukraine contre la Russie ...Il faut ici indiquer qu'il existe en Ukraine une minorité religieuse proche des catholiques romains, les Uniates. De plus, une fraction de l'Eglise orthodoxe vient de faire sécession de l'Eglise orthodoxe russe pour de rattacher de manière indépendante à l'Eglise grecque. Indépendamment, il existe dans le catholicisme romain au moins trois courants fortement en opposition les uns contre les autres : les romains propement dits autour de Bergoglio, installé sur le Saint-Siège, les anti-concilaires qu'on appelle souvent traditionalistes ou intégristes et les catholiques conservateurs qui regrettent le temps de Benoît XVI et plus encore de Jean-Paul II sans se confronter pour autant aux romains de Bergoglio. Cette dernière mouvance est souvent très imprégnée des messages de Fatima que les romains préfèrent "oublier". Quant aux traditionalistes, ils sont aussi très attachés aux messages de Fatima. Mais, ils considèrent que le nationalisme de Poutine d'une part et la restauration de l'Eglise orthodoxe russe, d'autre part, qualifient la Russie d'exemple de la "restauration" qu'ils attendent. Pour compliquer encore la situation, Bergoglio se verrait bien offrir une place de médiateur dans le conflit entre les Etats-Unis et la Russie et il a déjà des contacts avec l'Eglise orthodoxe russe au cas où cela servirait les intérêts de la paix. Cette analyse est notamment faite par un auteur catholique conservateur - non traditionaliste - Roberto De Mattei. Cet universitaire, ancien président du CNRS italien, est historien. Dans un article récent [4], il décrit très bien la situation du catholicisme et de ses différents courants face au conflit entre les Etats-Unis et leurs vassaux d'une part, et la Russie notamment dans son entreprise contre l'Ukraine, d'autre part. Et il prend fermement position contre la Russie au nom du message de Fatima. De Mattei conclut son article de manière transparente, au moins pour les catholiques : Le drapeau de l'Immaculée Conception est-il destiné à flotter sur le Kremlin, ou celui du Kremlin sur la Basilique Saint-Pierre ? La Russie propagera-t-elle ses erreurs ou valeurs supposées dans le monde entier ? Voici une grande question qui interpelle les catholiques à l'heure actuelle. qui est une déclaration de haine à l'encontre de la Russie et de soutien implicite aux Etats-Unis et leurs vassaux tant européens que kiévien. Une critique du soutien catholique aux USA et de rejet catholique de la RussieA la lecture de son article, on peut estimer que Roberto De Mattei s'est laissé emporté par ses sentiments pieux au sujet de Fatima - je ne doute pas de sa sincérité - et par son erreur sur l'Histoire de 1917, de 1989 et de l'évolution des Etats-Unis, de l'occident vassalisé et de la Russie. Son évocation de Xi Jin Ping est par contre complètement hors sujet. De plus, il commente un discours patriotique de l'idéologue Dugin de manière fausse et il se laisse aller à des perfidies indignes de lui concernant le patriarche othodoxe russe Kirill et le président russe Poutine qu'il imagine toujours membres de la police secrète communiste ... Malheureusement, les "idées de la Russie" qu'elle devait répandre sur e monde, ne sont aucunement les "idées de la Russie". Ces idées viennent d'un allemand très lié aux américains, Karl Marx, et d'un Russe, c'est vrai,n mais entièrement manipulé et instrumentalisé par les services spéciaux allemands, Lénine. Et aujourd'hui, n'en déplaise à De Mattei, Poutine ne compte exporter de Russie aucune idée, mais du pétrole et des métaux précieux ... Quant aux idées actuellement en vigueur en Russie, ce sont essentiellement celles de la consommation moderne. Le nationalisme au pouvoir en Russie n'a rien à voir avec le communisme - contrairement à ce qu'affecte de penser De Mattei. Le régime politique en vigueur en Russie est social-démocrate, avec un Etat- Providence favorisé par l'excellent état de ses finances. L'animosité des catholiques à l'encontre de la Russie se fonde sur de vieilles rancunes, sans aucune validité moderne. Mais, elle évite aux catholiques de penser la situation géopolitique et civilisationnelle en se limitant à l'invective. C'est dommage. Mais, c'est comme celà en occident américanisé. Notes[1] A la Revue C-Politix, nous évoquons un régime occidental américanisé pour le distinguer des peuples européens ou étatsuniens qui ont leurs défauts, mais rien de comparable avec le "régime", qui évolue de plus en plus rapidement vers la pire dictature que l'humanité ait connu. Les premières victimes de cette dictature sont justement les peuples européens et étatsuniens. Lire par exemple La politique en occident américanisé. Idéologisation sans dialectique, Revue C-Politix, 23.11.2021 ; ou encore Nouvelles manoeuvres pour l'euthanasie en France, Revue C-Politix, 07.04.2021. [2] Dans les années 1950, c'était l'évocation du péril russe, de la menace communiste, du danger des soviétiques, ... On peut lire par exemple : LES INDES ET LE " PÉRIL RUSSE ", Par Robert GUILLAIN, Le Monde, le 29 septembre 1947.Les occidentaux guettaient avec frayeur les menées des soviétiques à Cuba, au Vietnam, en Hongrie, en Tchécoslovaquie, en Pologne, ... Ce "péril russe" est encore agiter dans des articles consternant de stuopidité et de propagande comme : Le péril russe, Revue de l’Actualité Euro-Russe du 1 au 31 décembre 2021. [3] On se rappelle que les occidentaux étaient conviés à admirer la lutte du commandant Massoud contre l'envahisseur soviétique - on disait alors plus rarement russe. Beaucoup d'occidentaux, emportés par la propagande occidentale igoraient que Massoud était un communiste et un islamiste. Encore aujourd'hui, l'imagerie qui entoure la figure du "commandant Massoud" rend inadmissible ce jugement. Lire par exemple, "Christophe de Ponfilly et Massoud, l’ami afghan", FranceInfo-TV, 03/05/2013. [4] Roberto De Mattei, La Russia diffonderà i suoi valori nel mondo? - 9 Novembre 2022. |